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Conchyliculture

Caractéristiques conchylicoles de la Côte Ouest du Cotentin et de Chausey

Introduction Histoire Biologie et physiologie Gestion des bassins Ostréiculture Mytiliculture Vénériculture Côte Ouest Cotentin Côte Est Cotentin Calvados

La côte Ouest du Cotentin constitue le seul bassin normand où ostréiculture et mytiliculture ont une importance comparable. On y trouve environ 560 hectares de parcs ostréicoles dont seulement 6 ha à Chausey et 270 km de bouchots (dont 33 km à Chausey). Les seules concessions vénéricoles (élevage des palourdes) réellement exploitées se situent à Chausey (24 ha).

La production

La dernière évaluation des stocks réalisée tous les 5 ans par l’IFREMER au moyen de photographies aériennes remonte à l’année 2000. La tendance évolutive générale du stock conchylicole semble montrer une lente désaffection de l’ostréiculture au profit de la mytiliculture, sans doute liée à une diminution du poids moyen commercial par poche au cours des dix dernières années d’observation, à la mécanisation de plus en plus poussée de la mytiliculture et à des prix de vente des moules très attrayants.

État des stocks conchylicoles de la Côte Ouest (stock report = partie du stock n’atteignant pas la taille marchande)

 

HUITRE

Année 

Nombre de poches

Stock commercial
 (en t)
 

Stock report
 (en t)
 

Poids moyen
 commercial / poche
 (en kg)
 

Ratio commercial

Poids moyen vivant par poche
 (en kg)
 

Biomasse conchylicole totale
 (en t)
 

1990

2 085 390

18 808

14 748

9,02

0,56

16,09

43 659

1995

2 720 801

21 776

8 733

8,00

0,71

11,21

43 798

2000

2 791 996

17 434

9 461

6,24

0,65

9,63

42 189

 

MOULE

 

Année 

Biomasse moules (en t )

Biomasse conchylicole totale (en t)

1990

10 103

43 659

1995

13 289

43 798

2000

15 294

42 189

Les stocks ostréicoles

Stock ostreicole, secteur Nord Zoom fenetre Stock ostréicole dans le secteur Nord
Stock ostreicole sur Pirou Zoom fenetre Stock ostréicole sur Pirou
Stock ostreicole a Blainville-Gouville Zoom fenetre Stock ostréicole à Blainville-Gouville
Stock ostreicole dans la Vanlee Zoom fenetre Stock ostréicole dans la Vanlée

 

Quatre secteurs ostréicoles nettement différenciés se distinguent du nord au sud :

  • Le secteur nord de Porbail à St Germain s/Ay présente des caractéristiques de croissance et d’engraissement très médiocres. Il est utilisé généralement pour le pré-élevage du naissain (dont une grande partie sera transférée vers la Côte Est en seconde phase d’élevage).

En 2000, le stock total était d’environ 2 500 tonnes dont seulement 1 200 tonnes d’huîtres de taille commerciale.

  • Les secteurs ostréicoles de Pirou et de Blainville-Gouville, qui apparaissent comme relativement autonomes (sauf bien sûr en matière d’approvisionnement en naissain), pratiquent presque exclusivement l’élevage en cycle long.

Le stock total était en 2000, pour Pirou, d’environ 3 900 tonnes dont 2 800 tonnes d’huîtres de taille commerciale et pour Blainville-Gouville, d’environ 18 000 tonnes dont 12 500 tonnes d’huîtres de taille commerciale.

  • Le secteur sud d'Agon à Granville est le plus productif. Il est souvent utilisé pour l’affinage des huîtres, bien qu’une composition équilibrée du stock montre que l’élevage en cycle long y est préférentiellement pratiqué.

Le stock total était, en 2000, d’environ 1 200 tonnes dont 1 000 tonnes d’huîtres de taille commerciale.

  • Sur Chausey, les 6 ha d’huîtres concédés correspondent à une production d’environ 250 tonnes.

 

Les stocks mytilicoles

Stocks mytilicoles de la Côte Ouest en 2000 

SECTEUR

Longueur concédée
 (en mètres)

Taux d'occupation

Biomasse
 (en tonnes)

DENNEVILLE

200

25,00

2

PIROU NORD

28 850

74,19

1 511

PIROU SUD

4 300

87,01

333

ANNEVILLE

7 950

85,16

464

AGON

95 800

76,71

6 506

VANLEE NORD

36 500

77,26

2 223

VANLEE SUD

45 170

73,82

2 804

COUDEVILLE

8 800

64,20

707

DONVILLE

7 020

75,21

743

CÖTE OUEST

234 605

75,85

15 294

 

Bien que les secteurs mytilicoles soient plus nombreux que les secteurs ostréicoles, on constate que deux d’entre eux ont une importance prépondérante. Il s’agit des secteurs d’Agon et de la Vanlée (nord et sud). Viennent ensuite Pirou (Nord et sud) puis les petits secteurs au nord de Granville (Coudeville et Donville).

L’évolution notable de ces dernières années concerne le taux d’occupation des bouchots qui suit une augmentation régulière. Depuis quelques années, malgré un cycle d’élevage, en principe annuel, la commercialisation commence avant la mise en place des cordes sur les pieux ce qui permet de libérer une partie des bouchots pour un réensemencement immédiat. Cette évolution est probablement liée à une demande précoce en petites moules par les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS).

Sur Chausey, les 33 km de bouchots concédés correspondent à une production d’environ 2000 t de moules.

La commercialisation des produits

Commercialisation des produits ostreicoles Zoom fenetre Commercialisation relative des produits ostréicoles de la Côte Ouest du Cotentin
Commercialisation des produits mytilicoles Zoom fenetre Commercialisation relative des produits mytilicoles de la Côte Ouest du Cotentin

 D’après une étude IFREMER réalisée à la fin des années 90, la commercialisation des huîtres produites sur la Côte Ouest du Cotentin se fait vers le marché de gros à 33 %, sur le marché traditionnel (poissonniers, restaurateurs, grossistes) à 40 %, en vente directe à 9 % et vers les GMS (Grandes et Moyennes Surfaces, via ou non des centrales d’achat) à 18 %. Il est tout à fait probable que ce dernier marché soit en augmentation récente compte tenu de l’importance grandissante de ce type de commercialisation.

La commercialisation des moules n’est pas foncièrement différente : le marché de gros représente 29 %, le marché traditionnel prés de 50 % et celui des GMS, 19 %. Les ventes directes et l’exportation sont insignifiantes.

 

Le poids socio-économique de la filière

Un nombre total d’environ 200 entreprises a été identifié sur la Côte Ouest du Cotentin. Si quelques entreprises sont extérieures au bassin (Marennes, Arcachon, Bretagne), la plupart d’entre-elles est implantée localement. Ces entreprises ont créé plus d’un millier d’emplois directs, en équivalent temps-plein, pour une production totale d’environ 35 000 tonnes dont la valeur en première vente peut être évaluée à cent millions d’euros. Comme on sait qu’un emploi direct en conchyliculture crée environ 2 emplois indirects, c’est donc environ 3000 emplois côtiers qui sont induits par la conchyliculture sur la façade ouest du Cotentin.

Difficultés de la filière

La difficulté première de la filière est incontestablement liée à l’impossibilité qu’ont les entrepreneurs d’augmenter la taille de leur entreprise sans passer par des achats très coûteux de concessions existantes. Les emplacements disponibles sont en effet totalement saturés, sur le continent tout au moins, par le partage spatial qu’il convient de ménager avec les autres activités maritimes (pêche, tourisme, protection des sites et risques sanitaires essentiellement). Aucune création significative de concession nouvelle n’est donc envisageable.

Il convient également de noter que l’impact des stocks de mollusques élevés sur la croissance des coquillages est fort et qu’il se traduit, en fonction de la courantologie côtière résultante, par une lente dégradation des rendements d’élevage du sud vers le nord. C’est ainsi que les concessions situées le plus au nord sont peu productives et qu’elles ne permettent généralement pas de mener un cycle ostréicole d’élevage complet, avec une rentabilité suffisante. Seule la production d’huîtres de demi-élevage est pratiquée.

Notons que des mortalités estivales sporadiques de naissain peuvent également advenir. Ces mortalités, mal expliquées, pourraient être liées à une maturation sexuelle précoce des huîtres, conduisant à leur épuisement.

Il convient de noter enfin, que cette côte est très exposée et que les fortes tempêtes d’ouest peuvent provoquer d’importants dégâts dans les concessions.

Avenir de la filière

En terme de production, l’avenir de la filière est très probablement directement lié à l’état actuel des marchés et aux difficultés à trouver la main d’oeuvre salariée nécessaire à l’ostréiculture. On peut donc s’attendre à voir :

  • la poursuite des demandes de changement de nature d’huîtres en moules,
  • de fortes demandes foncières sur Chausey, seul secteur où des emplacements sont encore disponibles,
  • la spécialisation grandissante de la partie nord du bassin vers la production de demi-élevage.

En terme de commercialisation, le référencement d’entreprises de plus en plus petites devrait conduire le marché des GMS à prendre une place incontournable, d’autant que la demande en petits conditionnements se fait, elle, chaque jour plus forte.

Source : 
KOPP J., JOLY J.P., LE GAGNEUR E. & RUELLE F., 1998, Atouts et contraintes de la conchyliculture normande 1- La Côte Ouest du Cotentin, DRV/RA/RST/98-03 Port en Bessin, 240 p.

Eau Seine Normandie / Conseil général du Calvados / Conseil général de la Manche / Région Basse-Normandie

 

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