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Du pétrole dans les sédiments d'un marais, plus de 30 ans après la marée noire

07/01/2003

Dans la nuit du 15 septembre 1969, par un fort brouillard, la barge "Florida" tirée par un remorqueur, s'échoue sur un banc de sable de la Buzzards Bay (Massachusetts). Ses six cents tonnes de fioul n° 2 destinées à une centrale d'électricité, se déversent dans la baie. Une partie, poussée par les vents, s'échoue dans les marais de Wild Harbor situés non loin du centre de recherche océanograhique de la prestigieuse Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI). Huit jours après, des quantités d'oiseaux, crustacés, mollusques, poissons s'amoncellent le long de la laisse du rivage. Le mois qui s'en suit est appelé le " silent fall " par les locaux.

A cette époque, la connaissance de l'impact des hydrocarbures sur l'environnement est à ses balbutiements. Le fioul disparaissant, la plupart des gens pensent que la crise est passée. Des scientifiques de la WHOI, tel le géochimiste Max Blumer qui a effectué des analyses par chromatographie en phase gazeuse des sédiments et des coquillages dès le lendemain de la catastrophe et pendant les semaines qui s'en suivirent, n'en sont pas convaincus et poursuivent leurs investigations. De ses nombreuses études, Max Blumer montra par exemple que les hydrocarbures sont toxiques pour l'environnement, et au cours d'une audition auprès du Congrès Américain, il témoigne que leurs effets sur l'environnement pourrait être plus nocifs et durer beaucoup plus longtemps qu'on ne le pensait alors. Sa déposition sera à la base du Oil Pollution Act of 1972.

Les conséquences de cette marée noire, infime comparée à celles de l'Erika, du Prestige, ou de l'Exxon Valdez, sont ainsi suivies jusqu'en 1989 : vingt ans après, les hydrocarbures sont toujours mis en évidence dans les sédiments. La mini marée noire du Florida est devenue célèbre pour être l'une des mieux étudiée avec celle de l'Exxon Valdez.

En août 2000, une équipe de scientifiques de la WHOI et de la United States Coast Guard Academy, conduite par le chimiste Christopher Reddy, revisite le site et prélève dans le marais de Wild Harbor une carotte de sédiment de 36 centimètres. Si les analyses ne détectent pas de résidus de fioul dans les 6 premiers centimètres, les 22 centimètres suivants contiennent des hydrocarbures dans des concentrations analogues (entre 12 et 16 cm) à celles observées en 1969, peu après leur déversement dans la baie. Les auteurs estiment que les hydrocarbures dans de tels sites peuvent subsister indéfiniment, en raison de la faible action de la marée et faute d'activité microbienne suffisante.

Ces résultats ont été publiés dans la revue Environmental Science and Technology (Reddy, C. M.; Eglinton, T. I.; Hounshell, A.; White, H. K.; Xu, L.; Gaines, R. B.; Frysinger, G. S.; Environ. Sci. Technol.; (Article); 2002; 36(22); 4754-4760. DOI: 10.1021/es020656n)

Cet article est téléchargeable à l'adresse :
http://pubs.acs.org/journals/query/subscriberSearch.jsp
en y indiquant le nom de la revue et le DOI (Digital Object Identifier)

20030107buzzardsbaysat525


image du satellite Landsat, avec le cap Code et la baie des Buzzards

 

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