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Contaminants chimiques

Les Polychlorobiphényles PCB

Le réseau de suivi Mercure (Hg) Cadmium (Cd) Plomb (Pb) Cuivre (Cu) Zinc (Zn) Chrome (Cr) Nickel (Ni) Argent (Ag) Vanadium (V) Eléments radioactifs Pesticides Les composés organostanniques Détergents PCB HAP Dioxines

Les polychlorobiphényles sont des hydrocarbures halogénés de haut poids moléculaire, semi-volatils et hydrophobes 1. Ils n'existent pas naturellement et sont obtenus industriellement par chloration du biphényle.

PCB : La Molecule Zoom fenetre PCB : La Molécule (source)

Étant donné leur stabilité chimique, leur bonne résistance au feu et leur capacité diélectrique élevée, de nombreux secteurs les utilisent : transformateurs et condensateurs électriques, fluides caloporteurs, peintures marines, matières plastiques, solvants, etc... 2. La production des PCB est i nterdite depuis 1987 en France et leur emploi est restreint à des systèmes clos non dispersifs 3.

 

Leur présence dans l'environnement est donc liée à l'utilisation d'anciens appareils et à des rejets accidentels (fuites d'équipements industriels par exemple). Le transport des PCB dans l'environnement s'effectue principalement via les particules atmosphériques. La majorité des PCB se trouve stockée dans les océans, répartie entre les eaux du large (61,5%) et les sédiments côtiers (34,7%). Les sédiments littoraux des zones urbanisées constituent un important compartiment d'accumulation des PCB 1.

Dans les organismes vivants, ces composés sont bioaccumulés dans les graisses tout au long des chaînes alimentaires 1.
Chez l'homme, la toxicité aiguë des PCB est faible. Cependant une exposition à forte dose provoque des irritations de la peau. Les effets chroniques entraînent des dommages du foie, des effets sur la reproduction et la croissance et des possibilités de cancer 4.
 

Le CB153 est l'un des 8 composés suivi en routine par le RNO. Il s'agit du composé le plus persistant dans l'environnement et, majoritairement rencontré dans la matière vivante 1, il illustre l'augmentation des niveaux de contamination le long de la chaîne trophique.

En ce qui concerne la Normandie, tous les points, à l'exception de ceux de la Baie des Veys et du département de la Manche, présentent des médianes très supérieures à la médiane nationale (16,4 µg/kg p.s.) et notamment les points " Cap de la Hève" et " Villerville" (respectivement 17 et 22 fois supérieures) 5. Ces points de prélèvement présentent une stabilité des concentrations à un niveau très élevé 5 (cf. carte résultats bruts) plaçant cet estuaire comme l'un des plus contaminé en Europe. Cette contamination est liée aux apports de la Seine qui draine un large bassin versant industrialisé et urbanisé.
Par contre, les points de la côte Ouest Cotentin, " Pirou Nord" et " Bréville" ont des médianes très faibles (5,6 et 5,1 µg/kg p.s.). Depuis quelques années, les teneurs en PCB sur l'ensemble des points normands sont stables à l'exception des points " Grandcamp Ouest" et " Moulard" dont les médianes diminuent (de moitié environ) 5.
 

Une étude a montré qu'en période hivernale les concentrations en PCB dans les moules sont plus importantes. En effet, les pluies hivernales et, ensuite, le ruissellement de surface sur l'ensemble du bassin versant créent une augmentation de la contamination aboutissant à l'estuaire 2. Ensuite, dans des conditions de fort hydrodynamisme, le matériel solide contaminé qui s'est accumulé dans l'estuaire est remis en suspension dans la colonne d'eau avant d'être rejeté dans le milieu marin. La tendance à la baisse progressive de la contamination dans les moules observée en hiver, de 1984 à 1998, pourrait traduire une élimination lente des sources diffuses de contamination présentes dans les sédiments 2.

Flet Zoom fenetre Flet - source : Ifremer / Labo Ressources Halieutiques

En ce qui concerne le flet (cf.photo), poisson benthique très représenté sur l'ensemble des côtes de l'Atlantique et de la Manche, les teneurs mesurées en CB 153 dans leur chair en baie de Seine varient de 80 à 1150 ng/g 2. Cette variabilité des niveaux de contamination pourrait s'expliquer par la répartition de ces poissons dans la zone côtière. En effet, les flets, espèce euryhaline*, fréquentent parfois les zones les plus en amont de l'estuaire et se trouvent alors plus exposés aux contaminants 2.

 

Notes : 
* euryhaline : se dit d'une espèce qui peut vivre dans des eaux de salinité variable.
 

Sources : 
1 CAPLAT C., 2001, Caractérisation géochimique de sédiments fins du littoral du Calvados (Baie de Seine) – Comparaison de matériaux portuaires contaminés à des matériaux non contaminés de la baie des Veys, Université de Caen, Th.Univ. Sciences de la Terre et de l'Univers, 182p.
2 ABARNOU A. (coord), 2000, Les contaminants organiques – Quels risques pour le monde vivant ?, IFREMER, Région Haute Normandie, (Programme scientifique Seine- Aval), 13, 35p.
3 RODIER J., 1996, L'analyse de l'eau – eaux naturelles, eaux résiduaires, eau de mer, 8 ème édition, Paris, Dunod, 1394p.
4 PCB et PCT 
5 Qualité du milieu marin littoral - Bulletin de la surveillance, Edition 2008, IFREMER, RST / LERN / 08-04, Laboratoire Environnement et Ressources de Normandie, 105 p.
 

Eau Seine Normandie / Conseil général du Calvados / Conseil général de la Manche / Région Basse-Normandie
Le polychlorobiphényle (Congénère 153) dans les moules (µg/kg poids sec) de 1992 à 2007 Zoom page

Le polychlorobiphényle (Congénère 153) dans les moules (µg/kg poids sec) de 1992 à 2007

Le polychlorobiphényle (Congénère 153) dans les moules (médiane sur la période 2004 à 2006) Zoom page

Le polychlorobiphényle (Congénère 153) dans les moules (médiane sur la période 2004 à 2006)

 

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