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La marine des lumières : les 250 ans de l'Académie royale de Marine

03/10/2002

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Le musée de la marine de Brest (château de Brest) organise jusqu'en mars 2003 une exposition célébrant le 250e anniversaire de la création de l'ancêtre de l'Académie de marine : l'Académie royale de Marine. Des pièces majeures y sont présentées : la maquette de vaisseau de 74 canons réalisée par Augustin Pic, une horloge de marine de Ferdinand Berthoud, des maquettes de machines, des boussoles, des ouvrages et dessins.

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La fondation de l'Académie de Marine

Au milieu du XVIIIe siècle, un groupe d'officiers de Marine brestois, animé par le capitaine d'artillerie Sébastien Bigot de Morogues, a pris l'habitude de se réunir chaque semaine pour améliorer la vie maritime et faire progresser les sciences navales et nautiques. Ces réunions illustrent l'ouverture à cette époque de l'esprit aux Lumières. La réputation acquise par cette assemblée et le souhait de ses membres d'institutionnaliser son fonctionnement et ses travaux sous forme d'une Académie, retinrent l'attention du Ministre et Secrétaire d'Etat de la Marine, Louis-Antoine de Rouillé, comte de Jouy lors d'une visite à Brest. Celui-ci demande à quelques experts, parmi lesquels figurait Henri-Louis Duhamel du Monceau, de lui donner un avis. Les conclusions étant positives, l'Académie de marine de Brest est instituée par le règlement du 31 juillet 1752 paraphé par le ministre dans son château de Compiègne. L'Académie a une vocation nationale. Elle est composée de soixante quinze académiciens (officiers de marine, ingénieurs, astronomes, mathématiciens, hydrographes, mais aussi dessinateurs ou médecins) dont la moitié doit être du département maritime de Brest afin d'assurer une présence aux séances qui se tiennent le jeudi après-midi, sauf dans la période qui va de "Noël aux Rois" et pendant la quinzaine de Pâques. Sébastien Bigot de Morogues en est nommé le premier président

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Réunie régulièrement les premières années, avec plus de trente séances annuelles, l'Académie doit ralentir ses travaux en raison de service à la mer et les arrêter en totalité pendant la guerre de Sept Ans. Aymar-Joseph de Roquefeuil, commandant de la Marine à Brest, en obtient de Louis XV et du Secrétaire d'Etat à la Marine, César-Gabriel de Choiseul de Praslin, le rétablissement, mais cette fois comme Académie Royale de marine par le règlement du 24 avril 1769, la plaçant directement sous la protection du Roi.
L'institution devient le catalyseur de la modernisation de la marine française et des progrès scientifiques en hydrographie, géographie, astronomie ou construction navale. L'Académie regroupe l'élite des "officiers-savants" :

  • Avec Antoine Choquet de Lindu, académicien, l'arsenal de Brest devient un grand ensemble industriel où sont rassemblées, sur les deux rives de la Penfeld, toutes les installations nécessaires à la construction, à l'armement et à l'entretien des navires et où travaillent 10 000 ouvriers aux multiples métiers.
  • Les académiciens Jean-Jacques de Marguerie et Charles-Pierre Claret de Fleurieu sont respectivement concepteur et signataire des nouvelles ordonnances de la Marine, publiées en 1776. Ces dernières révolutionnèrent la Marine en accordant aux officiers de vaisseaux, un pouvoir détenu jusque là par l'Intendance, en l'espèce, la conception, la mise en oeuvre et l'entretien des navires.
  • Ferdinand Berthoud qui, avec l'horloger Pierre Le Roy, découvre le moyen de calculer la longitude grâce aux horloges marines.
  • Charles-Pierre Claret de Fleurieur qui réalise avec Ferdinand Berthoud des horloges marines essayées en 1758 sur la frégate Isis qu'il commande. Nommé en 1776 directeur général des ports et arsenaux de la marine, il rédige les plans des expéditions de La Pérouse et de d'Entrecasteaux en 1778.

D'autres personnalités peuvent être citées comme Bougainville, Borda, l'abbé Rochon, les ingénieurs Groignard, Sané, les hydrographes Chabert, Bory, Verdun de la Crenne, le peintre Ozanne.

Sous Louis XVI, la marine est à son apogée.

Supprimée par la Convention, comme toutes les académies, par un décret d'août 1794, l'Académie de marine subit un sort différent de celui des autres sociétés savantes qui sont reconstituées en 1795 pour former l'Institut de France. C'est sur le rapport fait à la Convention nationale dans sa séance du 7 messidor an III (25 juin 1795), par le Représentant du peuple Grégoire, qu'est établi le Bureau des Longitudes. Ses missions sont réduites: "Ce Bureau fera, chaque année, un cours public d´Astronomie; il vérifiera tous les instruments nautiques destinés pour notre marine, il sera chargé de rédiger la Connaissance des Temps, de manière qu'on ait toujours plusieurs années à l'avance; il perfectionnera les Tables astronomiques et les méthodes des longitudes, les cartes magnétiques et surtout les cartes hydrographiques, dont un grand nombre sont encore très vicieuses, celles surtout de la Méditerranée, ce qui intéresse essentiellement votre commerce du Levant."

Deux tentatives de reconstitution d'une véritable Académie de marine, sous le Consulat, puis au début de la Restauration, n'aboutirent pas. Il fallut attendre 1921 pour que, sous l'impulsion des ministres de la Marine Georges Leygues et Adolphe Landry, une nouvelle Académie fut enfin recréée, dans un esprit beaucoup plus large que l'ancienne, puisque toutes les activités maritimes y étaient représentées. Elle a été reconnue établissement public d'État par la loi du 19 décembre 1926.

Ses missions et son organisation sont régies par le décret du 2 avril 1991 qui précise dans son article 2 : "L'Académie de marine a pour vocation de favoriser le développement des hautes études concernant les questions maritimes et perpétuant la mission de l'Académie royale ayant existé à Brest au XVIIIe siècle. D'une manière générale, elle exerce des activités d'ordre scientifique, culturel et administratif concernant l'ensemble des questions maritimes. Elle contribue par ses travaux, ses publications, l'organisation de concours, l'attribution de récompenses et par tous autres moyens appropriés à encourager les recherches, les initiatives, les expériences pouvant intéresser les diverses activités maritimes. Elle accomplit sa mission en liaison avec les diverses administrations et services publics concernés. Elle assure la conservation des registres et documents ayant appartenu à l'Académie royale de marine et en confie la garde au service historique de la marine en vertu d'une convention de mise en dépôt passée avec celui-ci."
L'Académie de marine est divisée en six sections :

  • la section Marine militaire ;
  • la section Marine marchande et plaisance ;
  • la section Sciences et techniques ;
  • la section Navigation et océanologie ;
  • la section Histoire, lettres et arts ;
  • la section Droit et économie.

Chaque section est composée de onze membres titulaires et de quatre membres correspondants.

Pour en savoir plus

Le site du musée de la marine
http://www.musee-marine.fr/
Le texte du décret du 2 avril 1991 portant réorganisation de l'Académie de marine
http://www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PPHQS.htm

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