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© Alain Le Magueresse, Ifremer
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Phytorisk

Effet des changements environnementaux sur les efflorescences d’algues toxiques

Niches écologiques d’Alexandrium minutum et Pseudo-nitzschia

Chevauchement des niches écologiques Zoom fenetre Analyse en Composantes Principales pour définir l’espace environnemental d’Alexandrium minutum, Pseudo-nitzschia spp., P. fraudulenta et P. australis.

Les résultats de l’étude des quatre niches (Alexandrium minutum, Pseudo-nitzschia spp., P. fraudulenta et P. australis) sont présentées dans le même espace environnemental. L’analyse en composantes principales a été faite en retenant le maximum de données disponibles pour les 4 taxons. Les variables environnementales retenues sont la température de l’eau, la salinité, l’irradiance hebdomadaire depuis satellite, la turbidité et le débit de rivière.
Le premier axe définit un gradient temporel, composé par les variables température de l’eau et irradiance (eaux d’été) et débit de rivière (eaux d’hiver). Le deuxième axe délimite un gradient spatial avec les variables salinité (influence marine) et la turbidité (influence continentale).
L’analyse de la niche écologique a montré la préférence d’Alexandrium minutum pour les eaux chaudes et avec une influence légèrement plus continentale. En effet les températures élevées permettant un taux de croissance supérieur et donc un développement plus rapide de la population. Cette analyse souligne aussi la caractéristique euryhaline d’Alexandrium minutum lui permettant de se développer dans des conditions de salinité très variables.

Chevauchement des niches écologiques Zoom fenetre (a) Niche écologique d’Alexandrium minutum
(b) Niche écologique de Pseudo-nitzschia spp.
Chevauchement des niches écologiques Zoom fenetre (c) Niche écologique de P. fraudulenta
(d) Niche écologique de Pseudo-nitzschia australis dans l’espace environnemental commun défini par l’ACP

Les niches des trois taxons de Pseudo-nitzschia sont déplacées vers des eaux plus marines qu’Alexandrium minutum caractérisées par des températures et salinités différentes. Ces niches forment un gradient qui va de Pseudo-nitzschia spp., plus proche de la niche d’Alexandrium minutum, passe par la niche de P. fraudulenta, pour atteindre finalement la niche de P. australis, dans les eaux plus marines et légèrement plus froides.
Les deux espèces avec le chevauchement le plus élevé sont Pseudo-nitzschia spp. et P. fraudulenta. Cela signifie sans doute que P. fraudulenta est une espèce généraliste et donc cosmopolite. Une autre raison pour expliquer le recouvrement élevé entre les deux taxons peut être que 25% des données utilisées pour évaluer la niche de Pseudo-nitzschia spp. correspondent en fait à l’espèce P. fraudulenta.

À l’opposé, P. australis présente la niche la plus éloignée des autres espèces étudiées. La principale différence s’explique par la préférence pour des eaux plus océaniques en comparaison aux autres espèces. Le décalage de la position de P. australis dans l’espace environnemental pourrait s’expliquer par un mécanisme de compétition interspécifique entre les deux espèces P. fraudulenta et P. australis.

Enfin, on ne peut écarter l’hypothèse que certaines observations définies comme Pseudo-nitzschia spp. peuvent en fait correspondre à l’espèce P. australis ou P. fraudulenta.

Valeurs du chevauchement de niches des 4 espèces analysées dans cette étude.

Chevauchement

Alexandrium minutum

Pseudo-nitzschia spp.

P. fraudulenta

P. australis

Alexandrium minutum

1,00

0,74

0,69

0,41

Pseudo-nitzschia spp.

1,00

0,87

0,60

P. fraudulenta

1,00

0,65

P. australis

1,00

La valeur 1 implique un chevauchement complet entre les deux espèces et la valeur 0 indique qu’il n’y a aucun chevauchement entre les deux espèces.

 

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