ifremer Ifremer environnement
© Alain Le Magueresse, Ifremer
Arcachon
Surveillance Résultats Votre région

 

Documents
Rechercher
Rechercher
Plan du site Contact Copyright Crédits

Accueil > Actualité > 2002 > >

Le CIEM fête ses cent ans

21/08/2002

20020821logociem125.gif

Le Conseil International pour l'Exploration de la Mer (CIEM) fête cette année son centenaire. Une cérémonie sera organisée le 4 octobre, à l'occasion de la prochaine conférence scientifique annuelle qui réunira plus de 500 scientifiques.

La création du CIEM

L'évolution de la science océanographique à la suite des grandes expéditions du XIXe siècle entraîna les scientifiques des différentes nations à établir une collaboration permanente pour permettre l'examen en commun des grands problèmes d'utilité pratique intéressant directement la pêche et l'exploitation rationnelle du domaine marin. C'est de cette collaboration qu'est issu le premier grand Conseil international consacré aux études d'océanographie appliquée aux pêches maritimes.

L'attention des biologistes fut en effet attirée entre 1884 et 1893, par une abondance extraordinaire du Hareng sur les côtes de Norvège et dans le Skagerrak. Ils voulurent découvrir la cause de cette "pêche miraculeuse" et, par suite, définir les migrations périodiques des poissons.

De plus les progrès de la navigation avaient apporté une très importante modification dans l'industrie de la pêche : l'introduction du chalutage à vapeur. La force de capture des nouveaux chaluts et leur multiplication sur des fonds de pêche assez restreints provoquèrent l'inquiétude justifiée des naturalistes qui craignirent un appauvrissement rapide de ces fonds en poissons comestibles.

Sur les instances du scientifique suédois Otto Pettersson, le Roi Oscar II, roi de Suède et de Norvège, réunit, à Stockholm en juin 1899, une conférence à laquelle furent conviés les représentants des nations riveraines de la mer du Nord et de la Baltique. A cette réunion un certain nombre de résolutions furent prises en vue d'établir une étroite collaboration entre les scientifiques des divers pays, d'après un programme déterminé. Une seconde conférence se tint à Christiania en 1901 et les délégués se rendirent compte de la nécessité de grouper définitivement leurs efforts en constituant un organisme scientifique permanent. Le 22 juillet 1902 était créé à Copenhague le Conseil international permanent pour l'exploration de la mer, par les huit membres fondateurs : Allemagne, Danemark, Finlande, Grande-Bretagne, Norvège, Pays-Bas, Suède et Russie. Les huit étoiles du fanion ou du logo du CIEM rappellent ces fondateurs. La France a donné son adhésion après la guerre, en 1920.

Un siècle après sa création, le CIEM est toujours la première organisation pour initier et coordonner les travaux de recherche marine dans l'Atlantique-Nord. Ses membres sont passés à 19 (Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Estonie, Etats-Unis, Finlande, France, Islande, Irlande, Lettonie, Norvège, Pays-bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Russie, Suède), auquel il convient d'ajouter cinq pays (Australie, Chili, Grèce, Nouvelle-Zélande, Pérou et Afrique du Sud) bénéficiant d'un statut d'observateur car non présents dans la zone de compétence du CIEM (l'Atlantique, principalement l'Atlantique septentrional, et les mers adjacentes) et deux ONG, également avec le statut d'observateur.

Le rôle et le fonctionnement du CIEM
En 1964, les pays membres ont signé une Convention profondément remaniée dont le gouvernement du Danemark est dépositaire. Les modifications intervenues dans les règles de procédures sont entérinées par les gouvernements à travers la voie diplomatique. Pour la France, l'autorité responsable est le Ministère des Affaires étrangères qui remplit les obligations statutaires (versement de la contribution nationale, acceptation de nouveaux états membres, approbation formelle de nouvelles procédures...).
A l'échelle de l'Atlantique Nord, le CIEM a un rôle primordial dans le développement de la connaissance scientifique sur les relations entre ressources renouvelables marines (pêchées et cultivées), environnement naturel et activités anthropiques. Il exerce également une fonction d'avis et d'expertise déterminante auprès des Etats membres et des Commissions réglementaires que ceux-ci ont créées dans cette région. Par essence, il a une fonction de coordination, y compris de grands programmes de recherche, et entretient d'importantes bases de données sur les ressources vivantes et l'environnement marin dont la nature, l'importance et la durée sont exceptionnelles. Cela vaut au CIEM de se trouver très directement impliqué dans des opérations de grande ampleur comme celle découlant des engagements pris lors de la "deuxième Conférence internationale sur la gestion et la protection de la mer du Nord" et des réunions interministérielles qui suivirent.
Chaque état membre est représenté par deux Délégués siégeant dans un Conseil qui décide des activités scientifiques qui seront coordonnées par le CIEM, d'une part, et du fonctionnement de l'organisation (y compris son budget), d'autre part. Le Conseil des Délégués se réunit lors de la Conférence scientifique annuelle et élit un Bureau, composé d'un Président et de six vice-présidents, qui se réunit en plus à deux reprises au cours de l'année. Le Bureau, comité exécutif du Conseil, s'appuie sur un Secrétariat, dont le siège est à Copenhague, composé d'environ trente cinq scientifiques et administratifs à temps plein. Ces différentes instances s'appuient sur une douzaine de comités scientifiques pour animer et coordonner les travaux de chercheurs, dans le cadre de groupes de travail et d'études (une centaine), de colloques ou de publications.

CIEMdiagramstructure

La célébration du Centenaire

C'est lors des prochains Conseil des Délégués et Conférence scientifique 2002 (du 1er au 5 octobre) que sera célébré le centenaire. La journée du 4 octobre sera ouverte par la reine du Danemark, Margrethe II, suivie de la signature de la déclaration de Copenhague par les ministres représentants des états membres, de conférences sur l'histoire du CIEM et sa politique actuelle, et d'une conférence du Dr. Robert T. Watson sur "Climate Change - Time for Action".
Plusieurs navires océanographiques des états membres (Belgique, Danemark, Finlande, Allemagne, Hollande, Norvège, Pologne, Suède et France avec le N/O Thalassa) mouilleront à cette occasion à Amaliehaven, le port de Copenhague, et pourront être visités par le public.
Au cours de ces cérémonies, il sera rendu hommage au travail accompli par les Présidents qui se sont succédés pour animer les travaux du Conseil et la direction du Bureau. Trois Français ont assumé cette charge longtemps occupée par des représentants des pays fondateurs. Ce fut tout d'abord Jean Furnestin (1958-1963), suivi par Robert Letaconnoux (1972-1975) et Alain Maucorps (1994-1997).

Rappel du fonctionnement et des travaux du CIEM

Lieu de rencontre privilégié pour la communication et l'échange d'informations scientifiques les plus récentes, c'est à l'occasion de la Conférence scientifique annuelle (CSA) du CIEM que s'élaborent les recommandations des Comités Scientifiques (entérinées ou non par les Délégués) sur les actions conjointes à engager dans l'immédiat ainsi que sur les perspectives de recherche à moyen terme. C'est dans ce cadre que se discutent les programmes de campagnes scientifiques pluriannuelles qui constituent un élément indissociable du processus d'analyse et de compréhension de l'évolution des ressources vivantes exploitées et de leurs écosystèmes.

L'originalité et la force du CIEM reposent sur ses groupes de travail auxquels peuvent participer des experts de tous les états membres et au sein desquels s'effectue la mise en commun des résultats scientifiques acquis par les structures de recherche nationales dans le cadre d'actions coordonnées. Environ 100 groupes de travail se réunissent chaque année et mobilisent une communauté scientifique de prés de 1600 chercheurs. Suite à la création dans les années 60 à 80 de plusieurs conventions internationales, le CIEM a été identifié comme la seule structure susceptible de fournir un avis scientifique coordonné dans les domaines des ressources halieutiques et des pêcheries ainsi que de l'environnement marin. En particulier la Commission européenne élabore l'essentiel des propositions de règlement soumises à la décision du Conseil des Ministres de l'UE sur la base des avis scientifiques. La base scientifique de la Politique Commune des Pêches repose ainsi pour une large part sur les travaux du CIEM.

Le CIEM fournit également informations scientifiques et avis sur les questions relatives à l'environnement marin, y compris les pollutions marines, les transferts d'espèces animales ou végétales non indigènes ou les efflorescences algales toxiques, là aussi au bénéfice de ses pays membres et des commissions internationales ad hoc. Se fait jour depuis quelques années un besoin croissant d'avis intégrés basés sur des analyses multidisciplinaires, en particulier sur les interactions entre l'exploitation des ressources renouvelables et l'environnement marin dans une approche écosystémique. Le CIEM a été amené à reconsidérer ses structures et son mode de fonctionnement pour traiter de ces questions de la manière la plus pertinente et la plus efficace à la fois en terme scientifique mais aussi dans le cadre de sa fonction d'avis.

Dans le domaine spécifique de l'environnement côtier marin, l'IFREMER participe en particulier à quatre groupes de travail pertinents pour la surveillance nationale :

Groupe de travail "sur la dynamique des efflorescences phytoplanctoniques nuisibles". La cartographie des évènements dans tous pays est réalisée sur la base des rapports nationaux par l'IFREMER. Toutes informations sur les évènements "nouveaux" (ex. : "azaspiracides") dans les autres pays y sont collectées.

Répartition gépisodes de toxicitééographique des  liés à des efflorescences phytoplanctoniques en Europe de l'ouest et en Amérique du nord
Répartition géographique des épisodes de toxicité liés à des efflorescences phytoplanctoniques en Europe de l'ouest et en Amérique du nord / Catherine Belin, 2003 - Document Html, 145 Ko

Groupe de travail "sur les effets biologiques des contaminants". L'IFREMER y confronte ses approches biomarqueurs et bioessais (http://www.ifremer.fr/delpc/) pour des applications en surveillance ; une classification des biomarqueurs sera réalisée en 2002, et le programme européen BEEP conduira à une approche régionale comparée.

Groupe de travail "chimie marine". L'IFREMER participe par ses experts (http://www.ifremer.fr/delpc/) des contaminants, des paramètres hydrobiologiques, ... aux fins d'assurance qualité des mesures, de matériaux de référence et de développement de nouvelles méthodes, ... autant de sujets directement utilisables dans les programmes de surveillance des eaux littorales.

Groupe de travail "Aspects statistiques de la surveillance de l'environnement". Ce groupe est particulièrement important pour la valorisation des données de surveillance. Il travaille sur l'évaluation des tendances, les méthodes pour l'analyse des communautés biologiques, l'analyse des séries à composante saisonnière, la validation des protocoles d'échantillonnage...

Pour en savoir plus

Le site du Conseil international pour l'Exploration de la Mer
http://www.ices.dk/

Le plan stratégique du CIEM
http://www.ices.dk/iceswork/Strategic%20Plan-final.pdf

pechethonblanc


Pêche au thon germon en Atlantique Nord-Est. (Photo O. Barbaroux / Ifremer)

amaucorps


Alain Maucorps pendant une campagne de pêche en Atlantique Nord-Est, en 1975. Vingt ans plus tard, il a été élu Président du Conseil international pour l'exploration de la mer, pour un mandat de trois ans (1994-1997), après cinq années comme Vice-Président. (Photo O. Barbaroux / Ifremer).

 

fermer

Lire la suitelire