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Une microalgue qui pose problème

09/05/2005

La microalgue Alexandrium ostenfeldii perturbe actuellement l'activité ostréicole du bassin d'Arcachon. Elle est à l'origine d'une famille de toxines, les spirolides, dont la toxicité pour l'homme n'est pas démontrée, mais dont les effets sur les souris utilisées pour les contrôles sanitaires sur les coquillages sont bien réels.

Fin avril, les tests de détection de routine des toxines diarrhéiques (DSP) effectués par le Réseau de Surveillance du Phytoplancton et des Phycotoxines (REPHY), sur les huîtres et les moules du bassin se sont révélés positifs. Les symptômes de type neurologique présentés par les souris ont conduit à réaliser des analyses chimiques par spectrométrie de masse, afin de déterminer la nature exacte des toxines. Celles ci ont mis en évidence, dans les huîtres, des teneurs en acide okadaïque (la principale toxine diarrhéique), inférieures au seuil de sécurité sanitaire décrit dans la décision européenne de 2002 qui réglemente la surveillance des phycotoxines dans les coquillages. Mais la présence de spirolides dans ces mêmes coquillages a conduit les autorités sanitaires à en interdire la commercialisation.

Début mai, les spirolides sont retrouvées dans les huîtres, alors que les teneurs en acide okadaïque sont inférieures au seuil de quantification. Les résultats de tests souris réalisés en parallèle pour la détection d’éventuelles toxines paralysantes (PSP) se révèlent négatifs.

Parmi les espèces phytoplanctoniques observées depuis le début de cet épisode, on note Dinophysis (producteur de toxines diarrhéiques) à faible concentration, et plusieurs espèces d' Alexandrium dont Alexandrium ostenfeldii, connu pour être un producteur de spirolides.

Détectées pour la première fois au Canada en 1991, les spirolides sont un sujet d'étude relativement récent et la réglementation les concernant n'en est pas encore établie. L'origine de cette famille de polyethers macrocycliques, isolés et purifiés en 1995, n'a été attribuée au dinoflagellé Alexandrium ostenfeldii qu'en 1998. Bien que provoquant des symptômes caractéristiques chez la souris, les études pharmacologiques in vitro n'ont pas permis de mettre en évidence d'effet au niveau cellulaire qui auraient permis de préciser leur mode d'action, et donc d'ouvrir la possibilité d'établir des seuils de toxicité pour l'homme.

20050509AlexandriumOstenfel Alexandrium ostenfeldii - dissection - photo Elisabeth NEZAN / Ifremer

Pour en savoir plus

Sur les phycotoxines :

Frémy J. M. & Lassus P., 2001. Toxines d'algues dans l'alimentation. Éd. Ifremer, 560 p.

http://www.ifremer.fr/francais/produits/editions/index.htm

Sur le réseau REPHY :

Surveillance > Phytoplancton et phycotoxines

Le site du laboratoire Ifremer Environnement Ressources d'Arcachon :

http://www.ifremer.fr/delar/

 

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