ifremer Ifremer environnement
© Alain Le Magueresse, Ifremer
Arcachon
Surveillance Résultats Votre région

 

Documents
Rechercher
Rechercher
Plan du site Contact Copyright Crédits

Accueil > Actualité > 2004 > >

Le bloom de Phaeocystis en Manche orientale

02/12/2004

Le rapport interne de l'Ifremer sur "Le bloom de Phaeocystis en Manche orientale : nuisances socio-économiques et/ou écologiques ?" par Alain Lefebvre et Jean-Paul Delpech, est mis en ligne sur ce site à l'adresse :

Le bloom de Phaeocystis en Manche orientale / Alain Lefebvre et Jean-Paul Delpech, septembre 2004 - Document Pdf

La vie marine, comme la vie terrestre, est marquée par les saisons. Associé à l'éclairement solaire, l'augmentation de la température de l'eau au début mars crée des conditions favorables à la reprise de la vie que les conditions hivernales inhibaient. Cela est d'autant plus facile que le stock de sels nutritifs (les sels azotés, phosphates et silicates), ces véritables engrais de la mer, a pu se reconstituer pendant l'hiver, en partie par les apports des rivières. Toutes les conditions sont alors prêtes pour l'arrivée du printemps.

Celui-ci se fait tout d'abord ressentir au niveau du phytoplancton. En mars, aux quelques espèces hivernales viennent s'en ajouter d'autres qui vont se multiplier et se succéder. La variété des espèces est grande alors, dominée au fil des semaines par l'explosion en chaîne d'espèces prédominantes Mais tout ceci n'est pas visible à l'oeil nu. Seul le microscope permet de déceler ces prolifération lors d'analyse d'échantillons d'eau de mer. Dans un litre d'eau, ce sont plusieurs millions de cellules phytoplanctoniques qui peuvent être comptés. Le zooplancton prend lui aussi son essor avec un léger retard sur le phytoplancton, en s'alimentant sur cette biomasse végétale.

En Manche orientale, entre avril et mai, la mer est le théâtre d'un étrange dysfonctionnement de l'écosystème reliés (à tort ou à raison) à l'activité humaine le long des côtes et plus ou moins important selon les années. En quelques jours, la couleur de la mer passe du gris bleu au vert brun, parfois elle devient même quasiment brune. Lorsque la brise porte sur la terre, toute la côte s'imprègne d'une odeur nettement perceptible : "ça sent la mer". A la côte, lorsque la mer se retire avec la marée, elle abandonne sur l'estran une écume révélatrice de la richesse organique des eaux.

Le responsable est une algue nanoplanctonique, baptisé il y plus d'un siècle Phaeocystis globosa par les scientifiques, mais appelé régionalement sous différents nom imagés tels que "limon" ou "crasse". L'attention a été attirée au début du XXe siècle par les effets négatifs de cette algue qui, lors des proliférations, colmate les filets des pêcheurs. D'autres nuisances sont décrites sur la pêche aux maquereaux et celle aux harengs qui éviteraient ces eaux gluantes. Phaeocystis produirait des toxines létales, toxiques pour les alevins de harengs.

Cette pullulation de Phaeocystis peut durer plus d'un mois. C'est souvent une tempête qui y met un terme, ou plutôt, qui favorise son départ en beauté. Le brassage de l'eau provoque alors une écume, très abondante certaines années, si abondante que tout le littoral peut en être recouvert, avec, en certains endroits, des épaisseurs de plus d'un mètre. Pendant ces tempêtes, alors que le vent souffle et qu'au large la mer tumultueuse se déchaîne, à la côte, il n'y a plus que le silence des vagues, amorties et étouffées par l'écume. Quelques jours plus tard, l'écume a disparu. La mer a repris ses couleurs.

Pour déterminer la part des causes naturelles et anthropogènes de l'apparition du bloom et évaluer les conséquences sur l'écosystème marin et ses usagers, le PNEC (programme national environnement côtier) a initié en 2002 des recherches pluridisciplinaires sur les blooms de Phaeocystis en Manche-Est. Quatre thématiques y sont abordées :

  • Extension Sud - Nord du bloom de Phaeocystis et suivi temporel;
  • Dynamique et Cycle de vie de l'algue à petite échelle ;
  • Influence du bloom sur la structure et la productivité du réseau trophique planctonique ;
  • Nuisance d'un point de vue socio-économique et/ou écologique du bloom.

Le rapport mis en ligne présente les premiers résultats de cette dernière thématique.

20041201phaeocystisopale525 Photo Hubert Grossel : écume de Phaeocystis sur la côte d'opale

 

fermer

Lire la suitelire