Le réseau de suivi Mercure (Hg) Cadmium (Cd) Plomb (Pb) Cuivre (Cu) Zinc (Zn) Chrome (Cr) Nickel (Ni) Argent (Ag) Vanadium (V) Eléments radioactifs Pesticides Les composés organostanniques Détergents PCB HAP Dioxines
Le cadmium, naturellement présent dans les minerais de zinc, est un sous-produit important de la métallurgie du zinc. Les principaux secteurs d’utilisation sont les batteries nickel-cadmium (70%), les pigments (13%), la galvanoplastie* (8%) et les stabilisants (7%)1. Moins de 5% de la quantité de cadmium utilisée par l’industrie est recyclée2, ce qui fait que la quasi-totalité du cadmium d’origine anthropique est disséminé dans le milieu3. La production de l'Union Européenne est de 5 800 tonnes/an4.
Les apports de cadmium au milieu marin, principalement par les fleuves et les pluies, sont liés à l’industrie du zinc, à la combustion du charbon, à la sidérurgie et à la fabrication et l’utilisation des engrais phosphatés1.
Cet élément métallique ne présente pas de toxicité aiguë pour les organismes marins aux concentrations susceptibles d’être rencontrées dans le milieu. Cependant, il a été observé que des concentrations de 0,05 à 1,2 µg/l pouvaient avoir des conséquences physiologiques sur les larves de crustacés (respiration, activité enzymatique) et sur le phytoplancton (inhibition de la croissance). Les crustacés et les mollusques sont les plus sensibles à ce polluant. Chez l’homme, il s’accumule principalement dans le foie et les reins et peut entraîner des troubles rénaux, des altérations osseuses et de l’hypertension artérielle5. En ce qui concerne les mollusques bivalves, la Commission Européenne (réglements n° 466/2001 et n° 221/2002) a évalué la teneur maximale tolérable pour leur mise sur le marché à 1 mg/kg de poids humide ce qui correspond approximativement à 5 mg/kg de poids sec chez la moule1.
Sur la période 2004-2008, les points "Vaucottes", "Antifer", "Cap de la Hève" et "Villerville", situés sous l'influence du panache de la Seine, présentent des médianes supérieures à la médiane nationale qui est de 0,785 mg/kg de poids sec (de 1,6 à 2,4 fois supérieure)6. Sur les autres points du littoral normand, les médianes sont, soit proches de la médiane nationale, soit nettement inférieures (notamment les points "Pirou Nord" et "Bréville").
A l’échelle nationale, on peut considérer que l’estuaire de la Seine est un site fortement contaminé. A partir de 1983, un changement d’approvisionnement en matière première de l’industrie des phosphates a entraîné une augmentation des teneurs en cadmium. Par contre, la baisse observée ces 10 dernières années est due à l’arrêt des rejets de phosphogypse* en 1992. Aujourd'hui, la majorité des apports de cadmium pour l'estuaire de la Seine provient de la zone située en amont et plus particulièrement de l’agglomération parisienne3.
* galvanoplastie : technique de protection anti-corrosive par application d'une couche protectrice (zinc, nickel, cuivre, chrome) sur un métal (acier).
* phosphogypse : déchet des industries consacrées à la transformation du phosphate.
Sources
1 CHIFFOLEAU J.C. (coord), 2001, La contamination métallique, IFREMER, Région Haute Normandie, (Programme scientifique Seine- Aval), 8, 39p.
2 COSSA D. & LASSUS P, 1989,Le cadmium en milieu marin et écotoxicologie, IFREMER, (Rapports scientifiques et techniques de l’Ifremer), 16, 111p.
3 COSSA D. (coord), 1999, La dynamique du mercure, IFREMER, Région Haute-Normandie, (Programme scientifique Seine-Aval), 11, 25p.
4 CELLULE ARC, 2003, Les 39 fiches de substances dangereuses préparées par la cellule ARC, 78p.
5 RODIER J., 1996, L’analyse de l’eau – eaux naturelles, eaux résiduaires, eau de mer, 8ème édition, Paris, Dunod, 1394p.
6 Bulletin de la surveillance de la qualité du milieu marin littoral, Edition 2010, IFREMER/RST.LER/10-06/Laboratoire Environnement Ressources de Normandie, 126 p.
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Mise à jour : 27/04/2011