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Victor Hugo, l'homme océan

24/04/2002

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Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte

" Victor Hugo, l'homme-océan " ou " Victor Hugo et la mer " sont les deux thèmes le plus souvent retenus pour les nombreuses manifestations organisées en France et à l'étranger, à l'occasion du bicentenaire de la naissance de l'écrivain français le plus célèbre.
La mer est omniprésente dans l'oeuvre de Victor Hugo. Charles Baudelaire écrivait quelques années après sa mort : " Comme Démosthène, il converse avec les flots et le vent ; autrefois il rôdait solitaire dans les lieux bouillonnant de vie humaine ; aujourd'hui, il marche dans des solitudes peuplées par sa pensée. Ainsi est-il peut-être encore plus grand et plus singulier. Les couleurs de ses rêveries se sont teintées en solennité, et sa voix s'est approfondie en rivalisant avec celle de l'océan ...
S'il peint la mer, aucune marine n'égalera les siennes. Les navires qui en rayent la surface ou qui en traversent les bouillonnements auront, plus que tous ceux de tout autre peintre, cette physionomie de lutteurs passionnés, ce caractère de volonté et d'animalité qui se dégage si mystérieusement d'un appareil géométrique et mécanique de bois, de fer, de cordes et de toiles ; animal monstrueux créé par l'homme, auquel le vent et le flot ajoutent la beauté d'une démarche..." (Extrait de " Critique littéraire - Sur mes contemporains ").

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Gros temps, la Durande
Vixtor Hugo, dessin des Travailleurs de la Mer. Plume, pinceau, encre brune et lavis, rehauts de gouache blanche. Source : BNF

Après le discours prononcé à l'Académie française par Bertrand Poirot-Delpech, en février, sur " Victor Hugo et la mer "
http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_divers/poirot_delpech_2002.html
la Bibiblothèque nationale de France présente, jusqu'au 21 juin, une exposition sur " Victor Hugo, l'homme-océan " (http://victorhugo.bnf.fr). ). Cette formule, inventée par Hugo à l'occasion du jubilé de William Shakespeare, désigne une lignée de génies qui ont fait les flux et reflux de la pensée humaine. L'exposition s'ouvre sur le manuscrit de où le romancier écrit :
" Il y a des hommes océans en effet. Ces ondes, ce flux et ce reflux, ce va-et-vient terrible, ce bruit de tous les souffles, ces noirceurs et ces transparences, ces végétations propres au gouffre, cette démagogie des nuées en plein ouragan, ces aigles dans l'écume... Tout cela peut être dans un esprit et alors cet esprit s'appelle génie. "
D'autres manuscrits, des lettres ou des marines des années passées à Jersey et Guernesey et de son retour d'exil illustrent les rapports entre le poète et l'océan. Six autres expositions ouvriront leurs portes à Paris, Villequier, Guernesey, Avignon sur ce thème qui permet de pénétrer l'univers imaginaire de l'écrivain : la métaphore océanique, l'artiste en "combattant du gouffre", sa poésie et sa vision, ses romans comme " les Travailleurs de la mer ", etc.

D'autres manifestations sur le thème de la mer ou des océans sont programmées (http://www.victorhugo.culture.fr/) d'ici la fin de l'été à Dives-sur-mer, Fécamp, Herblay, La Rochelle, Rochefort-sur-mer, Saint-Sébastien-sur-Loire, Salon-de-Provence, Tours, Tunis, ou Guernesey (http://www.paris-france.org/musees/Maison_de_Victor_Hugo/).

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Ma Destinée
Plume et lavis d'encre brune, gouache, papier vélin
Source : Maison de Victor Hugo - Paris

Nous citerons quelques extraits de l'oeuvre de Victor Hugo, dans lesquelles l'océan sert de support métaphysique, de métaphore, ou est un élément de la nature à laquelle il va s'identifier :

Seul et triste au milieu des chants des matelots,
Le soir, sous la falaise, à cette heure où les flots,
S'ouvrant et se fermant comme autant de narines,
Mêlent au vent des cieux mille haleines marines,
Où l'on entend dans l'air d'ineffables échos
Qui viennent de la terre ou qui viennent des eaux,
Ainsi je songe! - à vous, enfants, maisons, famille,
A la table qui rit, au foyer qui pétille,
A tous les soins pieux que répandent sur vous
Votre mère si tendre et votre aïeul si doux!
Et tandis qu'à mes pieds s'étend, couvert de voiles,
Le limpide océan, ce miroir des étoiles,
Tandis que les nochers laissent errer leurs yeux
De l'infini des mers à l'infini des cieux,
Moi, rêvant à vous seuls, je contemple et je sonde
L'amour que j'ai pour vous dans mon âme profonde,
Amour doux et puissant qui toujours m'est resté.
Et cette grande mer est petite à côté!

(Extrait de " A des oiseaux envolés " - Ecrit en juillet 1837, à Fécamp..
Publié dans "; Les voix intérieures ")

*****

L'océan resplendit sous sa vaste nuée.
L'onde, de son combat sans fin exténuée,
S'assoupit, et, laissant l'écueil se reposer,
Fait de toute la rive un immense baiser.

(Extrait d' " Eclaircie " publié dans " Les contemplations ".
Marqué par la mort de sa fille Léopoldine, l'écrivain engagé et exilé à Jersey commence son poème par cette analogie avec l'océan pour parler ensuite de ses déchirements et de son apaisement)

*****

Les langues sont comme la mer, elles oscillent sans cesse. À certains temps, elles quittent un rivage du monde de la pensée et envahissent un autre. Tout ce que leur flot déserte ainsi sèche et s'efface du sol. C'est de cette même façon que des idées s'éteignent, que des mots s'en vont.

(Extrait de la préface de " Cromwell ")

*****

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Le Phare d'Eddystone, 1866, Dessin
Source : Maison de Victor Hugo - Paris

" Au dix-septième siècle, un phare était une sorte de panache de la terre au bord de la mer. L'Architecture d'une tour de phare était magnifique et extravagante. On y prodiguait les balcons, les ballustres, les tourelles, les logettes, les gloriettes, les girouettes. Ce n'était que mascarrons, statues, rinceaux, volutes, rondes-bosses, figures et figurines, cartouches avec inscriptions. Pax in bello, disait le phare d'Eddystone. "

(Extrait de " l'homme qui rit ")

 

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