Poste de signalisation de la marine nationale établi sur une côte pour communiquer par signaux ou radio avec les navires naviguant en vue.
Dès les origines de la navigation, avec l’apparition des premières invasions venues de la mer, la surveillance des côtes est devenue le souci permanent des populations riveraines. Des postes de guet furent créés avec mission de surveiller le large, de découvrir les navires ennemis et de signaler leur approche. A l’époque romaine on comptait 3200 tours de guet réparties sur les 5600 km de littoral. En 1795 une ligne continue de vigies fut créée sous la direction de la Marine. Les transmissions se firent d’abord au moyen de pavillons. Plus tard à partir de 1807, on utilisera les Sémaphores dûs à l’invention, en 1801, du langange sémaphorique codifié par Charles Depillon, pour les sémaphores militaires du système côtier, et pour les transmissions avec la capitale, et en général dans l’intérieur du pays, le télégraphe optique civil de Chappe. Après l’Empire, les sémaphores furent supprimés de 1814 à 1858. Le service électro-sémaphorique fut créé en 1862. Les sémaphores modernisés étaient dotés d’un mât métallique orientable et reliés par télégraphe.
Actuellement les sémaphores sont classés en trois groupes selon leur situation géographique et l’importance des missions qu’ils assurent : (i) les vigies armées par une dizaine de personnes assurent une veille permanente à l’entrée des ports militaires (Homet pour Cherbourg ; Stiff, St Mathieu et Portzic pour Brest ; Cepet pour Toulon) ; (ii) les sémaphores de 1ère catégorie ou permanents, fonctionnent avec 9 personnes et assurent une veille permanente en des endroits remarquable de la côte ou dangereux pour la navigation ainsi qu’à l’entrée des ports de commerce d’intérêt majeur (PCIM) comme le Havre, Nantes, Bordeaux, Marseille ; (iii) les sémaphores de 2ème catégorie ou intermittents répartis le long de la côte pour obtenir une surveillance continue avec le reste de la chaîne sémaphorique, assurent avec un équipage de 5 personnes, une veille du lever au coucher du soleil mais peuvent être réarmés en quelques minutes pour une opération diligentée par le C.O.M. de région.
Assurer la présence de la Marine Nationale en certains points de la côte ; surveiller l’espace maritime, terrestre et aérien : surveillance de la zone qui leur a été attribuée ; assurer un service de transmissions : écoute de fréquences civiles et militaires ; informer les commandements opérationnel et organique ; réguler et surveiller le trafic maritime : signaler à l’autorité maritime toute infraction à la réglementation relative à la navigation, à la pêche…
Sauvegarde de la vie humaine en liaison avec les CROSS : surveillance du plan d’eau, écoute des fréquences de détresse, diffusion de toute information relative à la sécurité de la vie humaine, signalisation des avis de coups de vents et tempête, participation aux opérations de sauvetage en mer ; surveillance de l’espace terrestre (feu de forêt) ; observations météorologiques au profit de la Marine Nationale et de Météo France : les sémaphores reçoivent les bulletins météorologiques des prévisions qu’ils communiquent aux bâtiments civils et militaires sur demande et aux usagers (en radiophonie) ; concours aux tâches des autres administrations (Douanes, Affaires Maritimes, Gendarmerie, Mairie…) dans le cadre de la coordination de l’action de l’état en mer exercée par le Préfet Maritime (police des pêches, surveillance des zones interdites de mouillage, des sites archéologiques, zones de tirs, zone de pétardements, du balisage de jour et de nuit) ; prévention des pollutions maritimes accidentelles. Au sein de la Marine Nationale, les sémaphores constituent la FOSIT (Formation Opérationnelle de Surveillance et d’Information Territoriale).(ν)
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Mise à jour : 01/02/2011