ifremer Ifremer environnement
© Alain Le Magueresse, Ifremer
Arcachon
Surveillance Résultats Votre région

 

Documents
Rechercher
Rechercher
Plan du site Contact Copyright Crédits

Accueil > Actualité > 2004 > >

Le déclin de la faune sauvage terrestre expliqué par la diminution des pêcheries en Afrique de l'Ouest

14/12/2004

"Dans un article publié dans Science (Brashares et al., Bushmeat Hunting, Wildlife Declines, and Fish Supply in West Africa, Science 2004 306: 1180-1183), une collaboration internationale entre plusieurs groupes scientifiques de recherche, dirigée par une équipe britannique de l'Université de Cambridge, démontre que le déclin de la vie sauvage terrestre dans les pays d'Afrique de l'Ouest est directement relie à la quantité pêchée de poissons marins ou d'eau douce. Les efforts déployés pour surveiller et réguler le marché de viande de gibier sont fondés sur l'hypothèse que la consommation de celle-ci résulte de la limitation de la quantité de protéines disponible pour la population, et que par conséquent, une augmentation des stocks et de la production agricole réduirait la dépendance de l'homme vis-à-vis des sources de nourriture sauvage.

Les collaborateurs ont comparé, à l'aide de données s'étalant sur près de 30 ans entre 1970 et 1998, les vitesses du déclin de 41 espèces d'animaux sauvages carnivores dans six réserves au Ghana (primates et herbivores) avec les réserves poissonnières de la région. Au Ghana, comme dans la majorité des pays tropicaux, les mammifères sauvages terrestres représentent la source secondaire d'apport protéique, derrière le poisson qu'il soit marin ou d'eau douce. Pour tester ces hypothèses -diminution de la biomasse sauvage terrestre les années ou les stocks de poissons sont faibles- et identifier les mécanismes résultant en un tel scénario, les collaborateurs ont examiné les variations dans la fréquence de chasse au sein des réserves naturelles, les volumes de ventes, les prix dans les marchés locaux et les tendances géographiques.

L'étude démontre que les années au cours desquelles les réserves de poissons s'appauvrissent coïncident avec l'augmentation du nombre d'animaux sauvages chassés dans les réserves naturelles, avec pour conséquence le déclin de la biomasse des 41 espèces étudiées. Ces résultats se sont avérés être indépendants d'autres facteurs tels que la pluviosité, le changement de températures, les cycles politiques, le prix du pétrole ou encore le PIB. De façon intéressante, cette étude rapporte que, (i) le nombre de chasseurs dans les réserves naturelles est inversement proportionnel au volume de pêche; (ii) le prix du poisson sur les marchés locaux, les années maigres, corrélé de façon négative avec les volumes de ventes et de façon positive avec les ventes de viande de gibier ; (iii) ces relations de causes à effet sont plus prononcées dans les zones côtières que dans l'intérieur du pays (ou elles sont tout de même significatives). Les données provenant des marchés locaux démontrent un lien direct entre les stocks de poissons et la demande de viande de gibier dans les villages, indiquant que cette viande représente un aliment de substitut dans cette région d'Afrique de l'Ouest. Par ailleurs, les enquêtes menées dans le Golfe de Guinée, depuis 1977, montrent que la biomasse des poissons dans les eaux proches ou lointaines de la côte a été réduite d'au moins 50%, et que la population de cette région a triplé. Alors que les volumes de pêches se sont accrus, les stocks par individu ont nettement diminués. Il existe donc un réel danger de voir disparaître entièrement les stocks de la région. Selon les auteurs de l'étude, une manière immédiate et radicale d'augmenter la production et le renouvellement des réserves poissonnières domestiques, et donc de réduire les risques d'extinction d'espèces sauvages terrestres, serait de limiter l'accès des eaux concernées aux flottes étrangères très subventionnées, en particulier celles de l'Union Européenne. A plus long terme, une gestion rigoureuse devra devenir une priorité régionale de conservation et d'économie pour augmenter les stocks de poissons et stabiliser les quantités pêchées. Faire en sorte que les quotas de pêche soient appliqués permettrait un rebond immédiat pour les ressources marines disponibles pour les poissonniers locaux."

Extrait du BE Royaume-Uni numéro 51 du 9/12/2004, rédigé par l'Ambassade de France à Londres et diffusé par l'ADIT

Retrouvez tous les BE sur http://www.bulletins-electroniques.com

Abonnement gratuit par email : subscribe.be.royaumeuni@adit.fr

Pour en savoir plus

Le communiqué de presse (en français) de l'American Association for the Advancement of Science

http://usinfo.state.gov/francais/sustain/f4111502.htm

 

fermer

Lire la suitelire