ifremer Ifremer environnement

La crépidule

une espèce proliférante

Vie en colonie

Photo d'une chaine de crepidules Zoom fenetre Photo d’une chaîne de crépidules - photographie X.Caisey / Ifremer

Les individus de cette espèce vivent en colonies, comme de nombreuses autres espèces marines : les colonies de polypes chez les cnidaires, les colonies d’hydrozoaires chez les coraux et les gorgones, les colonies de zooïdes chez les bryozoaires, les colonies de polychètes tubicoles (ex. Sabellaria alveolata) etc… Mais cette espèce est, à notre connaissance, la seule dans le monde animal à vivre en colonies formées par la superposition régulière d’individus (une colonie est appelée une chaîne). Les individus sont attirés entre eux par chimiotactisme et la rencontre de deux individus sera à l’origine d’une évolution sexuelle, l’un devenant femelle, l’autre mâle. Les individus les plus jeunes (les derniers fixés) se situent au sommet de la chaîne et les plus anciens sont à la base. Si de très nombreux juvéniles sont attirés sur une chaîne d’adulte, un seul individu y subsiste annuellement au sommet.

En moyenne cette colonie primaire est composée de 4 à 5 individus, jusqu’à 10 (maximum observé). L’agrégation de plusieurs colonies secondaires permet de regrouper jusqu’à une trentaine d’individus.

Chaque individu étant décalé à droite par rapport à l’axe longitudinal du précédent, cet empilement n’est jamais vertical. Il s’incline progressivement à droite, au fur et à mesure de l’arrivée et de la croissance de nouveaux individus, et généralement le dernier arrivé est même en position totalement inversée (d’où l’aspect voûté de la colonie). La chaîne, est alors déséquilibrée et, sans fixation, peut tomber sous son propre poids. Les chaînes importantes sont généralement couchées sur le sol.

A l’état juvénile, l’animal se déplace par reptation, grâce à son pied. La fixation est définitive à partir de l’âge de 1 an environ. Dans la colonie, les animaux sont fixés solidement les uns aux autres par leur pied-ventouse et le premier individu à la base est fixé à un support. La nature du support est diverse (caillou, coquille vide, matériaux divers…) pourvu qu'il soit lisse et immobile. L’animal ne meurt pas nécessairement s’il est détaché de son support ; il en cherche un autre aussitôt.

Coquille de crepidule recouverte de cirripedes Zoom fenetre Coquille de crépidule recouverte de cirripèdes - photographie JD Gaffet / Ifremer

La crépidule peut se fixer sur une coquille d’animal vivant immobile (ex. huître), mais aussi sur des animaux mobiles qui peuvent alors la transporter (bulot, crabe, coquille St Jacques…etc) (phorésie ). Le développement d’une ou plusieurs chaînes sur un bivalve vivant alourdit la valve, en freine l’ouverture, diminue ainsi ses possibilités de filtration et l’affaiblit. Dans le cas d’un animal nageur (coq. Saint-Jacques) son déplacement devient limité, voire impossible. La colonie de crépidules peut à son tour porter d’autres espèces fixées sur sa surface coquillière, telles des cirripèdes (balanes) ou des pétoncles noirs (Chamys varia).

Fixation de plusieurs chaines sur une coquille Saint-Jacques Zoom fenetre Fixation de plusieurs chaînes sur une coquille Saint-Jacques - photographie O. Dugornay / Ifremer

 

fermer

Lire la suitelire