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© P. Briand, Ifremer
Crépidule

La crépidule

une espèce proliférante

Image d'accueil du dossier la crépidule

Beaucoup d'espèces marines sont régulièrement introduites sur notre littoral, accidentellement ou volontairement. 108 nouvelles espèces ont ainsi été recensées ces dernières années sur le littoral français (Goulletquer et al., 2002). Selon la règle des dizaines, souvent vérifiée : sur 1000 espèces qui sont introduites, 100 seulement survivent et s'installent, 10 deviennent des espèces leader et une seule devient proliférante (Williamson et Fitter, 1996).
 Sur la côte est des Etats-Unis, la crépidule ( Crepidula fornicata) est en équilibre dans son milieu d'origine et ne pose pas de problèmes particuliers. Cet équilibre est assuré par la présence de plusieurs prédateurs et par des conditions d'environnement sévères (températures minimales basses et durables). Introduite accidentellement sur la côte Pacifique des USA, au Japon et en Europe, la crépidule y prolifère depuis plusieurs décennies. Parmi les mollusques qui prolifèrent avec autant d'efficacité, on peut citer la moule d'eau douce Dreissena polymorpha, introduite dans les lacs canadiens. On peut citer l'huître creuse Crassostrea gigas, volontairement introduite et qui est aujourd'hui considérée en France comme espèce proliférante du fait qu'elle s'étend naturellement depuis quelques années aux alentours des parcs où elle est cultivée, du fait du changement des conditions de milieu.
 Dans le domaine végétal, on peut citer le cas de la sargasse ( Sargassum muticum) et de la caulerpe ( Caulerpa taxifolia) qui se sont développées très rapidement sur nos côtes après leur introduction.
 Pour toutes ces espèces, les raisons principales de la prolifération sont : une grande faculté d'adaptation et de résistance de l'espèce, l'absence ou l'insuffisance de prédateurs spécifiques, des conditions environnementales favorables (nourriture, température...) et l'occupation d'une « niche écologique » jusque là inoccupée ou conquise.
 Les problèmes liés aux proliférations d'espèces introduites viennent généralement de la compétition engendrée avec les espèces indigènes (risque de compétition spatiale et/ou trophique) ; ainsi la crevette japonaise Peneus japonica a supplanté Peneus kerathurus en Méditerranée. De plus, des espèces voraces introduites peuvent causer des dégâts non seulement sur une espèce mais sur tout le réseau trophique (crabe vert européen Carcinus maenas aux Etats-Unis, méduse atlantique Mnemiopsis leidyi en Mer Noire...).
 

La crépidule est répertoriée dans la banque de données internationale des espèces invasives www.issg.org/database.

Depuis 1980, la crépidule fait l'objet de divers travaux à l'Ifremer, notamment en Bretagne-nord (cartographie, évaluation de stocks, analyse du peuplement, dynamique de populations, écophysiologie...).

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