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Certaines "turistas" peuvent s'éviter simplement

04/03/2005

Les autorités du centre et du sud du Chili ont conseillé aux nombreux touristes étrangers actuellement en visite dans le pays d'éviter la consommation de fruits de mer crus. "Nous sommes en train d'informer les touristes à travers nos bureaux régionaux sur les précautions à prendre face à la contamination de fruits de mer", a déclaré à l'AFP le directeur du service national du tourisme Sernatur, Sebastian Iglesias. Selon lui, il n'y a pas lieu de paniquer "car l'on peut facilement prévenir (l'intoxication) en évitant de manger des crustacés crus".

La bactérie, le vibrion para-hémolytique, qui provoque des vomissements, des diarrhées et une forte fièvre, a causé le décès d'une femme de 65 ans, qui était en visite à Puerto Varas, à 990 km au sud de Santiago, et y avait mangé des fruits de mer sur un marché. Outre le cas de Puerto Varas, plus de 3.000 intoxications liées à la bactérie ont été signalées à Osorno, Temuco, Concepcion et dans la baie de Valparaiso, à 120 km à l'ouest de Santiago, selon les autorités sanitaires."Nous allons probablement l'avoir pendant toute la période de l'été" austral, a indiqué le ministre chilien de la Santé Pedro Garcia à propos de la présence du micro-organisme sur les côtes chiliennes.

Selon des sources médicales, la majorité des 3.000 personnes intoxiquées ont été soumises à des thérapies d'hydratation et leur vie n'est pas en en danger. La bactérie aurait proliféré pendant l'été austral sur les côtes chiliennes à cause d'une élévation inhabituelle de la température de l'eau de mer, provoquée par la résurgence du phénomène El Niño. Le Chili prévoit un afflux record de touristes étrangers pour cette saison estivale, après en avoir accueilli 1,785 million en 2004, dont un tiers venu de l'Argentine voisine et 20% des pays européens, surtout de France, Allemagne, Grande-Bretagne et Belgique.

Les vibrions, bactéries impliquées dans les 3000 cas d'intoxications au Chili:

L'élévation inhabituelle de la température de surface de l'eau de mer provoquée par la résurgence du phénomène El Niño (http://www.meteochile.cl/ninonina_fig01.html) est vraisemblablement l'un des facteurs majeurs expliquant la prolifération de ces vibrions dans l'environnement marin chilien et en conséquence leur concentration plus importante dans les coquillages et autres produits de la mer.

Ces vibrions sont généralement peu présents au niveau des estuaires du littoral français et rarement décelés dans les produits de la mer français. Entre 1995 et 1998, 7 cas humains d'infections à Vibrio parahaemolyticus ont été identifiés par le Centre National de Référence des Vibrions et du Choléra (CNRVC), Institut Pasteur, Paris (http://www.pasteur.fr/sante/clre/cadrecnr/vibrions-index.html), dont 2 liés à la consommation de fruits de mer et 5 au retour de voyages en Asie (Vietnam et Thaïlande). En 2001, 100 cas sont répertoriés et tous liés à la consommation de moules en provenance d'Irlande. En 2003 (année de l'été caniculaire) seuls 11 cas humains d'infections à vibrions non cholériques ont été identifiés, dont 3 à V. parahaemolyticus. Ce qui montre que sur le littoral français, un réchauffement des eaux comme celui de 2003, qui peut provoquer la multiplication de ces bactéries, n'a pas eu les effets observés au Chili.

Ces quelques exemples indiquent que ces infections sont très peu nombreuses en France. Cependant, il faut rester vigilant et, devant le potentiel épidémique de ces infections, savoir que leur sévérité dépend non seulement de la souche de vibrion mais surtout du terrain (âge, antécédents pathologiques, hépatiques ou autres) du sujet malade. Dans ce dernier cas, la consommation de coquillages ou de fruits de mer crus ou mal cuits est à proscrire. Il est également important de souligner que moins de 1% des souches V. parahaemolyticus isolées de produits de la mer importés en France en 2003 possédait un gène codant pour une hémolysine à l'origine des gastro-entérites. La présence de telles souches dans l'environnement marin français est du même ordre.

Depuis 5 ans, Le Laboratoire de Microbiologie, Département Environnement, Microbiologie et Phycotoxines (IFREMER, Brest - http://www.ifremer.fr/microbio/) a mis en place des études pour rechercher cette bactérie et ce, conjointement avec le Laboratoire National de Référence (LNR) "Microbiologie des Coquillages". Il met au point des tests rapides pour la détection de ces vibrions potentiellement pathogènes pour l'homme dans l'environnement (coquillages, eau, sédiment...) et dans des coquillages en provenance d'autres pays européens dans le but d'évaluer le risque sanitaire associé à la présence de ces vibrions dans l'environnement marin. Le Laboratoire de Microbiologie coordonne et participe à deux projets européens:

  • SEAFOODPlus (SEABAC) qui concerne le développement d'une méthode de quantification en temps réel (Real Time PCR) de ces bactéries, et,
  • CYCLEAU (InterregIIIB - Bélon) qui évalue leur présence potentielle dans une zone conchylicole économiquement importante, la rivière du Bélon.

Deux autres projets ont été proposés :

  • Ecologie des Vibrio dans les milieux aquatiques lagunaires en Méditerranée et ,
  • Mise en place d'un système d'alerte en temps réel (via satellite) pour prévenir la présence des maladies associées à la présence de Vibrio en Méditerranée en collaboration avec les Universités de Montpellier et Rennes, le Centre National d'Etude Spatiale, l'Agence Spatiale Européenne, l'Institut Pasteur (Paris) et l'Institut de Recherche et Développement (Montpellier).

Pour en savoir plus

La protection du consommateur de coquillage :

Surveillance > Microbiologie sanitaire

 

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