(symbole Hg [=Hydrargyre = vif-argent]
Le mercure est un métal lourd (d = 13,59), liquide à température ambiante, qui présente un risque majeur pour l'écosystème marin et pour le consommateur humain, en raison de sa toxicité et de ses capacités de biomagnification par la chaîne alimentaire. Le mercure peut prendre les degrés d'oxydation 0, I ou II et former des liaisons covalentes stables en donnant ainsi des dérivés alkylés ou phénylés très toxiques. Dans l'environnement, les composés méthylés ont une place particulièrement importante dans le cycle biogéochimique. La méthylation du mercure a été constatée dans les sédiments sous l'action des micro-organismes et dans la colonne d'eau en présence de phytoplancton. Le monométhyl mercure (CH3)Hg+ ainsi formé à une très grande faculté de biomagnification dans les chaînes alimentaires et sa proportion augmente progressivement quand on passe d'un échelon trophique au suivant. En fin de chaîne alimentaire, le facteur de concentration atteint fréquemment 5.105. Les sédiments constituent un réservoir important de contamination mercurielle. C'est donc un compartiment essentiel à prendre en considération pour l'examen de l'impact des rejets de dragages. Sur l'ensemble du littoral français on trouve des concentrations moyennes de 0,04 à 1,2 µg.g-1 exprimées par rapport au poids sec ; le bruit de fond géochimique étant voisin de 0,1 µg.g-1. Les seuils létaux ou sublétaux rapportés pour le mercure en milieu marin sont de l'ordre de 1000 ng.l-1. Ces teneurs sont très supérieures aux concentrations mesurées dans le milieu. Pour le consommateur humain, les effets toxiques du mercure sont plus évidents. La capacité de concentration d'un facteur de 104 à 106 pour les poissons par rapport au milieu ambiant et la forte sensibilité de ce facteur à la présence de méthylmercure, rendent le milieu marin très sensible aux écarts de contamination du milieu. (ζ)
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Mise à jour : 09/06/2009