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L'eutrophisation littorale

La surveillance de l’eutrophisation marine

La surveillance de l’état d’eutrophisation des eaux côtières est nécessaire à l’identification des zones les plus touchées et à l’évaluation de l’efficacité des mesures prises pour réduire cette forme d’altération des eaux côtières.

Au niveau européen, La Directive Cadre sur l’Eau (DCE) et la Convention d’Oslo et de Paris (OSPAR) considèrent que les critères relatifs à l’eutrophisation peuvent permettre la classification des masses d’eau côtières ; ils sont fondés principalement sur la biomasse chlorophyllienne, l’abondance des cellules phytoplanctoniques, les efflorescences nuisibles et la concentration en oxygène dissous. La DCE demande à ce que les eaux soient classées dans un des états suivants : très bon, bon, moyen, médiocre ou mauvais. La convention OSPAR classe les eaux en trois catégories : à problème d’eutrophisation, potentiellement à problème, et sans problème. L’objectif est dans les deux cas que les eaux se retrouvent à terme en bon état, en deçà de la limite commune aux deux systèmes :

DCE

très bon

bon

moyen

médiocre

mauvais

OSPAR

sans problème

à problème ou potentiellement à problème

Les tableaux ci-dessous montrent des exemples de définition de ces classes pour la DCE, qui pourraient être utilisées en France, après validation définitive.

En ce qui concerne la chlorophylle pour la Manche et l’Atlantique (sauf la Mer du Nord), la notion de percentile 90 fait référence à une valeur en dessous de laquelle se trouvent 90 % des mesures, et les seuils suivants sont proposés :

 

très bon

bon

moyen

médiocre

mauvais

percentile 90 des
mesures de chlorophylle-a (µg/l)

0
<= 5

> 5
<= 10

> 10
<= 20

> 20
<= 40

> 40

Pour l’abondance du phytoplancton sur l’ensemble du littoral français, les propositions sont les suivantes :

 

très bon

bon

moyen

médiocre

mauvais

pourcentage d’échantillons
pour lesquels :
- les grandes cellules sont
> 100 000 cellules par litre
- les petites cellules sont
> 250 000 cellules par litre

< 20%

>= 20
< 40 %

>= 40
< 70 %

>= 70
<= 90 %

> 90 %

En ce qui concerne l’oxygène dissous pour l’ensemble du littoral français, la notion de percentile 10 fait référence à une valeur en dessous de laquelle se trouvent 10 % des mesures, avec les seuils suivants :

 

très bon

bon

moyen

médiocre

mauvais

percentile 10 des
mesures d’oxygène dissous (mg/l)

>= 5

>= 3
< 5

>= 2
< 3

>= 1
< 2

< 1

En plus de la validation définitive de ces critères, un choix reste à faire sur la technique à utiliser pour effectuer la synthèse de l’ensemble des indicateurs : résultat le plus déclassant, méthode des rangs, méthode de notes pondérées...

Observation satellite de chlorophylle-a Zoom fenetre Observation satellite de chlorophylle-a (4 derniers jours) le 25/07/08 (PREVIMER)

L’évaluation des biomasses chlorophylliennes peut se faire classiquement par prises d’échantillons sur le terrain et analyses en laboratoire ; de manière parallèle une méthode fondée sur l’exploitation des images satellite de la couleur de l’eau est actuellement testée, et pourrait être utilisée dans l’application de la DCE ; elle permettrait ainsi de couvrir de vastes zones de façon homogène sans avoir recours à des mesures de terrain. Par ailleurs des paramètres utilisés dans la classification des masses d’eau, comme la température ou la turbidité, sont également accessibles par les images satellite.

 

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