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Petites nouvelles sur les récifs coralliens en Australie

15/01/2007

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"Le Centre d'excellence sur l'étude des massifs coralliens (ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studies - CoECRS) est un partenariat sur cinq années entre l'Université James Cook, l'Australian Institute of Marine Science (AIMS), l'Université Nationale Australienne, le Great Barrier Reef Marine Park Authority (GBRMPA) et l'Université du Queensland. Un des programmes du centre a pour mission d'essayer d'enrayer le blanchiment d'un massif corallien situé près de l'île Orpheus dans la Grande Barrière de corail, et d'en restaurer la santé primitive. Une étude menée à l'Université James Cook a consisté à observer le comportement de divers poissons herbivores locaux vis a vis d'une macroalgue brune, la sargasse, dont la biomasse a augmenté pendant les dernières décennies, induisant ainsi des modifications de la communauté récifale; leurs résultats sont surprenants. En effet des poissons comme le perroquet de mer et le poisson chirurgien n'ont fait que grignoter les algues, alors que le poisson chauve-souris ( Platax pinnatus) a englouti les algues en l'espace de deux mois. La première surprise réside dans le fait que les poissons chauve-souris sont généralement considérés comme étant des mangeurs de plancton, et la seconde est la rapidité avec laquelle les poissons ont décimé les algues. Il a suffit seulement de cinq jours pour en dévorer la moitié et de huit semaines pour en débarrasser complètement les coraux et leur permettre ainsi de reprendre une croissance normale. Ces résultats démontrent à nouveau le besoin de préserver les mangroves côtières en déclin qui sont les viviers naturels de ces espèces de poissons. D'autres animaux nettoyeurs d'algues comme le dugong et la tortue verte sont eux des espèces sérieusement menacées d'extinction. Selon les chercheurs du CoECRS, cette étude montre que les massifs coralliens peuvent s'adapter au changement climatique actuel qui est fréquemment tenu pour responsable du blanchiment et de la prolifération des algues, et qu'ils ont déjà commence à s'adapter.

20070115im5_400 Platax pinnatus broute les algues - source http://www.coralcoe.org.au/

Le suivi régulier de l'état de santé des récifs coralliens est nécessaire à une gestion et une protection durables. Les opérations de suivi de la Grande Barrière de corail sont effectuées par le CSIRO, l'Université James Cook, l'Institut Australien des Sciences Marines et la Great Barrier Reef Marine Park Authority. Cependant, compte tenu de la superficie des formations récifales qui s'étendent sur plus de 2000 km et couvrent environ 35 0000 km2, un suivi détaillé n'est exercé que dans quelques sites. Ces opérations de surveillance limitée sont généralement conduites par des plongeurs ou à l'aide de sondes enregistreuses et sont très coûteuses. Le CSIRO a conçu un véhicule sous-marin baptisé "Starbug" qui permettra d'intensifier les activités de surveillance biophysique à un moindre coût. Il s'agit d'un véhicule sous-marin inhabité complètement autonome, c'est à dire qu'il n'est pas amarré. Les risques d'enchevêtrement sont ainsi éliminés et un bateau de support n'est plus nécessaire. Le Starbug est léger (26 kg) et de petite taille; en effet il mesure seulement 1,2 m de long et peut être partiellement replié pendant le transport et ne mesurer alors que 0,8 m. Ses caractéristiques lui confèrent une grande manoeuvrabilité. Le véhicule est capable de naviguer dans des environnements non structurés à une altitude déterminée (jusqu'à 30 cm du fond) et à des profondeurs supérieures à 100 m dans des courants transversaux de l'ordre de deux noeuds. L'engin sous-marin a été conçu en prenant en compte ses fonctions principales qui consistent à réaliser des suivis vidéo le long de transects et des mesures de la qualité de l'eau des lagons. La navigation du robot s'effectue principalement à l'aide de capteurs de vision car les eaux des environnements coralliens sont généralement assez claires pour permettre une visibilité de plus de 2 mètres et possèdent une luminosité suffisante à des profondeurs de moins de 100 m. En outre, les informations visuelles fournies par ces milieux, comme la couleur des coraux, sont jugées satisfaisantes pour obtenir une estimation odométrique fiable à partir des capteurs de vision. La plateforme de capteurs du Starbug est basée sur un système développé par le CSIRO pour un hélicoptère autonome. Le véhicule comporte un nouveau type de propulseur qui réduit notablement la traînée. Des systèmes maintenant à l'étude au CSIRO permettront d'identifier à partir de la forme et de la texture de certaines espèces marines nuisibles comme l'étoile de mer appelée acanthaster pourpre (Acanthaster planci) qui se nourrit de tissus coralliens. Il sera alors possible d'évaluer de façon précise les variations de la densité de leurs populations pour une zone donnée, et de protéger celle-ci plus efficacement."

20070115starbug400 Le véhicule sous-marin "starbug" - Copyright CSIRO Australia, (29/11/2006)

Extrait du BE Australie numéro 49 du 12/011/2007 rédigé par l'Ambassade de France en Australie. Les Bulletins Electroniques (BE) sont un service ADIT et sont accessibles gratuitement sur :

http://www.bulletins-electroniques.com

Pour en savoir plus

Sur les expériences du CoECRS :

http://www.coralcoe.org.au/

Sur le Starbug :

http://www.csiro.au/csiro/content/standard/ps2j5.html

Sur l'état des récifs coralliens dans le monde :

Etat des récifs coralliens dans le monde en 2004

 

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