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La côte Est du Cotentin est un bassin conchylicole à forte dominance ostréicole (330 hectares de concessions). Cependant, dans la partie la plus au sud, en face d’Utah Beach, près de 19 km de bouchots sont concédés et exploités.
La dernière évaluation des stocks remonte à l’année 2000. Elle est réalisée tous les cinq ans par l’IFREMER au moyen de photographies aériennes.
Etat des stocks conchylicoles de la Côte Est (Stock report = partie du stock n’atteignant pas la taille marchande)
| HUITRE |
|||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Année |
Nombre |
Stock |
Stock |
Poids moyen |
Ratio |
Poids moyen vivant |
Biomasse conchylicole totale |
| 1990 |
862 501 |
8 148 |
4 780 |
9,45 |
0,63 |
14,99 |
14 118 |
| 1995 |
1 328 490 |
12 819 |
7 170 |
9,65 |
0,64 |
15,05 |
20 853 |
| 2000 |
1 411 983 |
12 674 |
4 907 |
8,98 |
0,72 |
12,45 |
18 913 |
| MOULE |
||
|---|---|---|
| Année |
Biomasse de moules |
Biomasse conchylicole totale |
| 1990 |
1 190 |
14 118 |
| 1995 |
864 |
20 853 |
| 2000 |
1 332 |
18 913 |
La production commerciale apparaît en grande stabilité depuis 1995. On remarque que cette performance a cependant été obtenue en augmentant le nombre total de poches. Parallèlement on constate une baisse du poids d’huîtres vivantes par poche mais surtout une forte diminution du stock report (demi-élevage). Cette situation aurait tendance à montrer :
.
Quatre secteurs ostréicoles différents peuvent être individualisés du nord au sud :
L’enquête IFREMER qui a été réalisée à la fin des années 90 a permis de mettre en évidence la grande importance des ventes en gros, pour la Côte Est du Cotentin. Celles-ci représentent la moitié du total des ventes. On remarquera que la plupart des acheteurs en gros ne sont pas basé dans ce bassin. Ils sont principalement installés en Charente et secondairement dans le bassin d’Arcachon. De plus, il semble que les ventes en gros soient généralement le fait des plus petites entreprises alors que les ventes de détail concernent surtout les entreprises les plus grandes (graphique ci-contre).
Notons enfin que la production du secteur d’Utah-Beach est commercialisée quasiment uniquement en gros et à un prix élevé. Ces huîtres, d’une qualité exceptionnelle transitent en effet par les claires de Charente pour pouvoir bénéficier de l’appellation "Spéciales de Claires" qui caractérise ces produits de très haute gamme.
Environ 80 entreprises sont actives sur la Côte Est du Cotentin de Gatteville, au nord, à Sainte Marie du Mont, au sud. Si quelques entreprises sont extérieures au bassin (implantées à Marennes, Arcachon ou en Bretagne), la plupart d’entre-elles est implantée localement. Ces entreprises ont créé prés de 400 emplois directs, en équivalent temps plein, pour une production totale d’environ 14 000 tonnes, dont la valeur en première vente peut être évaluée à 35 millions d’euros. Comme on sait qu’un emploi direct en conchyliculture crée environ 2 emplois indirects, c’est donc environ 1200 emplois côtiers qui sont induits par la conchyliculture sur la façade est du Cotentin, principalement dans le canton de Quettehou.
La difficulté principale de cette filière concerne essentiellement les mortalités estivales d’huître adultes qui semblent être en augmentation régulière. Une étude pluridisciplinaire lourde est engagée par l’IFREMER, les universités et les structures locales comme le SMEL (Syndicat Mixte pour l’Equipement du Littoral du département de la Manche) pour tenter de cerner l’étiologie du phénomène. Il s’agit du programme MOREST, dont les conclusions sont naturellement très attendues par la Profession.
La diminution progressive des conditions de croissance annuelle est également préoccupante. La maîtrise de ce critère, fondamental pour assurer la rentabilité du cheptel, passe par une gestion stricte de la biomasse en élevage : il revient naturellement à la profession, en partenariat avec l’Administration gestionnaire du Domaine Public Maritime et les scientifiques. Des développement de populations de compétiteurs trophiques (crépidules ou lanices) sont également en cours et peuvent induire des difficultés de croissance.
D’autres difficultés de moindre importance concerne l’exposition de certains cheptels aux forts vents de nord-est ou aux déplacements de chenaux. Elles ne sont naturellement ni prévisible, ni gérable par les pouvoirs publics.
Au plan commercial le lien de dépendance très fort qui existe entre les producteurs du bassin de Saint Vaast la Hougue et les expéditeurs charentais peut constituer un handicap en cas de difficulté ponctuelle de ces derniers qui les contraindraient à diminuer fortement leurs achats en gros.
Sociologiquement, il est probable que la disparition progressive des petites entreprises se poursuivra, par manque de repreneur familial. A moyen terme, on peut penser qu’une cinquantaine d’entreprises, disposant chacune d’au moins 5 ha devrait subsister.
Commercialement, le fait que, pour l’instant, la vente en gros des huîtres ne semble pas être moins rémunératrice que l’expédition laisse envisager que cette répartition 50/50 de la commercialisation ne devrait pas évoluer rapidement, malgré les efforts de promotion des huîtres de Normandie.
Source :
KOPP J., JOLY J.P., LE GAGNEUR E. & RUELLE F, 2000, Atouts et contraintes de la conchyliculture normande 2- La Côte Est du Cotentin, R. int. DRV/RA/LCN 2000-57, 205 p.

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Mise à jour : 04/12/2008