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Mise à jour : 23/09/2014

Hydromorphologie

Élément de qualité

Littoral sauvage, les Glénan Zoom fenetre Littoral sauvage, les Glénan - © Alain Le Magueresse / Ifremer.
Littoral aménagé, pont de Saint Nazaire Zoom fenetre Littoral aménagé, pont de Saint Nazaire - © Alain Le Magueresse / Ifremer.

Les paramètres morphologiques (profondeur, structure du fond…), hydrologiques (courant, exposition aux vagues…) et sédimentaires subissent l’influence des activités anthropiques. La modification de ces paramètres peut avoir un impact sur le bon fonctionnement des écosystèmes marins. C’est pourquoi leur suivi a été retenu dans le cadre du programme de surveillance par la DCE. L’évaluation des masses d’eau pour l’hydromorphologie est faite une fois sur les 6 ans d’un plan de gestion selon les prescriptions des textes en vigueurs. Cet élément est suivi dans toutes les masses d’eau, à l’exception des masses d’eau qualifiées de fortement modifiées.

Dans un premier temps, le travail s’est porté sur l’établissement de listes de descripteurs de l’hydromorphologie, de pressions pertinentes et d’une méthode d’identification des masses d’eau candidates à la classification en très bon état hydromorphologique (Delattre et Vinchon, 2009). Dans l’attente de la mise en place de la surveillance pour cet élément de qualité, une première évaluation des masses d’eau a été réalisée à dire d’expert. Dans la mesure du possible le groupe de travail établi par bassin était composé de gestionnaires du littoral bénéficiant des connaissances des pressions anthropiques et d’experts scientifiques en termes d’hydromorphologie.  

Les bassins hydrographiques concernés : Artois Picardie, Seine Normandie, Loire Bretagne, Adour Garonne, Rhône Méditerranée et Corse, Réunion, Mayotte, Martinique, Guadeloupe, Guyane.

Définition au sens de la DCE

L’hydromorphologie au sens de la DCE est définie par deux composantes :

Pour les masses d’eau côtières

  • les « conditions morphologiques » incluant la profondeur, la structure des fonds et de la zone intertidale,
  • le « régime des marées » incluant l’exposition aux vagues, la direction et vitesse des courants dominants.

Pour les masses d’eau de transition

  • les « conditions morphologiques », incluant la profondeur, la structure des fonds et de la zone intertidale,
  • le « régime des marées », l’exposition aux vagues et le débit d’eau douce.

Hydromorphologie et évaluation des masses d’eau

L’état hydromorphologique des masses d’eaux côtières et de transition n’intervient dans la classification de l’état écologique qu’au niveau du très bon état. Il est en effet considéré que le très bon état hydromorphologique n’a de sens que si les masses d’eaux sont également en très bon état physico-chimique et biologique. Cet élément n’est pris en compte que pour les masses d’eau classée en très bon état écologique et chimique. Ainsi une masse d’eau en très bon état écologique, ne le restera que si elle est aussi en très bon état hydromorphologique. Sinon elle sera déclassée en bon état écologique.

Évaluation des masses d’eau en très bon état hydromorphologique

Méthode

Le classement est basé sur l’identification des pressions anthropiques qui peuvent perturber les caractéristiques hydrodynamiques, morphologiques et sédimentaires des masses d’eau.

Pour évaluer les perturbations induites par les pressions anthropiques, les étapes suivantes ont été nécessaires :

  • caractérisation morphologique, hydrodynamique de la masse d’eau,
  • recensement des pressions qui affectent la masse d’eau,
  • évaluation de l’impact de ces pressions sur l’hydromorphologie sur la masse d’eau (en termes d’étendue et d'intensité).

Pressions 

Les groupes de pressions recensées pour les MEC et MET concernent :

  • l’aménagement du territoire,
  • les ouvrages de protection,
  • les terres gagnées sur la mer,
  • les modifications des apports d’eau douce et des intrusions d’eau salée,
  • les extractions et rejets de matériaux solides,
  • les aménagements sous-marins et la pêche de fond,
  • les aménagements d’exploitation et les activités de navigation,
  • les espèces invasives,
  • la pêche à pied.

Caractérisation des perturbations

Les perturbations engendrées par les pressions sont caractérisées selon 2 critères : l’étendue et l’intensité. L’appréciation de ces critères s’est faite qualitativement à dire d’expert selon des grilles de notation au préalablement établies. Une note de fiabilité de l’évaluation est attribuée et reflète si le dire d’expert est consolidé par des données existantes.

Zone d’impact de la perturbation induite par une pression

  • Faible zone de perturbation (note=1) : pression dont l’impact est localisé sur une zone de relativement faible amplitude (quelques %) par rapport à la taille de la ME ou la longueur du trait de côte.
  • Zone de perturbation moyenne ou dispersée (note=2) : situations intermédiaires, dont les deux cas extrêmes sont un impact localisé sur une zone relativement importante (quelques dizaines de %) par rapport à la taille de la masse d’eau ou la longueur du trait de côte ou une série de zones d’impacts (chacune étant relativement de petite taille) dispersées le long du trait de côte.
  • Zone de perturbation induite par une pression (note=3) : correspond à une pression qui a un impact généralisé (plus de 50 %) sur la masse d’eau ou son linéaire côtier.

Intensité de la perturbation induite par une pression

  • Perturbation faible ou négligeable (note=1) : pas ou peu d’influence à l’échelle de la zone d’impact sur le fonctionnement hydromorphologique.
  • Perturbation mineure (note=2) : influence significative à l’échelle de la zone d’impact mais le mode de comportement reste similaire au fonctionnement non perturbé.
  • Perturbation majeure (note=3) : influence significative à l’échelle de la zone d’impact avec un changement majeur du fonctionnement hydromorphologique considéré par rapport au fonctionnement théorique sans pression. Pour les cas où une pression n’existe pas dans la masse d’eau considérée, mais qu’elle y induit néanmoins une perturbation, cette pression sera prise en compte dans le classement (exemple : un barrage à l’amont d’une masse d’eau de transition…).

Fiabilité de la notation

  • avis d’experts basé sur des données décrivant les perturbations (note = A) ;
  • avis d’experts basé sur des données décrivant la pression (note = B) ;
  • avis d’experts seulement (note = C) : Il n’y a pas de donnée quantitative identifiée, disponible et fiable au moment de l’évaluation ni pour décrire la pression ni pour caractériser les perturbations générées ;
  • évaluation sujette à caution (note = D) : pas de consensus au niveau de l’analyse à dire d’experts et/ou incertitudes sur les informations relatives à la perturbation.

Définition du très bon état hydromorphologique

La règle de classement en très bon ou non très bon état hydromorphologique est détaillée dans la figure ci-dessous.

Règle de classement du Très Bon État Hydromorphologique Zoom fenetre Règle de classement du Très Bon État Hydromorphologique, en fonction des notes attribuées à la surface de l’impact et à son intensité. (Brivois O., Vinchon C., 2011).

Pour en savoir plus

M. Delattre, C. Vinchon, avec la collaboration de E. Ar Gall, I. Auby, G. Bachelet, F. Bruchon, F. Jourdin, S. Jung, P. Le Hir, M. Lepage, J. Lobry, B. Sautour , A. Sottolichio, M.C. Ximenes, (2009), Mise en place du volet « hydromorphologie » des eaux côtières et de transition dans le cadre de la Directive cadre sur l’eau ; Phase 1 : méthodologie de définition du « très bon état » et identification préliminaire des paramètres à suivre Rapport final de phase 1 ; RP-57525 –FR, 119p, 19 figures, 20 tableaux, 4 annexes.

Brivois O., C. Vinchon (2011), Résultats du classement de l’État hydromorphologique des masses d’eau littorales métropolitaines dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau. Rapport final de l’action 5 2010 BRGM/RP-59556-FR, 274 pp.

Brivois O., Fontaine M., (2012) - Résultats du classement de l’état hydromorphologique des masses d’eau littorales DCE dans deux DOM : Mayotte et la Martinique. Rapport final de l’action 22 2011 BRGM/RP-61075-FR, 131 pp., 2 annexes.

Brivois O., Ducreux L., Feret J., Moisan M., Chateauminois E., Thirard G. (2014). Résultats du classement de l’état hydromorphologique des masses d’eau littorales DCE dans trois DOM : Guadeloupe, Guyane et Réunion. Rapport final. BRGM/RP-63227-FR. 184 p., 68 fig., 20 tabl., 3 ann.

Consultez la rubrique dédiée à l’hydromorphologie sur le site de la DCE Ifremer.

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