Lors de l'élaboration des programmes des études de surveillance, stratégies spatiale et temporelle ont été utilisées conjointement. L'une privilégie l'impact immédiat en considérant des comparaisons de type prise-rejet, elle intéresse une surface limitée aux abords immédiats des ouvrages ; l'autre cherche à détecter des évolutions à moyen ou long terme du milieu marin par rapport à une situation de référence et recouvre une surface plus vaste à l'échelle locale. A titre d'exemple pour le pélagos, une comparaison prise-rejet correspond à un impact immédiat de transit qui peut s'exprimer en terme de mortalité ; une comparaison avant-après mise en service correspond à un impact différé qui peut se traduire par exemple par une évolution de l'équilibre entre espèces au sein d'une population. Deux grandes idées ont guidé la réflexion. Elles relèvent de façon plus ou moins explicite d'un principe de prudence, voire de précaution:
La solution retenue a donc été le résultat d'un compromis entre les deux options. Par exemple :
Sur la base des études de suivi temporel et de comparaison spatiale engagées dès le début des études, une première approche statistique a été réalisée pendant l'étude de l'état de référence du site de Gravelines. Elle a montré la possibilité de détecter statistiquement un écart entre un état de référence stable (avant mise en service) et un état impacté (après), en fonction du nombre d'années et de la valeur de la biomasse chlorophyllienne moyenne : 15 ans avant et 15 ans après pour déceler un écart de 40 % dans le cas d'une biomasse chlorophyllienne à 8 mg/m3 , en période de bloom phytoplanctonique à Gravelines. Mais cette approche se heurte en pratique au problème du nombre très élevé d'échantillons nécessaires pour discriminer de façon significative de faible écarts entre les états (avant-après). L'étude statistique spatiale entre le milieu impacté et le milieu naturel apparaît plus réaliste. Cette approche par constat d'impact sur le milieu permet de calculer ou de constater un impact. Elle ne permet pas d'en saisir l'importance pour le milieu. L'effort d'échantillonnage a été recentré à des périodes clés de l'année, tel qu'un bloom phytoplanctonique, un maximum zooplanctonique ou un maximun thermique annuel.
L'approche statique précédente se complète par une analyse écologique des effets observés, en particulier à partir des données recueillies en un point représentatif hors zone impactée. Ces données fournissent des informations sur l'état naturel des populations comme la richesse trophique, la productivité phytoplanctonique, l'abondance des stades larvaires réputés plus fragiles, l'âge des individus pour les oeufs de poissons, etc.
Deux familles de paramètres sont échantillonnées. La première famille permet de voir globalement l'état des lieux dans les domaines de l'écologie et de l'halieutique. Elle concerne des paramètres indicateurs tels que les caractéristiques des masses d'eau (température, salinité), les marqueurs de l'impact (température, haloformes), les sources nutritionnelles (sels nutritifs pour le phytoplancton, chlorophylle pour le zooplancton, zooplancton pour les poissons), les espèces et peuplements cibles (pélagiques ou benthiques), les espèces exploitées (benthos, halieutique). La seconde famille comprend des paramètres indicateurs spécifiques de chaque site, sélectionnés pour leur sensibilité ou leur importance locale. Elle intéresse diverses thématiques tels que l'hydrologie (matière en suspension à Penly, bouchon vaseux au Blayais), la microbiologie (identification des Vibrions à Gravelines), la planctonologie (peuplements estuariens au Blayais), le benthos (Fucales à Paluel, Cirripèdes à Flamanville), la pêche expérimentale (homard et araignée à Flamanville), la biomorphosédimentologie (sonar latéral à Penly).
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Mise à jour : 08/07/2009