ifremer Ifremer environnement
© Alain Le Magueresse, Ifremer
Arcachon
Surveillance Résultats Votre région

 

Documents
Rechercher
Rechercher
Plan du site Contact Copyright Crédits

Accueil > Actualité > 2002 > >

Rapport du PNUE sur l'avenir de l'environnement mondial

11/06/2002

20020611geo3mini.jpg

Le PNUE (Programme des nations Unies pour l'Environnement) a publié en mai 2002 son troisième rapport sur l'avenir de l'environnement mondial (GEO3- Global Environment Outlook 3). Etabli par plus de 1 000 experts, ce rapport téléchargeable dans sa version originale en anglais (http://www.grid.unep.ch/geo/geo3/index.htm) décrit un monde fragilisé : dégradation de l'air, baisse des ressources en eau, appauvrissement de la biodiversité... Il indique que l'humanité se trouve à une étape cruciale, car les choix pris aujourd'hui pour notre planète auront des conséquences cruciales pour les forêts, les océans, les fleuves, les montagnes, la flore et la faune sauvages et tous les systèmes qui rendent la vie possible pour les générations présentes et futures.

Etat de l'environnement marin et côtier

Les forêts de palétuviers (mangroves), qui constituent un rempart naturel contre la mer et sont des lieux de prédilection pour l'éclosion des alevins et la confection de nids pour les oiseaux migrateurs, sont menacées par les impacts d'activités tels que l'abattage excessif de bois d'oeuvre et de bois de feu, le développement touristique et les infrastructures côtières. Jusqu'à 50 % des zones de palétuviers récemment détruites l'ont été pour la mise en place d'exploitations d'élevage de crevettes.
L'introduction d'espèces allogènes d'une région du monde dans une autre est devenue une menace notable, ces dernières années, parallèlement au changement climatique. En effet, les espèces allogènes ont rarement, dans leur nouvel habitat, de prédateurs naturels, et peuvent donc l'emporter dans la compétition avec les espèces locales, pour l'obtention de sites où elles peuvent se reproduire et s'alimenter. On estime qu'en 1939, 497 espèces allogènes habitant les eaux douces ou les mers avaient été introduites, de par le monde, dans des environnements aquatiques. Durant la période 1980-1998, ce chiffre serait passé à 2 214.
Le moratoire sur la chasse commerciale à la baleine imposé depuis le milieu des années 80 semble avoir été un succès notable.
En 1994, on estimait à 37 % la proportion de la population mondiale vivant à moins de 60 kilomètres d'une côte, soit plus que l'ensemble de la population mondiale en 1950.
À l'échelle mondiale, les eaux usées sont la principale source de contamination en mer, en volume. Les déversements d'eaux usées provenant des pays en développement sont en augmentation du fait de l'urbanisation rapide, de l'accroissement de la population et du manque de mesures d'aménagement et de financement de systèmes d'évacuation des eaux usées et d'usines de traitement de l'eau.
La dégradation de l'environnement entraîne une augmentation du risque sanitaire. La pollution par les eaux usées rejetées dans les mers est à l'origine de contaminations sanitaires massives. Par exemple, l'ingestion de coquillages pollués cause probablement 2,5 millions de cas d'hépatite infectieuse chaque année, qui entraînent 25 000 morts et 25 000 personnes handicapées à long terme par suite de lésions hépatiques.
L'impact économique de la contamination des mers, mesuré en coût médical, serait de l'ordre de 13 milliards de dollars.
Les rejets d'eaux usées, les eaux de ruissellement chargées d'engrais provenant des terres agricoles et les émissions des voitures, apportent des éléments nutritifs aux océans et aux mers, surtout sous forme de composés azotés. Concernant les engrais, le rapport constate que leur utilisation augmente dans les pays en développement mais s'est stabilisée dans les pays développés.
Parmi les autres menaces concernant les océans, le rapport pointe le changement climatique, les déversements d'hydrocarbures, les rejets de métaux lourds, de polluants organiques persistants (POP) et de détritus divers (à noter que les pays ont adopté au début de 2001 la Convention de Stockholm sur les POP, interdisant 12 composés polluants organiques particulièrement actifs).
Si des améliorations ont été apportées dans le domaine de la qualité de l'eau des rivières en Amérique du Nord et en Europe, la moitié environ des fleuves mondiaux sont gravement atteints ou pollués. Environ 60 % des 227 fleuves les plus importants de la planète sont fortement ou modérément fragmentés par des retenues et autres grands ouvrages.
La dégradation de la qualité de l'environnement sur la planète Terre aggrave la vulnérabilité de sa population aux risques naturels que sont les cyclones, les inondations et les sécheresses, et aux risques d'insécurité alimentaire, de maladies et de modes d'existence non viables à terme.
La sédimentation, qui est le résultat d'activités de construction le long des côtes, mais aussi de l'agriculture et du déboisement, menace gravement les récifs coralliens dans le monde, en particulier dans les Caraïbes, l'océan Indien et l'Asie du Sud et du Sud-Est.
Un peu moins d'un tiers des stocks de poissons, dans le monde, seraient en voie d'épuisement, surexploité par une surpêche poussée par des subventions qui atteindraient 20 milliards de dollars par an.

Des choix pour l'avenir

L'avenir est entre nos mains. Les décisions prises aujourd'hui et demain définiront le type d'environnement pour les générations présentes et futures. GEO-3, dans son chapitre de prospective, présente quatre scénarios aboutissant à des résultats très différents au bout de 30 ans. Nous retiendrons ici les deux scénarios les plus contrastés dans la région : le scénario Marchés d'abord et le scénario Durabilité d'abord. Le premier prend pour hypothèse un maintien de l'économie de marché actuelle; le second met au contraire l'accent sur des changements profonds dans les valeurs et les modes de vie, l'adoption de politiques vigoureuses et la coopération entre tous les secteurs de la société.
Pour les zones côtières et marines, dans le scénario "Marchés d'abord", la charge d'azote, qui est un indicateur d'un large éventail de polluants d'origine terrestre, augmente fortement en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Asie et dans le Pacifique, et en Asie occidentale. Alors que l'augmentation de la charge d'azote dans les eaux côtières européennes est généralement moins grave, la côte méditerranéenne subit une pression particulière en raison de plusieurs facteurs : la croissance urbaine, un mauvais traitement des eaux usées, l'essor du tourisme et l'intensification des cultures. La situation est préoccupante dans d'autres zones, et notamment les estuaires de plusieurs grands fleuves comme le Mississipi et le Nil.
Dans le scénario "Durabilité d'abord", une meilleure gestion des eaux usées et des eaux de ruissellement se traduit par une augmentation moins importante de la pollution côtière, sauf en Asie occidentale.

 

fermer

Lire la suitelire