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Les déchets plastiques jetés à la mer menacent la diversité des espèces

03/07/2002

L'introduction d'espèces allogènes d'une région du monde dans une autre est devenue une menace notable. En effet, les espèces allogènes ont rarement, dans leur nouvel habitat, de prédateurs naturels, et peuvent donc l'emporter dans la compétition avec les espèces locales, pour l'obtention de sites où elles peuvent se reproduire et s'alimenter. L'activité de transport maritime, avec le ballastage des navires dans une région côtière du globe, puis le déballastage dans une autre région, est le principal vecteur de ces introductions.

David Barnes, chercheur au British Antarctic Survey, à Cambridge, a montré dans un article paru dans la revue Nature (vol. 416, p. 808, 25 avril 2002) que les innombrables déchets de plastique (bouteilles, filets, sacs ...) jetés par l'homme à la mer ne polluent pas seulement mais sont également un moyen de transport de ces espèces "étrangères", en particulier dans des zones protégées.

David Barnes a enquêté sur cette colonisation en étudiant les débris ayant dérivé jusque sur les rivages de trente îles dispersées à travers le monde, de l'Arctique à l'Antarctique. Selon les régions, 20 à 80% de ces débris sont d'origine humaine, la proportion la plus élevée se trouvant dans l'océan Austral, autour du continent antarctique. La quantité de débris a doublé entre 1994 et 1998 autour des côtes de l'Angleterre et a été multipliée par cent dans certaines parties des eaux antarctiques. La présence de ces débris résultant de l'activité humaine aurait quasiment doublé le nombre d' "envahisseurs" dans les régions subtropicales et triplé à des latitudes supérieures (au-dessus de 50 degrés de latitude Nord), précise le scientifique.

De nombreux types d'organismes marins sont susceptibles d'utiliser les débris, naturels ou non, pour se déplacer sur les océans. Parmi eux, on trouve notamment, par ordre d'abondance, les bryozoaires (minuscules animaux groupés en colonies fixées sur des rochers et également sur des animaux ou végétaux), certains crustacés, les polychètes (vers annelés), les hydraires (polypes et méduses) et les mollusques.

Si de tous temps, ces différents organismes ont utilisé des débris naturels tels que les roches volcaniques ou des morceaux de bois pour leur déplacement, ce phénomène a vu ses proportions augmenter considérablement du fait de l'accroissement de la quantité de détritus, notamment plastiques, d'origine humaine. Ces problèmes viennent s'ajouter à ceux déjà engendrés par la prolifération de sacs plastiques qui tuent ou blessent de nombreux oiseaux, tortues et mammifères.

Source : AFP SCIENCES n° 1340 - Avril 2002

Pour en savoir plus


Site du British Antarctic Survey
http://www.antarctica.ac.uk/

Sur les espèces envahissantes (crépidule, ficopomatus, caulerpe) étudiées par l'IFREMER
http://www.ifremer.fr/delec/projets1.htm

Les travaux de la commission PEW sur les espèces introduites dans les eaux côtières américaines
http://www.pewoceans.org/oceanfacts/2002/01/11/fact_22986.asp

The Nonindigenous Aquatic Species (NAS) information resource for the United States Geological Survey.
http://nas.er.usgs.gov/

Site de la convention des Nations Unies sur la diversité biologique
http://www.biodiv.org/doc

 

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