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Les Directeurs-généraux des grands instituts d'océanographie signent la déclaration de Yokosuka

23/10/2002

Réunis à Yokosuka à l'occasion du 30e anniversaire de la création du JAMSTEC (Japan Marine Science and Technology Centre), quatorze Directeurs-généraux d'instituts de recherche en sciences marines du monde entier ont signé la "déclaration de Yokosuka sur les sciences de l'océan au 21e siècle".

A la demande de la puissante fédération d'entreprises et d'industriels, le Keidanren (Japan Federation of Economic Organizations), le gouvernement japonais a fait voté par la Diet, en mai 1971, une loi créant le JAMSTEC. Inauguré en octobre 1971, ses activités se sont rapidement orientées vers le développement et l'utilisation de nouvelles technologies. Aujourd'hui, il est constitué de quatre départements dans les domaines suivants :

  • Recherche océanique profonde (activité sismique et volcanique)
  • Technologies marines (engins sous-marins, énergie de la houle et bouées de surveillance littorale et hauturière)
  • Observation de l'océan (le global change)
  • Recherche sur les écosystèmes marins (coraux et écosystèmes chimio-syntétiques).

L'IFREMER et le JAMSTEC coopèrent depuis 1974, dans le cadre d'une coopération devenue franco-japonaise en océanographie qui porte sur le programme Kaiko-Tokai (étude de la zone de subduction responsable de l'activité sismique et volcanique importante du Japon), les biotechnologies marines, l'environnement côtier, la surveillance et la restauration des écosystèmes côtiers, les récifs artificiels, les coraux ...

Pour commémorer le 30e anniversaire de sa création, le JAMSTEC a organisé plusieurs manifestations, les 17 et 18 septembre 2002, auxquelles étaient invités les quatorze Directeurs-généraux des principaux instituts de sciences marines de neuf pays (Japon, Chine, Corée, Etats-Unis, Canada, France, Allemagne, Royaume-Uni et Australie) avec lesquels il coopère. L'IFREMER était représenté par Jean-François Minster, son Président Directeur-général.

Le 17 septembre s'est tenu un symposium à Tokyo au cours duquel les Directeurs généraux ont « planché » sur les trois thèmes :

  • Les stratégies dans les recherches en sciences de la mer.
  • Les réseaux d'observation et les réseaux d'échange de données.
  • Les sciences marines au 21e siècle.

Jean-François Minster y a présenté une communication sur les infrastructures en recherche océanographique (navires hauturiers et côtiers, submersibles, satellites, bouées, équipements d'acquisition ou de traitement des données) et leur évolution à moyen terme. Il a souligné la nécessité d'améliorer la gestion coordonnée des moyens à la mer, et de mettre en place une approche de mutualisation au niveau européen.

Le Président du JAMSTEC, Takuya Hirano, a exposé la réorganisation de la politique océanographique japonaise qui repose sur trois axes : "comprendre la mer", "protéger la mer" et "utiliser la mer".

Le Président du KORDI, Sang-Kyung Byun (océanographe physicien qui a soutenu sa thèse à l'université de Brest à la fin des années 70) a présenté le système de coastal monitoring de la Corée.

D'autres présentations ont mis l'accent sur l'importance de la mise en place des réseaux internationaux permettant l'acquisition et le partage des données d'observation en mer, et le rôle de la vulgarisation des résultats de la recherche auprès du grand public et des politiques, condition sine qua non pour justifier les budgets de ces recherches relativement coûteuses. L'utilité de l'éducation du public, et des échanges de chercheurs ont également été soulignés, ainsi que la nécessité de faire participer les chercheurs des pays du Sud aux campagnes à la mer.

Ces discussions se sont poursuivies au cours d'une table ronde le 18 septembre, dans les locaux du JAMSTEC à Yokosuka, à l'issue de laquelle a été signée une déclaration commune dite la "Déclaration de Yokosuka sur les sciences de l'océan au 21e siècle" : Elle constate que les sciences marines ont remarquablement progressé au cours des dernières décennies du 20e siècle. D'importantes découvertes ont été réalisées, par exemple sur les écosystèmes des grandes profondeurs, qui ont fait progresser les connaissances en sciences de la Terre. Cependant, le système dans lequel vit l'humanité est constitué d'interactions entre l'atmosphère, l'hydrosphère, la lithosphère et la biosphère, où le rôle de l'océan reste encore mal connu. Par ailleurs, notre société est confrontée à des problèmes environnementaux très préoccupants comme le réchauffement climatique et l'épuisement de ressources naturelles. Compte tenu du rôle des océans dans le maintien de l'équilibre environnemental planétaire, la déclaration recommande de mener des travaux et recherches dans un but de compréhension et de protection des océans, avec les approches suivantes :

  • explorer les écosystèmes, afin de mieux les comprendre et prédire l'évolution du système Terre, comme une nécessité pour la gestion de notre planète,
  • améliorer les systèmes d'observation et les études sur les zones peu connues telles que les grandes profondeurs océaniques, les régions polaires et l'hémisphère sud,
  • mettre en place des réseaux d'observation mondiale sur le principe du libre-échange et du libre-accès aux données pour la recherche, et établir des réseaux d'information et d'échange de données mondiales,
  • mettre au point des technologies et des modèles numériques en vue de meilleures observations du milieu et de meilleure prévisions de son évolution,
  • encourager une prise de conscience du public et des politiques sur l'importance des océans et de leurs ressources, et sur le rôle des recherches interdisciplinaires marines pour répondre aux questions scientifiques et aider à résoudre des problèmes sociaux-économiques,
  • former une nouvelle génération de chercheurs maîtrisant les dimensions scientifiques, technologiques et sociaux-économiques.

Par cette déclaration, les organismes s'engagent à renforcer les coopérations permettant de résoudre ces problèmes environnementaux.

Pour en savoir plus


Le site du JAMSTEC
http://www.jamstec.go.jp/jamstec-e/index-e.html

 

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