Dans certains sites ostréicoles, les densités de crépidules sont telles que la survie de l’activité nécessite la lutte contre le compétiteur spatial ; c’est donc dans les sites ostréicoles que se concentre depuis plusieurs décennies l’essentiel des opérations de lutte contre la crépidule. D’ailleurs un décret du 30/12/1932, toujours en vigueur, fait obligation aux professionnels de détruire la crépidule dans leurs établissements.
Aujourd’hui, il est illusoire de vouloir éradiquer
la crépidule, tout au plus peut-on essayer de maîtriser son expansion.
Les premiers essais pour se débarrasser des crépidules fixées sur les huîtres ont été réalisés en Hollande en trempant les huîtres parasitées dans une saumure, supposée tuer les crépidules seules. En fait, celles-ci, au mieux se détachent au bout d’un certain temps, mais elles ne meurent pas.
Les remises à l’eau dans des fosses marines, plus ou moins écartées des sites conchylicoles, sont hélas fréquentes. Elles ne peuvent pas être considérées comme des techniques d’élimination si elles ne sont pas suivies rapidement d’un recouvrement de sédiment d’épaisseur suffisante pour etouffer ce dépôt. De telles "re-concentrations" de l’espèce sont plus néfastes que l’absence d’intervention.
Le rejet au large par grande profondeur (1000m) a été proposé par les professionnels de Marennes-Oléron, dont les rivages se trouvent à quelques heures de navigation de telles zones. Mais il a été constaté que cette solution est également à prohiber, du fait de la résistance à la pression observée chez cet animal.
La solution la moins onéreuse consiste à exposer les animaux à l’air sur des zones isolées, ce qui provoque effectivement leur mort et la pourriture de la matière organique. Ce matériau peut alors être utilisé (décharges, remblais, etc...). Cette solution souvent retenue dans les bassins ostréicoles n’est pas sans conséquences sur l’environnement (jus, odeurs nauséabondes). Depuis le 1/01/2001 une directive européenne interdit désormais le dépôt à terre de tels produits.
Une variante du stockage à terre, suivie d’un traitement fut testée à Fouras au printemps 2000 : la récolte fut déversée à marée haute pour être écrasée mécaniquement à marée basse sur estrans sableux. Les observations qui ont suivi montrent que si nombre d’individus étaient écrasés d’autres n’étaient qu’enfoncés dans le sable, un sol plus dur aurait permis une meilleure destruction. Il faut ensuite éliminer toutes traces de l’opération sur le domaine public.
Une solution sophistiquée fut testée en 1995 à Fouras (Charente-Maritime). Une chaudière industrielle fut embarquée avec la récolte sur le transbordeur « Pierre Loti » pour une sortie au large. Un circuit continu fait passer le produit pendant 2 minutes dans l’eau bouillante avant de le rejeter en mer, avec un débit de 30 t/h. Cette solution est efficace mais coûteuse et pose en outre le problème de la remise à l’eau de matières organiques en quantités. L’année suivante, toujours à Fouras, un four fut utilisé, à terre cette fois, pour brûler la récolte. Cet essai fut un échec sur les plans technique, sanitaire et budgétaire.
Toujours à Fouras, une solution fut envisagée en 1997 mais non réalisée, qui consistait à creuser une grande fosse sur l’estran, venir y déposer la récolte à marée haute, et refermer la fosse à la marée basse suivante. Là aussi, sans une couverture sédimentaire suffisante, ce dépôt ne serait pas sans conséquences sur le milieu.
En rade de Brest, une technique d’élimination a été proposée par le Comité Local des Pêches, consistant à faire un élevage de moules, à plat, sur les tapis de crépidules servant de support. Le développement de cette moulière favoriserait l’étouffement du banc de crépidules sous-jacent. Cette solution déjà réalisée en Hollande, qui présente un réel intérêt économique, devrait être testée et suivie sur une surface limitée avant d’être appliquée éventuellement sur de grandes étendues.
Des essais de broyage au fond ont été réalisés dans les années 80 en baie de Saint-Brieuc en traînant un broyeur. Outre que l’engin fonctionne en aveugle et peut être rapidement endommagé par un bloc, il ne travaille que sur une largeur limitée. Ces essais se sont avérés décevants. En outre, cette technique qui libère la matière organique animale attire les carnivores (crabes, nasses…). Actuellement, des hersages, avec des dragues sans fond, sont réalisés en baie de Saint-Brieuc pour casser les chaînes. Les résultats ne nous sont pas connus.
Diverses techniques ont été proposées pour traiter à bord de bateaux de pêche le produit récolté (fours, broyeurs, etc...), mais aucune n'est réellement adaptée à un traitement à bord de volumes conséquents.
Divers produits chimiques ont été testés sur la crépidule et s’avèrent nocifs pour l’espèce (sulfate de cuivre, chlorure de mercure…) mais là encore, ces traitements sont destinés à des volumes forcément très limités et en dehors du milieu naturel.
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Mise à jour : 25/06/2008