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© Olivier Barbaroux, Ifremer
Ulves

L'eutrophisation littorale

Les mécanismes de l’eutrophisation marine

Tant pour les proliférations phytoplanctoniques que macro-algales, les mécanismes impliqués dans l’eutrophisation sont d’ordre physique et biochimique.

Confinement de la masse d’eau

Il faut tout d’abord qu’il y ait un confinement de la masse d’eau. En lagunes, c’est la morphologie du plan d’eau qui fournit un confinement statique, alors qu'en mer ouverte, c’est le jeu des courants qui crée un confinement dynamique. Ainsi, le piégeage horizontal des masses d’eau dans les zones de courant résiduel très faible (courant résultant du va et vient dû à la marée) explique les proliférations phytoplanctoniques en Baie de Vilaine ou en baie de Douarnenez, ainsi que la présence des marées vertes dans de nombreux sites bretons. Les fronts de densité, horizontaux ou verticaux, dus à des différences de salinité ou de température, sont également des zones d’accumulation favorables à certains dinoflagellés.

Bon éclairement de la suspension algale

Un bon éclairement de la suspension algale est aussi nécessaire ; ceci explique la restriction des marées vertes à ulves aux lagunes et eaux littorales peu profondes, claires et bien brassées par le clapot ou la houle. Dans les panaches de dilution de fleuves (Vilaine, Loire, Seine) le confinement en surface, par un front de densité, d’une couche dessalée et riche en sels nutritifs, contribue à assurer au phytoplancton de surface un éclairement moyen plus élevé qu’en zone non stratifiée.

Apport en nutriments

Sont aussi nécessaires des apports de nutriments terrigènes en excès par rapport à la capacité d’évacuation ou de dilution du site. Les apports d’azote, souvent d’origine agricole, sont rendus responsables de la prolifération des macro-algues nitrophiles (ulves ou entéromorphes) et du phytoplanctonte Phaeocystis : ce dernier, non-siliceux, se développe sur le nitrate restant en excès, alors que les diatomées sont limitées par l’épuisement du silicate. De même, le flagellé Alexandrium, douée d’une grande capacité d’absorption de nitrate, semble se développer dans des sites très enrichis en azote.

De façon générale la biomasse des algues tend à augmenter lorsque leur taux de croissance devient supérieur au taux de renouvellement de la masse d’eau, sous réserve que la lumière soit suffisante et que les concentrations en sels nutritifs ne soient pas limitantes. Le contrôle de la croissance du phytoplancton par les nutriments peut varier dans le temps et dans l’espace : dans les panaches de la Seine, de la Loire et dans la baie de Vilaine, l’élément limitant au printemps, et près de l’embouchure, est le phosphore, tandis que plus au large, l’azote devient limitant, surtout en été. En ce qui concerne les marées vertes à ulves de Bretagne, on peut définir la notion de zone côtière sensible à l’eutrophisation comme étant la présence conjointe d’une zone marine à faible renouvellement hydraulique et d’un bassin versant hydrogéologiquement régulé, assurant un flux relativement constant de nitrate du printemps à l’été.

 

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