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Attaque aérienne de la microalgue Ostreopsis ovata : le retour

09/08/2006

Ostreopsis ovata est une algue microscopique faisant partie du phytoplancton. Le genre Ostreopsis est un dinoflagellé benthique dont Ostreopsis ovata est la plus petite espèce (40-50 µm). Cette espèce a été identifiée notamment dans l'Océan Pacifique (Nouvelle Calédonie, Polynésie française, Iles Ryukyu) et les Caraïbes. Elle est connue de longue date en Mer Tyrrhénienne, où un effet notable de ses blooms a été enregistré en 1998 en Italie sur la côte toscane et ligurienne (irritations de la peau, problèmes respiratoires et fièvre), puis en 1999 (mortalités de poissons) et 2001 (irritations de la peau chez des baigneurs). La toxine produite par Ostreopsis ovata a été identifiée comme une palytoxine (du nom du genre du corail Palythoa dans lequel elle a été détectée pour la première fois). Cette toxine est susceptible de se concentrer dans la chaîne alimentaire (coquillages et poissons). Des espèces du genre Ostreopsis sont soupçonnées de contribuer à l'intoxication par la ciguatera dans les poissons. Des recherches sur la palytoxine et sur ses effets toxicologiques sont donc menées par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA).

Ostreopsis ovata vit généralement au fond de la mer. Elle remonte à la surface de l'eau lors de la floraison et relâche alors une neurotoxine qui peut être transportée dans l'atmosphère par les aérosols marins. Durant le mois de juillet 2005 à Gênes (Italie), une concentration inhabituelle de cette algue, sur une étendue de rivage de cinq kilomètres, a produit une importante quantité de toxine, entraînant l'intoxication de nageurs et de personnes présentes sur la plage. La commune de Gênes avait donc fermé le secteur à la baignade pour quelques jours. Depuis le 31 juillet 2006, un nouvel épisode sévit sur la côte génoise, où l'hospitalisation d'un homme d'une soixantaine d'années a conduit à l'interdiction d'accès à deux plages. Ostreopsis a également été détectée près de Rome et en Sicile, avec fermeture de plages. La recrudescence des événements à Ostreopsis ovata serait due au réchauffement important des eaux consécutivement à la canicule du mois de juillet.

Une algue du genre Ostreopsis a été observée ces jours-ci dans une calanque de l'île du Frioul avec un recouvrement des rochers par un tapis de mucus contenant ces algues. Des oursins et des coquillages morts ont également été observés. Une identification précise est en cours pour savoir s'il s'agit de l'espèce Ostreopsis ovata.

Le réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines (REPHY) de l'Ifremer surveille de façon régulière les eaux côtières en identifiant et dénombrant l'ensemble des espèces phytoplanctoniques présentes dans des échantillons d'eau. La détection de cette espèce particulière est rendue difficile par le fait qu'en tant qu'organisme vivant sur le fond (benthique) elle est rarement présente dans la colonne d'eau. Néanmoins elle a déjà été observée entre 1994 et 1997 en Camargue, dans le golfe de Fos, dans la rade de Toulon et dans la baie de Villefranche/Mer. Les aspects sanitaires éventuels sont pris en charge par les services du Ministère de la santé (DDASS, Institut National de Veille Sanitaire et AFSSA).

20060722ostr3 Ostreopsis ovata - photo Françoise Marco-Miralles / Ifremer

Pour en savoir plus

L'épisode à Ostreopsis de 2005 :

Attaque aérienne d'une microalgue : Ostreopsis ovata

 

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