Seuls les peuplements denses de crépidules ont des effets sensibles sur leur environnement.
Le premier effet est le pompage intense de particules présentes dans la masse d’eau. A raison d’un taux de filtration d’environ 1 l. h-1 g.sec-1 ce sont plusieurs mètres-cubes d’eau qui sont filtrés par jour au-dessus d’une population dense. Dans un secteur où les autres filtreurs sont nombreux, il peut y avoir une compétition pour la nourriture phytoplanctonique en suspension, ce qui, dans un secteur conchylicole, peut avoir des conséquences économiques. Toutefois, de récents travaux montrent que cette compétition trophique avec l’huître semble limitée. Pompant dans une couche d’eau chargée en matière en suspension, les populations denses concentrent cette MES et la rejettent sous forme de biodépôts. Cette activité de pompage fait également disparaître du milieu, certains éléments du zooplancton dont les restes sont observés dans les fèces.
La structure d’une population dense, avec ses chaînes agglomérées sur quelques centimètres d’épaisseur forme un substrat hétérogène aux nombreux interstices. L’écoulement de l’eau au niveau du fond est modifié et les matières en suspension sont piégées au sein même de cette population, remplissant les espaces libres.
La production de biodépôts est intense, supérieure à 5 mg par gramme de chair fraîche ; ils s’accumulent sur place, entre les chaînes. Le sédiment devient de plus en plus envasé empêchant l’installation de nombreuses larves. Son niveau se rehausse progressivement.
Le sédiment d’origine se modifie rapidement dès lors que la population de crépidules recouvre plus de 50% du substrat. En deçà, une intervention pour en diminuer la densité peut permettre une restauration des fonds ; au-delà, la modification est irréversible.
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Mise à jour : 01/10/2008