Le réseau de suivi Toxicité lipophile (incluant les DSP) dans les coquillages Toxicité ASP dans les coquillages Pseudo-nitzschia Dinophysis
Le genre Dinophysis appartient à la classe des dinophycées. Il comprend de nombreuses espèces de Dinophysis dont la plupart sont toxiques. Plusieurs de ces espèces sont présentes dans les eaux du littoral français : D. acuminata, D. saccalus, D. caudata et D. rotundata.
Les cellules de Dinophysis sont de taille petite à moyenne, entre 30 et 100 micromètres1. Dinophysis fait partie du phytoplancton à faible taux de développement : les coquillages peuvent devenir toxiques même quand Dinophysis est présent en très faible quantité dans l'eau (seuil d'alerte = 500 cellules/litre).
L'apparition de Dinophysis dans les eaux côtières est généralement observée en été en Manche. Certaines conditions hydrologiques, telles que la stratification des masses d'eaux en couches de température et de salinité différentes, sont connues pour favoriser son développement. Lors des épisodes toxiques DSP, les moules sont les coquillages qui sont généralement les plus toxiques et qui se contaminent le plus vite. Mais d'autres coquillages sont concernés comme les palourdes, les coques, les donaces (ou donax), les amandes de mer, les huîtres, les pectinidés, etc....
En Basse-Normandie, nous observons que :
La zone de développement du Dinophysis se situe donc principalement au niveau du panache de la Seine. La zone d'Antifer apparaît comme une zone d'accumulation préférentielle de Dinophysis : ceci est expliqué en grande partie par la configuration du site, le régime des vents, les courants de marée résiduels ainsi que par les excellentes conditions de croissance fournies par le panache de dilution de la Seine (stratification, richesse nutritive).
En 2005, Cugier, Billen, Guillaud, Garnier et Menesguen arrivent à retranscrire ces développements par la modélisation. Ils ont en effet montré, en utilisant le modèle Elise Baie de Seine4, que lors des années pluvieuses (exemple de 1994), les développements de dinoflagellés sont moins importants que lors des années sèches (exemple de 1990). Le modèle confirme également que c'est dans le secteur de l'estuaire que les productions maximales de dinoflagellés (et également de diatomées) sont enregistrées.
Simulation du développement de flagellés dans le secteur de l’estuaire de Seine au moyen du modèle hydrobiologique Elise. Comparaison de ce développement lors d’une année sèche (1990) et d’une année humide (1994)
Le développement plus ou moins marqué des dinoflagellés peut trouver son origine dans un déséquilibre du rapport Si/N. Or, nous savons que les apports en nitrates à la baie, via la Seine principalement, ont pratiquement doublé en 20 ans. Les apports en silice, qui proviennent du lessivage des sols, sont restés quasiment constants sur la même période. Ces évolutions dans les apports de sels nutritifs ont très vraisemblablement généré une modification des peuplements phytoplanctoniques en favorisant les dinoflagellés, dont fait partie Dinophysis, au détriment des diatomées3.
Sources :
1 REPHY espèces toxiques et toxines - synthèse sur 10 ans
2 Résultats de la surveillance de la qualité du milieu marin littoral - Départements : Seine-Maritime, Eure, Calvados et Manche, 2005, IFREMER, Direction de l'Environnement et de l'Aménagement LIttoral - Laboratoire Environnement et Ressources de Normandie, 80p.
3 CUGIER P., 1999, Modélisation du devenir à moyen terme dans l'eau et les sédiments des éléments majeurs (N, P, Si) rejetés par la Seine en baie de Seine, Université de Caen, Th. Géophys., 250p.
4 CUGIER P., BILLEN G., GUILLAUD J.F., GARNIER J., MENESGUEN A., 2005. Modelling the eutrophication of Seine Bight (France)under historical, present and future riverine nutrients loading. Journal of hydrology, 304 (2005). P 381-396
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Mise à jour : 21/04/2011