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Conchyliculture

Caractéristiques conchylicoles des bassins du Calvados

Introduction Histoire Biologie et physiologie Gestion des bassins Ostréiculture Mytiliculture Vénériculture Côte Ouest Cotentin Côte Est Cotentin Calvados

Après l’abandon progressif du secteur de Courseulles, avant guerre, la conchyliculture dans le Calvados, s’est développée beaucoup plus tardivement que dans la Manche. Les premières concessions ostréicoles ont été accordées en Baie des Veys en 1967 et à Meuvaines en 1989. La mytiliculture s’était implantée légèrement plus tôt puisque la première concession apparaît en 1963, en Baie des Veys. Dans ce bassin, cette activité s’est développée jusqu’en 1974 pour atteindre les 50 km concédés. La mytiliculture a régressé depuis cette date pour se stabiliser à près de 23 km de concessions (et 2 hectares) (cf. carte partie "Présentation").

Les concessions ostréicoles et la production

Evolution de la surface ostreicole Zoom fenetre Evolution des surfaces ostréicoles concédées dans le Calvados

L’évolution annuelle des surfaces ostréicoles concédées dans le Calvados est présentée sur la figure ci-contre. Elle montre une parfaite stabilité si l’on excepte le lent développement contrôlé du secteur de Meuvaines et l’octroi de très petites concessions de stockage, en Baie des Veys, destinées à favoriser le développement local de l’expédition.

En 2004, les surfaces concédées sont évaluées à 160 hectares pour la Baie des Veys et 57 hectares pour Meuvaines.

Evolution de la production ostreicole Zoom fenetre Evolution de la production ostréicole déclarée (données Affaires Maritimes)
et du stock total (données IFREMER)

Les données de production ostréicole fournies par les Affaires Maritimes montrent une grande stabilité en Baie des Veys depuis 1982 et ce malgré l’augmentation des surfaces concédées (figure ci-contre). Ces statistiques s’écartent notablement des résultats fournis par les évaluations de stocks menées sporadiquement par l’IFREMER qui, à l’exception de l’année 1990, fournissent des niveaux de stocks très nettement supérieurs : 8710 tonnes, par exemple pour la dernière estimation (en 2000), par rapport aux 7310 tonnes annoncées par les Affaires Maritimes (6389 t en Baie des Veys et 800 t à Meuvaines).

La différence entre ces données correspond probablement à la production des concessionnaires de la Baie des Veys ou de Meuvaines, qui ne sont pas implantés dans le Calvados et qui, de ce fait, déclarent tout ou partie de leur production normande dans leurs bassins d’origine.

La production de moules est évaluée, en Baie des Veys à 500 tonnes par an.

Composition des stocks conchylicoles

Repartition des poches par types de produit Zoom fenetre Répartition des poches conchylicoles, par types de produit, en Baie de Veys
Repartition du nombre de poches par types d huitres Zoom fenetre Répartition du nombre de poches par types d'huitres à Meuvaines

Si dans les deux secteurs de la Baie des Veys et de Meuvaines, l’ensemble des classes d’âge est présent, des différences notables apparaissent cependant (graphes ci-contre).

En Baie des Veys, la partie du stock d’huîtres ayant atteint la taille commerciale est très importante (64 %). Ceci démontre que l’élevage en cycle court est encore prédominant dans la baie, du fait probablement de la présence notable de concessionnaires extérieurs au bassin (charentais essentiellement) qui n’utilisent leurs parcs normands que pour la dernière année d’élevage.

Cette analyse ne s’applique pas pour le bassin de Meuvaines où les concessionnaires normands occupent le terrain beaucoup plus largement. L’élevage en cycle long étant donc beaucoup plus fréquemment pratiqué dans ce bassin, les différentes composantes du stock ont une importance plus équilibrée (à l’exception du naissain).

La commercialisation

Repartition des ventes d huitres produites Zoom fenetre Répartition des ventes d’huîtres produites dans le Calvados

Une enquête IFREMER réalisée en 2000 et portant sur une production de 4000 tonnes a conduit à calculer la répartition suivante en ce qui concerne la destination des produits ostréicoles calvadosiens, vers les diverses filières commerciales, la vente traditionnelle regroupant les restaurants et les poissonniers (graphique ci-contre).

On constate que si les ventes en gros sont dominantes en pourcentage (43 %, du même ordre que ce qui a été constaté à Saint Vaast la Hougue), les ventes aux GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) ont par contre une importance plus grande. Il faut cependant préciser que les producteurs du bassin vont naturellement expédier les produits achetés en gros localement (9 %) et que les producteurs charentais qui commercialisent, depuis leur région d’origine, leurs propre production réalisée en Normandie, ne sont pas considérés comme des expéditeurs hors bassin dans cette étude. S’ils devaient l’être la part de production commercialisée en gros augmenterait alors de façon notable.

Le poids socio-économique de la filière

Soixante-neuf entreprises ostréicoles implantées dans le Calvados ont été identifiées par les Affaires Maritimes. Bien que certaines grandes entreprises importantes ne soient pas implantées localement et qu’en conséquence, la partie la plus nombreuse de leurs personnels ne soit pas locale, leurs besoins en main d’oeuvre, dans le Calvados restent importants. C’est ainsi que les Affaires Maritimes ont comptabilisé 274 emplois directs permanents et 152 emplois saisonniers (soit 109 équivalent temps plein). C’est donc un nombre total de 283 emplois directs qui sont créés par l’activité conchylicole dans le Calvados. Le nombre total d’emplois induits par cette activité peut donc être évalué à 900 personnes environ (sur la base de deux emplois indirects pour un emploi direct). La valeur totale de la production a été évaluée à 19 millions d’euros.

Difficultés de la filière

Aucune difficulté de commercialisation n’est présente dans ce bassin réputé pour la qualité de ses produits. Les huîtres au détail demandent certes un effort important de promotion et un équipement spécifique de l’atelier mais sont naturellement plus rémunératrices que les ventes en gros qui nécessitent moins de main d’oeuvre et moins d’investissements au niveau de l’atelier. Ce dernier mode de commercialisation reste cependant bien adapté à la demande des régions atlantiques qui destinent les produits ostréicoles calvadosiens au reparquage dans leurs claires puis à une revente ultérieure, après quelques semaines passées en Charente, sous l’appellation hautement recherchée de "Spéciale de Claire".

La difficulté principale reste cependant liée aux différents épisodes de mortalités qui ont récemment frappé le cheptel ostréicole en Baie des Veys. Les données ont été réunies dans le tableau suivant et l’on peut remarquer sur la courbe de production que les années isolées de forte mortalité comme 1994 et 1997 n’ont pas d’influence visible sur celle-ci (bien qu’évidemment la comptabilité de chaque entreprise s’en ressente). On note que, par contre une succession d’années à fortes mortalités comme 1999, 2000, 2001 et 2002 conduit à une stagnation de la production, le demi-élevage ayant été parallèlement affecté.

Mortalités annuelles d’huîtres adultes relevées en Baie des Veys

 

1992*

1993*

1994

1995*

1996*

1997

1998*

1999

2000

2001

2002

2003

Source

Aff. Mar

Aff. Mar

Aff. Mar

Aff. Mar

Aff. Mar

Aff. Mar
Ifremer

Aff. Mar
Ifremer

Aff. Mar
Ifremer

Ifremer
MOREST

Ifremer
MOREST

Ifremer
MOREST

Ifremer
MOREST

Mortalité annuelle totale en pourcentage

Minimum

10

10

15

10

10

15

10

15

20

25

15

8

Moyenne

12,5

12,5

20

12,5

12,5

17,5

12,5

25

27,5

40

22,5

11

Maximum

15

15

25

15

15

20

15

35

35

50

30

14

Nota : Une procédure de calamités agricoles a été initiée à la fin des années en grisé, les années marquées * sont des années considérées comme normales : aucun comptage n’a été fait, la valeur moyenne calculée en 1990 leur est affectée.

Perspectives de la filière

Ces mortalités constituent bien évidemment une lourde hypothèque quant à l’avenir de l’ostréiculture en Baie des Veys telle qu’on la connaît actuellement. Le programme MOREST qui a regroupé sur ce thème l’ensemble des équipes françaises de recherche impliquées dans la conchyliculture peut permettre de trouver des solutions de sortie de crise, d’autant qu’un des sites atelier a été précisément implanté en Baie des Veys. Il n’est cependant pas exclu qu’une restructuration du bassin soit nécessaire ainsi qu’une évolution des pratiques culturales traditionnelles soit vers des transferts temporaires dans d’autres bassins soit en retardant l’implantation des huîtres dans la baie.

Source :
KOPP J., JOLY J.P., LE GAGNEUR E. & RUELLE F., 1998, Atouts et contraintes de la conchyliculture normande 1- La Côte Ouest du Cotentin, DRV/RA/RST/98-03 Port en Bessin, 240 p.

Eau Seine Normandie / Conseil général du Calvados / Conseil général de la Manche / Région Basse-Normandie

 

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