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Mortalité de poissons en Côte d'Armor

08/09/2003

Au cours de la semaine du 15 août, le laboratoire d'environnement côtier de l'IFREMER à Saint-Malo a observé, dans le cadre du réseau de surveillance REPHY, la présence de l'espèce Karenia mikimotoi, ( ex. Gymnodinium nagasakiense ) dans la zone de Saint-Cast. Les concentrations détectées étaient alors de 405 000 cellules/litre.

Le semaine suivante, le Comité local des pêches maritimes de Saint-Brieuc alertait les Affaires Maritimes et l'IFREMER a propos de fortes mortalités de poissons au large du cap Fréhel. Les pêcheurs locaux avaient constaté :

  • à partir du milieu de la semaine précédente, une baisse brutale du rendement de la pêche à l'Est du cap Fréhel ;
  • au cours du week-end , des observations de roussettes nageant en surface au large de Fréhel ;
  • depuis le week-end , des captures au chalut de fond de poissons morts de toutes espèces en baie de St Brieuc par 30-40 m de profondeur : barbue, Saint-Pierre, bar et roussette...

L'origine de ces mortalités a été confirmé par l'IFREMER qui a détecté des concentrations atteignant 557 000 cellules au litre le 18 août, toujours au large de Saint-Cast. Cette efflorescence de K. mikimotoi peut être reliée aux effets de la canicule. Aux coefficients de marée de morte-eau, très faibles, autour du 15 août, s'ajoutaient un ensoleillement très fort et des températures de surface de l'eau de mer très élevée ; à Saint-Brieuc, elles atteignaient 22 à 23 degré, soit trois degrés de plus que la normale.

L'impact de ce bloom phytoplanctonique sur les gisements de coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc sera prochainement connue, à la suite d'une campagne de reconnaissance de l'IFREMER.

Karenia mikimotoi

En France cette microalgue est présente en Manche et en Atlantique et a été pour la première fois signalée en 1976 en baie de Douarnenez. puis en rade de Brest en 1983, 1985 et 1995. Enfin, en août 2002, une eau brune à Karenia mikimotoi était également présente en rade de Brest (http://envlit.ifremer.fr/infos/actualite/2002/efflorescences_a_karenia_mikimotoi_dans_le_finistere). En 1995, l'efflorescences de K.mikimotoi s'était traduite par des mortalité massives d'oursins, de palourdes, de bigorneaux, d'huîtres, de moules, de poisson plats et de congres. Les concentrations de Karenia avaient atteint plusieurs millions de cellules par litres. Dans les élevage il avait été noté :

  • des automutilations sur les crustacés et des mortalités d'oursin (CEMPAMA)
  • des arrêts de croissance de coquilles St Jacques (écloserie du TINDUFF)

L'espèce Karenia mikimotoi (que l'on trouve également sous les appellations Gyrodinium aureolum puis Gymnodinium nagasakiense) est présente dans tous les océans. C'est l'un des dinoflagellés responsables d'eaux colorées les plus communs en Europe du Nord. Ses proliférations sont associées à des mortalités parfois massives d'organismes marins vertébrés ou invertébrés mais contrairement à Dinophysis sp. ou Alexandrium minutum, cette microalgue n'a jamais été reconnue responsable d'intoxication humaine consécutive à la consommation d'animaux qui se seraient trouvés en contact d'une "eau colorée".

L'espèce se développe notamment au niveau des zones frontales et dans les eaux stratifiées. Ses proliférations sont souvent liées à une période de temps calme et chaud et à une faible turbulence de l'eau. A des concentrations supérieures à un million de cellules au litre, les blooms forment des eaux colorées de couleur brun foncé. L'augmentation très rapide des concentrations cellulaires dans les zones de blooms peut s'expliquer en partie, par des facteurs de concentration verticaux (migration des cellules) et horizontaux (courants, vents).
http://envlit.ifremer.fr/var/envlit/storage/documents/portfolios/portfolio20020802/portfolio_album.html

Cette espèce qui émet des substances agressives pour le milieu et toxiques pour les poissons atteint les membranes cellulaires et les cellules sanguines endommageant principalement les branchies.. Celles-ci sécrètent du mucus qui, en réduisant la diffusion de l'oxygène, peut contribuer à la mortalité des organismes. Les symptômes constatés sur les poissons sont la nécrose du tissu épithélial des branchies et de l'appareil digestif. Des comportements inhabituels de certains poissons ont également été observés tels qu' un état de "somnolence" de congres et une remontée de poissons plats en surface.

Chez les coquilles Saint Jacques, des mortalités de post-larves ainsi que des déformations irréversibles de la coquille et des arrêts de croissance pour les stades adultes ont également été observés. Le seuil de nocivité varie pour les espèces suivant les concentrations algales. Des observations ont montré que des eaux colorées à 0.5 millions de cellules au litre auraient provoqué des nécroses du foie chez des saumons. Des densités de l'ordre de 0.8 millions au litre sont fatales pour les post-larves de pectinidés.

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