ifremer Ifremer environnement
© Alain Le Magueresse, Ifremer
Arcachon
Surveillance Résultats Votre région

 

Documents
Rechercher
Rechercher
Plan du site Contact Copyright Crédits

Accueil > Actualité > 2003 > >

Bloom de coccolithophorides sur le littoral atlantique

07/10/2003

200310702cocospheresmini.jpg

La période de calme associée à une forte intensité lumineuse en septembre a provoqué dans les eaux du littoral atlantique, enrichies d'éléments nutritifs de la Gironde et de la Loire, un bloom phytoplanctonique.

Des observations au microscope optique du laboratoire côtier de l'IFREMER à Concarneau révèlent, depuis le 08 septembre, la présence de plusieurs espèces de coccosphères. La majorité d'entre elles est immobile car dépourvue de flagelles et de très petite taille, de l'ordre de quelques microns. Seules des observations au microcope électronique à balayage pourraient confirmer qu'il s'agit essentiellement d' Emiliania huxleyi. L'extension de ce bloom algal a été confirmé par les images du satellites SeaWIFS de la NASA.

200310702cocospheresSeawifs

Image du satellite SeaWiFS lors de son passage sur le golfe de Gascogne, le 9 septembre 2003. Les coccolithes sont facilement identifiables de l'espace du fait de leur aspect blanchâtre. Le masque "coccolithes", représenté par la couleur vert-laiteux sur cette image, est quotidiennement appliqué sur les images SeaWiFS. En sud Bretagne, du fait de la présence de nuages le 9 septembre, les coccolithes sont difficilement discernables. En revanche, on observe sans ambiguïté leur présence sur toute la côte de la Loire à la Gironde. Déjà observé le 8 février 2003 à la côte, les apparitions de coccolithophoridés semblent s'étendre à des secteurs nouveaux, différents de leur région de prédilection que sont les accores du plateau continental et la mer celtique.

Les coccolithophorides sont des algues unicellulaires dont le représentant actuel le plus répandu est Emiliania huxleyi. Chaque cellule vivante (coccosphère) est recouverte d'un assemblage d' écailles calcifiées appelées " coccolithes ". Ce calcaire est puisé dans le stock de carbone des océans. A la mort de l'algue, le squelette tombe vers le fond des océans ; les coccolithes se dissocient et s'accumulent pour constituer le composant majeur des boues crayeuses. En raison de ce mécanisme de formation de calcaire qui se superpose à la fixation du dioxyde de carbone par la photosynthèse, Emiliania huxleyi joue un rôle essentiel dans la régulation de la teneur en dioxyde de carbone de l'atmosphère. Il modère donc l'augmentation actuelle de l'effet de serre.

Lorsque cette microalgue trouve des conditions favorables de croissance (essentiellement la lumière et les éléments nutritifs), sa multiplication sur de vastes étendues océaniques (on parle alors de blooms, ou de floraison phytoplanctonique) produit des marées turquoises suffisamment importantes pour être visibles de l'espace (taches blanches sur les images satellites) : cette coloration provient de la réflexion de la lumière par les cellules de carbonate de calcium.

Le mucilage de ces algues, lorsqu'elles sont en trop grand nombre, peut bloquer les branchies des poissons. De même, elles produisent du DMS, produit répulsif pour les poissons qui peuvent alors changer de route de migration.

Pour en savoir plus

Le site du laboratoire côtier de Concarneau
http://www.ifremer.fr/delcc/home.htm

Le site de l'IFREMER sur la télédétection du phytoplancton
http://w3.ifremer.fr/delec/projets/teledetection/teledet.htm

 

fermer

Lire la suitelire