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Les rejets des fleuves français en azote et en phosphore

28/05/2002

Dans son numéro 72 des " Données de l'environnement " (http://www.ifen.fr/pages/de72.pdf), l'Institut Français de l'Environnement (IFEN) a calculé les flux de polluants transportés par les fleuves français sur les dix dernières années.

Les résultats présentés par l'Ifen ont été calculés sur 86 rivières débouchant en mer, soit une superficie totale de bassins de 477 872 km2 peuplée de 40,2 millions d'habitants. Les flux annuels moyens des 10 dernières années, rejetés sur le littoral national, sont de 607 000 tonnes d'azote, dont 433 000 tonnes sous forme de nitrate, et 41 500 tonnes de phosphore. Ici ne sont pas rappelés les rejets dans les rivières transfrontalières avec la Belgique, l'Allemagne et la Suisse que traitent également la note de l'IFEN.

Les nitrates proviennent surtout des engrais, utilisés massivement dans les grandes cultures, et des déjections animales de l'élevage intensif. Les autres rejets azotés tout comme ceux de phosphore proviennent majoritairement des rejets industriels et urbains (stations d'épuration).

Comparaison des flux par grand bassin versant

Les apports du bassin de la Seine correspondent bien à sa population (des flux de phosphore, en diminution, de 10 100 t/an, soit 1,9 g/hab/an et 85 % des apports en Manche) et aux grandes cultures qui y sont pratiquées (11,6 kg d'azote nitrique/ha/an).

En Bretagne Nord et en Normandie, les apports d'azote nitrique à l'hectare (N-NO3-/ha) sont plus importants Ils sont respectivement de 33 et 17,7 kg/an, tout comme les flux de phosphore, faibles dans l'absolu, mais élevés rapportés à la population : 2,5 et 4 g/hab/an, indiquant nettement la superposition d'apports urbains, agricoles et d'élevage.

La Loire et la Gironde apportent quant à elles 71 % des apports en azote de la façade atlantique. Les apports de nitrates (plus de 70 % des apports azotés) suggèrent une prépondérance agricole de type grande culture.

Les fleuves côtiers de la Bretagne sud et les autres rivières du Golfe de Gascogne (hors Adour) apportent ensemble 63 500 t/an d'azote, à 85 % sous forme nitrique, soit une charge presque aussi élevée que la Gironde, pour une superficie drainée bien moindre. Les pertes à l'hectare, de 13,7 à 26,7 kg/N-NO3-/ha/an, prouvent sans équivoque l'origine majoritairement agricole des flux.

L'évolution des rejets

Les tendances ne peuvent être calculées que sur des cours d'eau suivis depuis longtemps et sur les flux normalisés. Les quatre grands fleuves français montrent des comportements très différents.

La Loire et la Garonne présentent des flux de phosphore total stables, alors que la Seine et le Rhône connaissent des flux décroissants respectivement de 560 et 680 t/an. La diminution des flux en phosphore s'accompagne d'une baisse parfois spectaculaire des flux d'azote ammoniacal. Sur la Seine, ils sont passés de 30 000 à 10 000 t/an entre 1990 et 2000 soit une diminution de flux de 2 500 t/an. Le Rhône et la Garonne ont également des diminutions plus modestes, respectivement de 360 et 160 t/an et par année, ramenant les émissions annuelles de ces deux rivières à 6 000 et 1 500 t/an. Seule la Loire, paradoxalement, présente des flux d'ammonium stables à hauteur de 2 200 t/an, représentant peut-être un plancher : les flux majoritairement d'origine urbaine sont en diminution ou en stagnation, alors que ceux majoritairement agricoles sont en stagnation ou en augmentation marquée.

2002051

Evolution des flux de phosphore total (Source : Ifen, banque Hydro, BNDE, calculs Beture-Cerec)

Les obligations nationales

Aux termes de la convention internationale OSPAR sur la protection du milieu marin dans l'Atlantique du Nord-Est qui englobe la Manche et la mer du Nord, les 15 pays signataires et l'Union européenne devaient réduire de 50 % leurs apports de nutriments et de substances dangereuses au milieu marin entre 1985 et 1995. Pour la France, la tendance est favorable pour l'ammonium et pour le phosphore, en nette diminution dans les bassins les plus urbanisés. En revanche, le total des émissions de nitrate en 1999 (375 000 t) approcherait le double du tonnage estimé pour 1985 (environ 200 000 t).

 

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