Le réseau de suivi Mercure (Hg) Cadmium (Cd) Plomb (Pb) Cuivre (Cu) Zinc (Zn) Chrome (Cr) Nickel (Ni) Argent (Ag) Vanadium (V) Eléments radioactifs Pesticides Les composés organostanniques Détergents PCB HAP Dioxines
Le plomb, largement répandu dans la croûte terrestre, est l'un des métaux les plus utilisés dans l'industrie, et les risques de pollution sont donc très nombreux1. En France, les principaux secteurs d'utilisation industrielle sont les accumulateurs (67%) ainsi que les oxydes et la chimie (12%). L'usage du plomb, sous forme tétraéthyl auparavant utilisé dans les carburants comme antidétonant, a été abandonné. Enfin, il est à noter qu'en France, plus de 90% du plomb utilisé dans les batteries sont récupérés2.
Les apports à l'océan se font principalement par voie atmosphérique et la source principale est toujours aujourd'hui la combustion des carburants automobiles, malgré la généralisation de l'essence sans plomb2. Les pluies et les effluents sont également des sources de pollution en plomb pour les océans3.
Chez les organismes phytoplanctoniques, un retard de croissance est observé à partir de 0,5 µg Pb/l. Chez l'homme, le plomb provoque une maladie appelée le saturnisme : le plomb entre en compétition avec le calcium dans la formation des os. Une intoxication au plomb peut entraîner des troubles cliniques, des anomalies biologiques et des altérations histopathologiques variées1. Or, les mollusques filtreurs et certains crustacés peuvent concentrer le plomb à un degré qui peut être considéré comme dangereux pour la consommation humaine. En ce qui concerne les mollusques bivalves, la Commission Européenne (réglements n° 466/2001 et n° 221/2002) a évalué la teneur maximale tolérable pour leur mise sur le marché à 1,5 mg/kg de poids humide ce qui correspond approximativement à 7,5 mg/kg de poids sec chez la moule1.
Les points "Vaucottes", "Cap de la Hève" et "Villerville" situés à l'embouchure de la Seine ou sous l'influence de son panache, présentent des médianes nettement supérieures à la médiane nationale qui est de 1,65 mg/kg poids sec (donc de 1,3 à 3,5 fois supérieure) ainsi que le point "Grande rade de Cherbourg" (1,4 fois supérieure). Pour les autres points de suivi, les médianes sont soit proches de la médiane nationale, soit nettement inférieures comme pour les points situés sur la côte ouest Cotentin, "Bréville" et "Pirou Nord", ainsi que dans la baie des Veys "Grandcamp Ouest".
Il est à noter que l'embouchure de la Seine présente les seules tendances croissantes observées sur l'ensemble du littoral français pour ce métal depuis l'apparition des essences sans plomb. De plus, les concentrations en plomb dissous et particulaire n'ayant pas augmentées dans les eaux de la Seine en amont de Poses, les apports responsables de cette tendance ascendante se situent donc dans la zone de l'estuaire de la Seine5.
Sources :
1 RODIER J., 1996, L'analyse de l'eau ' eaux naturelles, eaux résiduaires, eau de mer, 8ème édition, Paris, Dunod, 1394p.
2 CHIFFOLEAU J.C. (coord), 2001, La contamination métallique, IFREMER, Région Haute Normandie, (Programme scientifique Seine- Aval), 8, 39p.
3 CELLULE ARC, 2003, Les 39 fiches de substances dangereuses préparées par la cellule ARC, 78p.
4 Bulletin de la surveillance de la qualité du milieu marin littoral, Edition 2010, IFREMER/RST.LER/10-06/Laboratoire Environnement Ressources de Normandie, 126 p.
5 CLAISSE D. & BELIAEFF B., 2000, Tendances temporelles des teneurs en contaminants dans les mollusques du littoral français, In Surveillance du Milieu Marin. Travaux du RNO. Edition 2000, Ifremer et Ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, pp. 9-32. ISSN 1620-1124.
Vous pouvez télécharger les cartes suivantes au format pdf afin d’obtenir une impression de bonne qualité.


© Ifremer 2012 - www.ifremer.fr/envlit