ifremer Ifremer environnement
© Alain Le Magueresse, Ifremer
Arcachon
Surveillance Résultats Votre région

 

Documents
Rechercher
Rechercher
Plan du site Contact Copyright Crédits

Accueil > Actualité > 2003 > >

La boussole et l'orchidée, au musée des Arts &; Métiers

09/12/2003

Le musée des Arts & Métiers (60, rue Réaumur - 75003 Paris), en collaboration avec le Muséum National d'Histoire Naturelle, présente jusqu'au 30 mai 2004 une exposition consacrée au voyage d'Alexander von Humboldt et d'Aimé Bonpland, de 1799 à 1804 à travers les colonies espagnoles, de l'Atlantique au Pacifique.

L'exposition s'articule sur l'organisation de cette expédition scientifique qui croise les observations et mesures de géologie, physique, géographie, et celles de botanique et zoologie. Y sont présentés plus spécialement des instruments scientifiques de cette époque provenant des collections du Musée des Arts et Métiers et des spécimens des collections de plantes du Muséum dont certains proviennent de la donation d'Aimé Bonpland à son retour en France. Quelques pièces ont été prêtées par d'autres musées ou établissements. Le bureau et l'écritoire d'Humboldt proviennent de l'Observatoire de Paris, dont François Arago, ami d'Humboldt, fut le directeur au début du XIXe siècle.

Le baron Alexander von Humboldt, ingénieur des mines de Fribourg, conçut de bonne heure l'idée d'une vaste exploration scientifique. A la mort de ses parents, il vend sa part d'héritage et se rend en 1797 à Paris pour réaliser sa vocation. Il y rencontre Aimé Bonpland, médecin naturaliste qu'il associe à son projet. Ils embarquent tous les deux à La Corogne en juin 1799 pour un voyage qui va durer cinq ans et les mener dans ces contrées devenues depuis le Vénézuéla, la Colombie, Cuba, l'Equateur, le Pérou et le Mexique. C'est en mesurant la température de l'eau de mer au large de Callao au Pérou qu'il met en évidence le courant froid qui remonte vers le nord, connu aujourd'hui sous le nom de courant de Humboldt, ou courant du Pérou, auquel est associé un upwelling dû à l'alizé austral (avec pour conséquence une forte productivité planctonique et des pêcheries, des brouillards côtiers tenaces - le garua du Pérou - et des déserts à l'intérieur des terres qui avaient questionné Humboldt et l'avait amené à effectuer des mesures de température en mer). Leur voyage s'achève à Bordeaux en août 1804.

Humboldt se fixe alors à Paris pour y rédiger plusieurs ouvrages dont son célèbre "Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent" ouvrage en six parties dont la publication ne demandera pas moins de vingt ans (et dont Bonpland rédigera la partie botanique). Cet ouvrage marque la naissance de la biogéographie. Paul Vidal de la Blache, le fondateur de l'Ecole française de Géographie dira de Humboldt (dans le "Principe de la géographie générale" paru dans les annales de géographie en 1896 : " Botaniste passionné, il inocule à la géographie la méthode de classification des sciences naturelles, mais le principe sur lequel il fonde ses types de physionomie végétale, exprime le rapport de la plante avec le milieu physique. La botanique devient géographie, en étudiant ce qui dans la physionomie des formations végétales reflète l'altitude, le degré d'humidité ou de sécheresse de l'air, etc. Dans la multiplicité des sujets, sur lesquels s'est exercée sa pensée, il cherche toujours à constituer le tableau de l'ensemble des faits, bien certain, leur répartition terrestre une fois connue, les rapports se présenteront de même à l'esprit. C'est ainsi que des observations de températures qu'il peut réunir, il tire le tracé des lignes isothermes".

20031209humboldtbonpland

 

fermer

Lire la suitelire