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Le réseau de suivi Toxicité lipophile (incluant les DSP) dans les coquillages Toxicité ASP dans les coquillages Pseudo-nitzschia Dinophysis
Le test de recherche des toxines DSP (Diarrheic Shellfish Poisoning) sur les coquillages est réalisé à partir d'un extrait de glandes digestives de coquillages (photo ci-contre) sauf en ce qui concerne les pectinidés pour lesquels un broyat de la chair totale de 10 individus est à utiliser.
Le dépistage de la toxine est effectué par injection sur souris. Le test est considéré comme positif s'il y a mort d'au moins deux souris sur trois sur une période de 24h.
En Normandie, depuis que les suivis REPHY existent, des épisodes toxiques ont été enregistrés sur la zone comprise entre St Valéry-en-Caux (Seine-Maritime) et Barfleur dans le département de la Manche. Cependant, l'essentiel des épisodes toxiques a été observé entre Yport (Seine-Maritime) et St Aubin dans le Calvados (cf. graphe ci-contre). Ils apparaissent principalement pendant le mois d'août mais ils s'étalent de juillet à octobre pour le secteur d'Antifer.
La zone d'Antifer présente les développements de Dinophysis les plus importants. De ce fait, des arrêtés préfectoraux d'interdiction de la pêche, du ramassage et de la vente des coquillages y sont pris pratiquement chaque année. La durée moyenne de ces "fermetures de zone" est de l'ordre de 2 mois et demi, le plus souvent d'août à fin octobre/début novembre1.
Au contraire, les secteurs de la Baie des Veys, et des côtes est, nord et ouest Cotentin n'ont jamais, à ce jour, présenté d'épisode de toxicité des coquiilages. Des cellules de Dinophysis ont été dénombrées dans ces secteurs mais en très faible quantité (de l'ordre de 100 cellules par litre) : les tests de toxicité effectués sur les coquillages des ces secteurs ont toujours été négatifs1.
Les années 2003 et 2005 ont présenté des développements exceptionnels de Dinophysis par rapport au schéma habituel précité.
L'année 2003 a été marquée par un développement exceptionnel du Dinophysis dans la partie orientale de la baie de Seine :
Les causes de ce développement exceptionnel ne sont pas aujourd'hui clairement identifiées, mais il semble néanmoins que la canicule, et plus précisément l'étiage estival des fleuves se jetant en baie de Seine puisse en être à l'origine.
En utilisant le modèle développé par Cugier2, en en y appliquant les conditions hydro/météorologiques de l'année 2003, et notamment les débits de l'Orne et de la Seine, nous arrivons également à retrouver le développement tout à fait particulier des dinoflagellés cette année là, avec 2 zones de concentrations, l'une au large d'Antifer, et l'autre sur le secteur central des côtes du Calvados, autour de Meuvaines/Asnelles, alors que les secteurs plus à l'est, entre Ouistreham et Cabourg connaissaient des développements moindres (cf. image ci-dessous).
Enfin, il faut souligner le développement exceptionnel de Dinophysis à la fois à la côte, mais aussi au large de la baie de Seine, lors de l'automne 2005 qui a généré une toxicité DSP dans les coquilles Saint-Jacques depuis le littoral jusqu'à 35 milles au large, perturbant le déroulement de la campagne de pêche et obligeant à la prise de mesures de gestion sanitaire par les trois Préfets concernés. Les teneurs maximales enregistrées ont atteint 20000 µg/g d'équivalent acide okadaïque dans les hépato-pancréas des coquilles les plus contaminées. Il faut noter que la toxicité DSP était concentrée à 99% dans l'hépato-pancréas, qui n'est pas consommé, alors que le muscle de la coquille (qui lui est consommé) était totalement exempt de contamination.
Ces développements exceptionnels de 2003 et 2005 suggèrent l'hypothèse d'une recrudescence des effloresences toxiques à Dinophysis en Manche est. Bien qu'il soit encore trop tôt pour conclure que ce phénomène représente une marque de l'évolution de l'écosystème Manche, ceci oblige à maintenir des niveaux de suivi élevés dans le cadre du REPHY dans un souci de protection sanitaire des consommateurs de coquillages, et d'aide à la gestion des pêcheries.
Sources :
1 Résultats de la surveillance de la qualité du milieu marin littoral - Départements : Seine-Maritime, Eure, Calvados et Manche, 2004, IFREMER, Direction de l'Environnement et de l'Aménagement Littoral - Laboratoire Environnement et Ressources de Normandie, 80p.
2 CUGIER P., BILLEN G., GUILLAUD J.F., GARNIER J., MENESGUEN A., 2005. Modelling the eutrophication of Seine Bight (France) under historical, present and future riverine nutrients loading. Journal of hydrology, 304 (2005). P 381-396
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Mise à jour : 20/04/2011