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150ème anniversaire de la première conférence maritime

07/08/2003

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L'année 2003 commémore le 150e anniversaire de la "conférence maritime de Bruxelles". Pour célébrer cette première conférence internationale, plusieurs manifestations seront organisées du 17 au 22 novembre 2003, au Résidence-Palace de Bruxelles. La cérémonie officielle, le 17 novembre matin, en présence du roi Albert II, se poursuivra tout d'abord, le 17 après-midi et le 18 novembre, par un séminaire sur l'histoire et les perspectives de la météorologie marine et de l'océanographie opérationnelle. Au cours de trois sessions y seront abordés 150 ans d'histoire, depuis l'initiative du Lieutenant Matthew F. Maury jusqu'à la création de l'Organisation météorologique internationale, le rôle des programmes internationaux en cours (GOOS, etc.) et des organisations internationales, l'avenir de l'océanographie opérationnelle et la météorologie marine. Lors de cette dernière session, Jean-François Minster, PDG de l'IFREMER, et Jim Baker, Président du Steering Committee de GOOS et ancien Administrateur de la NOAA, présenteront leur vision de l'avenir de l'océanographie opérationnelle. Du 19 au 22 novembre 2003, une commission mixte de l'OMM (Organisation météorologique mondiale) et de la COI (Commission océanographique intergouvernementale) organisera un atelier de climatologie marine (CLIMAR II).

La première conférence maritime de Bruxelles, en 1853

L'idée d'une conférence maritime avait été émise par les Anglais. C'est cependant grâce aux efforts et relances du Lieutenant Matthew Fontaine Maury qu'elle peut se réunir à Bruxelles, en août 1853. Dix pays (Angleterre, Belgique, Danemark, Etats Unis, France, Hollande, Norvège, Russie et Suède) y participent en vue d'établir un système mondial d'observations météorologiques en mer. Le Lieutenant Maury qui était déjà connu en Europe pour ses cartes de vents et de courants en différentes régions maritimes du globe, en fut l'animateur. Sa proposition de mettre en place un système d'observation de météorologie maritime commun à tous les pays, avec des objectifs d'aide à la navigation et d'amélioration de la sécurité maritime fut acceptée. S'adressant à tous les navires, militaires ou commerciaux, elle précise les paramètres à observer, les équipements de mesure, les méthodes et modes d'observation. Les premiers relevés sur plusieurs navires, selon les recommandations adoptées à Bruxelles, commencèrent dès 1854. Cette première conférence fut suivie d'une réunion internationale à Leipzig, en 1872, puis d'une autre à Vienne, en 1873, où fut décidée la création de l'Organisation météorologique internationale (OMI), remplacée depuis 1951 par l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Le Lt Maury, précurseur de l'océanographie

Matthew Fontaine Maury est né en 1806 en Virginie. Il descend, par son père, de huguenots exilés de France. A 18 ans, il s'engage dans la Navy. Pour sa première expédition, le jeune midship embarque sur le Brandywine, frégate de 40 canons, qui ramène au Havre le marquis de Lafayette après avoir passé près d'un an aux Etats-Unis d'Amérique en remerciement de son implication pendant la guerre d'indépendance. Esprit curieux, il s'intéresse au cours de trois expéditions dans les différents océans, de 1825 à 1834, à la navigation et aux conditions météorologiques. En 1831, il décide de consigner dans un journal de bord ses observations sur les vents, courants et marées avec les relevés de navigation. Handicapé en 1842 à la suite d'un accident en diligence, il ne peut plus naviguer. Il est nommé Superintendant du dépôt des cartes et instruments du ministère de la marine (futur Service hydrographique). Il commence alors une analyse des journaux de bord archivés et dresse un premier Pilot Chart de l'Atlantique-Nord. Le capitaine du Wright qui effectuait des traversées entre Baltimore et Rio de Janeiro avec des cargaisons de farine et de café accepte de suivre les instructions de Maury. Résultat, il gagne 17 jours à l'aller comme au retour sur les temps de voyage habituels. La nouvelle se propage. Matthews F. Maury accepte de donner gratuitement une carte à d'autres capitaines, mais uniquement en échange de leur dernier journal de bord dûment remplis, lui permettant ainsi d'enrichir sa base de données sur l'ensemble des océans. En 1851, mille navires américains envoyaient leurs observations aux services de Maury. Grâce à son activisme, la conférence maritime de Bruxelles peut se tenir en 1853, il y représente les Etats-Unis d'Amérique et en est l'animateur. Il publie en 1855 "The Physical Geography of the Sea", considéré aujourd'hui comme le premier livre d'océanographie. Il sera traduit en cinq langues.

Sa brillante carrière d'océanographe va brutalement s'arrêter. Sudiste convaincu, le 20 avril 1861, soit trois jours après la sécession de la Virginie, il démissionne de la Navy pour se mettre au service du gouvernement confédéré. Il est élevé au rang de Commander et nommé chef du bureau de défense des côtes, ports et rivières. Pendant les années suivantes de guerre civile, il s'investit dans l'acquisition de navires de guerre, la défense des ports et l'expérimentation de mines sous-marines électriques (les premières torpilles). A la fin de la guerre, il s'exile quelques années en Angleterre avant de pouvoir retourner aux USA ou il termine sa carrière comme professeur de Météorologie à l'Institut militaire de Virginie

Pour en savoir plus

L'annonce du séminaire/anniversaire de la conférence maritime de 1853
http://ioc.unesco.org/iocweb/news/items2003/Brussels.pdf

Le site de l'atelier CLIMAR II
http://www.cdc.noaa.gov/coads/climar2/climar2_cele.html

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