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Bilan

Le présent bilan porte sur les trois aspects suivants : les espèces phytoplanctoniques dominantes sur le littoral français, l’évaluation de la qualité des eaux littorales d’un point de vue phytoplancton dans le cadre de la DCE, la présence de phytoplancton toxique et de phycotoxines sur les côtes françaises.

Les espèces phytoplanctoniques dominantes sur le littoral français

D’après les travaux de Dominique Soudant, Mélanie Brun et Catherine Belin.

Méthode de calcul

L’ensemble des résultats phytoplancton dans la base de données Quadrige² a été traité sur la période 2003-2015, afin d’en extraire une information sur les principales espèces qui constituent les populations phytoplanctoniques du littoral français sur cette période. La notion de « dominance » a été retenue pour caractériser objectivement cette liste des principales espèces, en leur donnant un rang de dominance (du plus dominant au moins dominant).

L’une des difficultés liées à l’observation du phytoplancton est l’impossibilité d’identifier toutes les cellules vues au microscope à un même niveau taxinomique, car certaines espèces sont aisées à reconnaître, alors que pour d’autres une confusion avec d’autres espèces est probable étant donné le niveau de détail requis pour les discriminer. On parle donc de taxon phytoplanctonique, un taxon étant un groupe faunistique ou floristique correspondant à un niveau de détermination systématique donné (classe, ordre, famille, genre, espèce). Le mélange de taxons de niveaux taxinomiques différents rend difficile le traitement des données pour calculer les dominances. Pour minimiser la dispersion en niveaux taxinomiques différents, un regroupement des taxons en Unités Taxinomiques (UT) a été effectué au préalable. Ces UT correspondent le plus souvent à un genre ou à un groupe de genres. Les dominances sont ensuite calculées selon une adaptation de l’indice de Sanders, qui permet de tenir compte à la fois des concentrations cellulaires observées pour une UT, et de la fréquence d’apparition de cette UT.

Ce calcul des dominances est réalisé : pour le littoral entier toutes façades confondues, pour la façade Manche seulement, pour la façade Atlantique seulement, pour la façade Méditerranée seulement. Ceci permet de distinguer les spécificités régionales de certains taxons.

Les taxons dominants sur la période 2003-2015

Les dix premières Unités Taxinomiques dominantes sont listées ci-dessous dans l’ordre de leur rang de dominance au niveau national. Sont indiqués pour chaque UT :

  • son rang au niveau national
  • le nom de l’Unité Taxinomique, et les taxons constituant cette UT (entre parenthèses)
  • la classe et l’embranchement d’appartenance de cette UT
  • ses rangs respectifs sur les différentes façades
  • quelques informations supplémentaires

1. UT Pseudo-nitzschia (genre Pseudo-nitzschia)

Classe des Bacillariophyceae, embranchement des Ochrophyta
Manche 1, Atlantique 1, Méditerranée 1
Pseudo-nitzschia peut se développer à des concentrations très importantes, jusqu’à plusieurs millions ou dizaines de millions de cellules par litre. Le record national pour la période 2003-2015 est de 60 millions de cellules par litre, sur le littoral de la côte audoise en Méditerranée, en juillet 2010.

2. UT Chaetoceros (genre Chaetoceros)

Classe des Bacillariophyceae, embranchement des Ochrophyta
peut se développer à des concentrations très importantes, jusqu’à plusieurs millions ou dizaines de millions de cellules par litre. Le record national pour la période 2003-2015 est de 18 millions de cellules par litre, en baie des Veys (Normandie) en juillet 2008.

3. UT Skeletonema (genre Skeletonema)

Classe des Bacillariophyceae, embranchement des Ochrophyta
peut se développer à des concentrations très importantes, jusqu’à plusieurs millions ou dizaines de millions de cellules par litre. Le record national pour la période 2003-2015 est de plus de 107 millions de cellules par litre, en baie de Seine (Normandie) en juin 2007.

4. UT Leptocylindrus (genre Leptocylindrus)

Classe des Bacillariophyceae, embranchement des Ochrophyta
peut se développer à des concentrations très importantes, jusqu’à plusieurs millions, voire dizaines de millions de cellules par litre. Le record national pour la période 2003-2015 est de 34 millions de cellules par litre, dans l’estuaire de la Vilaine (Bretagne sud) en août 2009.

5. UT Cryptophyceae (classe des Cryptophyceae, comprenant l’ordre des Cryptomonadales)

Embranchement des Cryptophyta
peuvent se développer à des concentrations très importantes, jusqu’à plusieurs millions, voire dizaines de millions de cellules par litre. Le record national pour la période 2003-2015 est de plus de 65 millions de cellules par litre, dans l’étang de Biguglia (Corse) en juin 2009

6. UT Dinophysis + Phalacroma (les deux genres Dinophysis et Phalacroma)

Classe des Dinophyceae, embranchement des Myzozoa
Manche 16, Atlantique 6, Méditerranée 4

Les deux genres ont la particularité de ne jamais se développer à de fortes concentrations. Pour Dinophysis, la seule prolifération supérieure à 100 000 cellules par litre sur l’ensemble de la période a été observée au nord de l’estuaire de la Seine en août 2006, avec un maximum de 802 900 cellules par litre. Pour Phalacroma seulement deux observations sont supérieures à 10 000 cellules par litre : en Méditerranée, dans l’étang de Thau (Languedoc) en juillet 2006 avec 21 200 cellules par litre, et dans l’étang de Diana (Corse) en octobre 2013 avec 19 000 cellules par litre. Les rangs de dominance sont extrêmement déterminés par Dinophysis, puisque la très grande majorité des résultats lui sont associés. Les rangs sont également déterminés par la présence de Dinophysis sur de longues périodes y compris à de faibles concentrations, plutôt que par des proliférations importantes.

7. UT Cylindrotheca + Ceratoneis + Nitzschia + Hantzschia (les quatre genres formant l’UT)

Classe des Bacillariophyceae, embranchement des Ochrophyta
Manche 14, Atlantique 10, Méditerranée 8

Le genre Cylindrotheca ne se développe qu’à faible concentration, rarement plus de 100 000 cellules par litre. Le genre Ceratoneis peut se développer à plusieurs millions voire dizaines de millions de cellules par litre, avec le record sur la période 2003-2015 dans l’étang de Thau (Languedoc) en juillet 2006 avec plus de 65 millions de cellules par litre. Les genres Nitzschia + Hantzschia peuvent également se développer à plusieurs millions de cellules par litre, avec le record sur la période 2003-2015 dans les étangs palavasiens (Languedoc) en juillet 2003 avec 60 millions de cellules par litre. Les rangs de dominance sont largement déterminés par les genres Nitzschia et Hantzschia.

8. UT Thalassiosira + Porosira (les deux genres Thalassiosira et Porosira)

Classe des Bacillariophyceae, embranchement des Ochrophyta
Manche 6, Atlantique 7, Méditerranée 23

L’ensemble des deux genres Thalassiosira + Porosira peut se développer à de fortes concentrations, pouvant atteindre plusieurs millions de cellules par litre. Le record national sur la période 2003-2015 a été observé dans les étangs Berre-Vaine-Bolmon (Méditerranée) en mai 2009 avec plus de 5 millions de cellules par litre.

9. UT Prorocentrum (genre Prorocentrum)

Classe des Dinophyceae, embranchement des Myzozoa
peut se développer à des concentrations très importantes, jusqu’à plusieurs millions voire dizaines de millions de cellules par litre. Le record national pour la période 2003-2015 est de 116 millions de cellules par litre, en rade de Brest (Bretagne) en août 2004.

10. UT Guinardia (genre Guinardia)

Classe des Bacillariophyceae, embranchement des Ochrophyta
peut se développer à des concentrations importantes, jusqu’à plusieurs millions de cellules par litre. Le record national pour la période 2003-2015 est de plus de 28 millions de cellules par litre, dans la pays de Caux (Artois Picardie) en mai 2005.

Évaluation de la qualité des eaux littorales d’un point de vue phytoplancton, dans le cadre de la DCE

D’après les travaux de : Alice Lamoureux, Catherine Belin et Dominique Soudant.

La Directive Cadre sur l’Eau du 23 octobre 2000 définit un cadre pour la gestion et la protection des eaux et fixe un objectif de bon état écologique et chimique. Pour ce qui concerne l’état écologique, la Directive demande à ce que soient évalués un certain nombre d’éléments de qualité biologiques, ainsi que des paramètres physico‐chimiques soutenant la biologie, afin de définir l’état global d’une masse d’eau. Le phytoplancton figure parmi les éléments de qualité biologiques retenus pour la classification de l'état écologique des masses d’eaux littorales, c’est à dire les eaux côtières et de transition. Il doit être évalué à parti de trois composantes : biomasse, abondance et composition.

Un état des lieux complet sur l’historique de constitution de l’indicateur phytoplancton en France, les exercices d’intercalibration européenne auquel il a été soumis, les méthodes et métriques utilisées pour le calculer et les grilles permettant d’évaluer chaque masse d’eau littorale, est disponible dans le document Belin et al. (2014), Tome 1.

Evaluation de la qualité des eaux littorales de la France métropolitaine pour l'élément de qualité Phytoplancton dans le cadre de la DCE. Etat des lieux des règles d’évaluation, et résultats pour la période 2007‐2012 / Tome 1 ‐ Etat des lieux, méthodes et synthèse des résultats / Catherine Belin, Alice Lamoureux & Dominique Soudant / Ifremer, avril 2014 - Document Pdf, 30 Mo

Le Tome 2 présente les résultats détaillés de l’évaluation sur la période 2007-2012. Une évaluation plus récente a été faite sur la période 2010-2015, elle est synthétisée plus bas.

Evaluation de la qualité des eaux littorales de la France métropolitaine pour l'élément de qualité Phytoplancton dans le cadre de la DCE. Etat des lieux des règles d’évaluation, et résultats pour la période 2007‐2012 / Tome 2 ‐ Résultats détaillés : fiches par masse d’eau et éléments d’expertise / Catherine Belin, Alice Lamoureux & Dominique Soudant / Ifremer, avril 2014 - Document Pdf, 2 Mo

Actuellement, l’indicateur phytoplancton est calculé à partir de deux indices : la biomasse et l’abondance.

L’indice biomasse est calculé à partir des résultats sur la chlorophylle-a. En effet, la chlorophylle‐a est présente dans une grande majorité de cellules phytoplanctoniques, elle est simple à mesurer, et elle est une bonne approximation des variations de la population phytoplanctonique dans son ensemble (micro‐, nano‐ et picophytoplancton). La métrique retenue est le Percentile 90 des données de chlorophylle‐a mesurées sur six ans, une fois par mois, sur une période de l’année variable selon les façades (mars à octobre en Manche Atlantique, toute l’année sur le littoral méditerranéen, juin à août dans les lagunes méditerranéennes). Cette métrique permet la prise en compte d'une grande majorité des données y compris celles des pics de chlorophylle‐a, à l'exception des données extrêmes de ces pics.

L’indice abondance est calculé de façon différente selon le type de masse d’eau.

En Manche Atlantique et dans les eaux côtières de Méditerranée, l’indice abondance est basé sur les efflorescences (ou blooms) de chacun des taxons phytoplanctoniques identifiés et dénombrés. Un bloom est ici défini comme toute concentration supérieure à un seuil pour un taxon unique. Ce seuil est différent selon les cas. Cet indice abondance est complémentaire à l’indice biomasse, car si la biomasse chlorophyllienne permet d’estimer la propension de la population phytoplanctonique dans son ensemble à proliférer, la prise en compte des blooms de chaque taxon permet d’évaluer la propension d’un taxon unique à se développer de façon importante, éventuellement au détriment des autres. La métrique retenue pour cet indice est le pourcentage d’échantillons pour lesquels au moins un taxon dépasse la concentration‐seuil fixée pour un bloom, rapporté au nombre total d’échantillons.

Dans les lagunes méditerranéennes, qui sont des écosystèmes particuliers dans lesquels la majeure partie du phytoplancton est composée de cellules appartenant au nano et au pico‐phytoplancton, l’indice abondance est basé sur des mesures de cytométrie en flux, permettant de prendre en compte ces cellules de très petite taille. Deux paramètres sont retenus pour cet indice : les concentrations respectives en millions de cellules par litre, du nano‐phytoplancton et du pico‐phytoplancton. La métrique pour chacun de ces paramètres est le Percentile 90.

L’indicateur phytoplancton est enfin calculé en faisant une moyenne des évaluations calculées pour la biomasse et l’abondance. Chaque masse d’eau est ainsi classée selon un système à cinq classes : état très bon, bon, moyen, médiocre, mauvais. L’objectif fixé par la DCE est que chaque masse d’eau soit classée à terme en très bon ou en bon état.

L’évaluation calculée sur la période 2010-2015 donne les résultats présentés dans les cartes suivantes. Les résultats pour chaque masse d’eau devant être évaluée sont représentés par : des aplats de couleur pour les eaux côtières, des symboles ronds en couleur pour les eaux de transition.

Artois-Picardie Zoom fenetre Artois-Picardie
Normandie Zoom fenetre Normandie

En Artois Picardie, la majorité des masses d’eau est en état moyen, voire médiocre. Certaines masses d’eau sont déclassées par les deux indices, d’autres seulement par l’indice abondance.

 

 

En Normandie, seule une masse d’eau côtière au sud de la baie de Seine est classée en état moyen.

Bretagne Nord Zoom fenetre Bretagne Nord
Bretagne Ouest Zoom fenetre Bretagne Ouest

En Bretagne nord et ouest, toutes les masses d’eau, côtières ou de transition, sont classées en bon ou très bon état.

 

 

 

Bretagne Sud et Loire Zoom fenetre Bretagne Sud et Loire
Adour-Garonne Zoom fenetre Adour-Garonne

En Bretagne sud et Loire, la masse d’eau côtière Baie de Vilaine Côte est dans un état moyen, elle est déclassée par les deux indices biomasse et abondance.

 

 

En Adour Garonne, toutes les masses d’eau, côtières ou de transition, sont classées en bon ou très bon état.

Méditerranée Ouest Zoom fenetre Méditerranée Ouest
Méditerranée Est Zoom fenetre Méditerranée Est

En Méditerranée, toutes les masses d’eau côtières sont classées en bon ou très bon état, par contre les lagunes de la Méditerranée ouest (considérées comme eaux de transition) présentent des états très contrastés allant du très bon au mauvais état.

 

Corse Zoom fenetre Corse

 

En Corse, toutes les masses d’eau côtières sont classées en très bon état, mais les lagunes présentent des états variés allant du très bon état à un état médiocre.

 

Les espèces toxiques et les phycotoxines présentes en France

Pour une visualisation des résultats acquis depuis 2003, consulter les produits suivants :

Des explications détaillées sont disponibles dans les notices de ces différents produits. Des informations résumées sont données ci-dessous.

Dinophysis et toxines lipophiles (DSP)

 

Dinophysis Dinophysis

Le genre Dinophysis appartient à la classe des Dinophyceae (ou dinoflagellés) de l'embranchement des Myzozoa. Il comporte de nombreuses espèces, dont un certain nombre produit des phycotoxines appartenant à la famille des toxines lipophiles qui incluent les toxines diarrhéiques (encore appelées toxines DSP).

Dinophysis a la particularité de ne jamais proliférer à de fortes concentrations : les toxines qu’il produit sont susceptibles de contaminer les coquillages même quand il est observé à très faible concentration (moins d’une centaine à quelques centaines de cellules par litre).

La famille des toxines lipophiles regroupe de nombreuses substances qui ont en commun d’avoir des propriétés physico-chimiques similaires. Depuis 2010, ces toxines sont recherchées par des analyses chimiques en Chromatographie Liquide / Spectrométrie de Masse (CL-SM/SM). Parmi les toxines lipophiles on trouve des toxines diarrhéiques susceptibles de provoquer des intoxications dont les symptômes sont similaires à ceux d’une intoxication diarrhéique provoquée par certaines bactéries ou certains virus : diarrhées, vomissements, douleurs abdominales, avec parfois des maux de tête et des nausées, mais habituellement sans fièvre. Les premiers épisodes toxiques clairement associés à des toxines diarrhéiques en France ont été observés en 1983, avec 3 à 4000 intoxications diarrhéiques recensées en Bretagne sud.

Trois groupes de toxines lipophiles sont actuellement réglementés au niveau européen, avec des seuils de sécurité sanitaire à ne pas dépasser pour que les coquillages soient considérés comme consommables : AO+DTXs+PTXs (Acide Okadaïque + Dinophysistoxines + Pectenotoxines) dont le seuil est égal à 160 µg/kg de chair de coquillage ; AZAs (Azaspiracides) dont le seuil est égal à 160 µg/kg ; YTXs (Yessotoxines) dont le seuil est égal à 3750 µg/kg. Les toxines incriminées dans la contamination des coquillages appartiennent toujours au premier groupe en France, en particulier Acide Okadaïque et Dinophysistoxines, connues pour être des substances à effet diarrhéique.

Bilan 2003-2015

Malgré des configurations variables d’une année à l’autre, Dinophysis est observé tous les ans en baie de Seine, sur la côte du Cotentin, en Bretagne ouest et sud, et dans les lagunes méditerranéennes du Languedoc-Roussillon et de Corse. Il est par contre beaucoup moins présent sur le littoral du nord de la France, de l’ouest Cotentin et de Bretagne nord. Les concentrations maximales annuelles sont généralement inférieures à 10 000 cellules par litre et sont toujours inférieures à 100 000 cellules par litre, à une exception près : la baie de Seine-Orne en 2006 (803 000 cellules par litre). Les périodes de présence sont différentes selon les régions : généralement à partir de mars-avril en Bretagne ouest et sud, et à partir de juillet-août en Normandie. Alors qu’il est rarement observé en hiver sur les côtes de Manche et d’Atlantique, Dinophysis est présent toute l’année en Méditerranée.

Malgré des configurations variables d’une année à l’autre, les zones les plus touchées par une toxicité des coquillages sont : la baie de Seine, nombreuses zones en Bretagne ouest et sud, le bassin d’Arcachon, ouest îles de Ré et d’Oléron, certaines lagunes méditerranéennes. Les périodes de toxicité, différentes selon les régions, sont liées aux périodes de développement de Dinophysis : généralement à partir de mars-avril en Bretagne ouest et sud, à partir de juillet-août en Normandie, toute l’année en Méditerranée.

Les plus fortes concentrations en toxines ont été enregistrées : en avril 2012 dans les moules d’Arcachon (37 296 µg/kg en aval, 24 862 µg/kg dans le bassin), en juillet 2013 dans les moules de la baie de Concarneau (14 127 µg/kg).

Alexandrium et toxines paralysantes (PSP)

Alexandrium Balech Alexandrium Balech

Le genre Alexandrium appartient à la classe des Dinophyceae (ou dinoflagellés) de l'embranchement des Myzozoa. Il comporte de nombreuses espèces, dont un certain nombre produit des phycotoxines appartenant à la famille des toxines paralysantes (ou toxines PSP).

Alexandrium peut se développer à des concentrations très importantes, jusqu’à plusieurs millions ou dizaines de millions de cellules par litre, pouvant alors former des « eaux rouges ». Les données disponibles depuis 1987 dans le cadre du REPHY montrent que les coquillages ne deviennent toxiques qu’après un développement important d’Alexandrium (plusieurs milliers ou dizaines de milliers de cellules par litre).

La famille des toxines paralysantes (PSP) regroupe de nombreuses toxines hydrosolubles, dont la Saxitoxine (STX) est la molécule de base. La méthode réglementaire européenne pour la détection de ces toxines est un bio-essai sur souris. Ces toxines paralysantes sont susceptibles de provoquer des intoxications dont les symptômes sont : fourmillements des extrémités, nausées, vomissements, en cas d’intoxication bénigne ; engourdissement des membres, troubles de la parole, incoordination motrice, difficultés respiratoires en cas d’intoxication modérée ; paralysie respiratoire pouvant conduire très rapidement au décès, en cas d’intoxication sévère. Des toxines PSP ont été observées pour la première fois en France : pour les côtes atlantiques dans les Abers (Bretagne nord-ouest) en 1988, pour les côtes méditerranéennes dans l’étang de Thau (Languedoc-Roussillon) en 1998. Aucune intoxication PSP associée à des coquillages provenant de zones françaises n’a été rapportée à ce jour.

La famille des toxines PSP est réglementée au niveau européen, avec un seuil de sécurité sanitaire à ne pas dépasser pour que les coquillages soient considérés comme consommables : 800 µg d’équivalent STX par kg de chair de coquillage.

Bilan 2003-2015

Malgré des configurations variables d’une année à l’autre, Alexandrium peut être observé sur l’ensemble du littoral français, avec des concentrations maximales annuelles qui sont le plus souvent inférieures à 10 000 cellules par litre. Les sites les plus fréquemment touchés par des proliférations supérieures à 100 000 cellules par litre ont été jusqu'en 2011 l’estuaire de la Penzé en Bretagne nord-ouest et l’étang de Thau en Languedoc. Depuis 2012, c'est en rade de Brest que sont recensées les plus fortes concentrations avec un record en 2012 à plus de 41 millions de cellules par litre. Le maximum pour l’étang de Thau sur la période 2003-2015 a été atteint en 2015 avec 820 000 cellules par litre. Les périodes de présence sont différentes selon les régions : en été en Bretagne, en automne-hiver en Méditerranée.

Les toxines PSP ne sont observées que certaines années et dans certaines zones seulement : (i) entre 2003 et 2010, en particulier en Rance (Bretagne nord), en rivière de Morlaix et dans les Abers (Bretagne nord-ouest), dans l’étang de Thau (Languedoc), (ii) depuis 2012, en rivière de Penzé et dans les Abers (Bretagne nord-ouest), en rade de Brest, et dans l’étang de Thau. Les plus fortes concentrations en toxines sur la période 2003-2015 ont été enregistrées : pour l'Atlantique en juillet 2012 dans les moules de la rade de Brest (11664 µg/kg), et pour la Méditerranée en novembre 2004 dans les moules de l’étang de Thau (6190 µg/kg). Les périodes de toxicité, différentes selon les régions, sont liées aux périodes de développement d’Alexandrium : par exemple entre juin et septembre en Bretagne, entre septembre et décembre dans l’étang de Thau.

Pseudo-nitzschia et toxines amnésiantes (ASP)

Pseudonitzschia (colonie) Pseudonitzschia (colonie)

Le genre Pseudo-nitzschia appartient à la classe des Bacillariophyceae (ou diatomées) de l'embranchement des Ochrophyta. Il comporte de nombreuses espèces, dont quelques-unes produisent des phycotoxines appartenant à la famille des toxines amnésiantes (ou toxines ASP).

Pseudo-nitzschia peut se développer à des concentrations très importantes, jusqu’à plusieurs millions ou dizaines de millions de cellules par litre. Les données disponibles depuis 1987 dans le cadre du REPHY montrent que les coquillages ne deviennent toxiques qu’après des développements très importants de Pseudo-nitzschia (plusieurs centaines de milliers de cellules par litre).

La famille des toxines amnésiantes (ASP) regroupe des toxines hydrosolubles dont l’Acide Domoïque (AD) est la molécule de base. La méthode réglementaire européenne pour la détection de ces toxines est une analyse chimique en Chromatographie Liquide / Détection UV (CL/UV). Ces toxines amnésiantes sont susceptibles de provoquer des intoxications dont les symptômes sont à la fois gastro-intestinaux et neurologiques : nausées, vomissements, diarrhées dans les premières 24 heures, puis maux de tête, troubles de la mémoire, éventuellement convulsions, et coma suivi de décès dans les cas graves. Des toxines ASP ont été observées pour la première fois en France, en mer d’Iroise et en baie de Douarnenez (Bretagne ouest) en 2000. Aucune intoxication ASP associée à des coquillages provenant de zones françaises n’a été rapportée à ce jour.

La famille des toxines ASP est réglementée au niveau européen, avec un seuil de sécurité sanitaire à ne pas dépasser pour que les coquillages soient considérés comme consommables : 20 mg d’équivalent AD par kg de chair de coquillage.

Bilan 2003-2015

La configuration générale est assez semblable d’une année à l’autre : Pseudo-nitzschia est observé tous les ans sur l’ensemble du littoral français, avec des concentrations maximales annuelles importantes, très souvent supérieures à 100 000 cellules par litre et assez fréquemment supérieures à 1 million de cellules. Le record national a été atteint en 2010 sur la côte audoise en Méditerranée occidentale avec 60 millions de cellules par litre. Les périodes de prolifération sont majoritairement entre avril et juin dans toutes les régions.

Les coquillages majoritairement affectés par une toxicité ASP sont les coquilles St Jacques, à une exception près en 2010 avec de nombreux autres coquillages contaminés. Malgré des configurations variables d’une année à l’autre, les zones les plus touchées sont : la baie de Seine au sens large et la Bretagne ouest et sud. Dans une moindre mesure, les Pertuis charentais ont également été concernés entre 2010 et 2012, puis en 2015. Les plus fortes concentrations en toxines ont été enregistrées : en avril 2014 dans les coquilles St Jacques de la rade de Brest (861 mg/kg), en mai 2010 dans les coquilles St Jacques de la baie de Quiberon (460 µg/kg) et de la baie de Vilaine (484 µg/kg). Les périodes et durées de toxicité sont différentes selon qu’il s’agit de coquilles St Jacques ou d’autres coquillages : période hivernale avec une durée potentiellement très longue (plusieurs mois) dans le premier cas, entre mars et mai et durée courte dans le deuxième cas.

Pour en savoir plus

Les Bulletins régionaux de la surveillance ont pour objectif de communiquer annuellement, région par région, les résultats de la surveillance mise en œuvre par Ifremer, sous une forme graphique et homogène sur tout le littoral français. Les résultats acquis dans le cadre du REPHY et du REPHYTOX y sont présentés de façon détaillée.

Les Bulletins nationaux de la surveillance font un bilan annuel des résultats de la surveillance mise en œuvre par Ifremer, au niveau national. Plus synthétiques que les bulletins régionaux, ils permettent d’avoir une vision globale et de mettre en évidence des spécificités régionales.

Evolution des concentrations du phytoplancton Dinophysis sur 20 ans Zoom page

Evolution des concentrations du phytoplancton Dinophysis sur 20 ans

Le phytoplancton toxique sur le littoral français Zoom page

Le phytoplancton toxique sur le littoral français

Les phycotoxines sur le littoral français Zoom page

Les phycotoxines sur le littoral français

Synoptique toxines - DSP Zoom page

Toxines lipophiles (incluant les toxines DSP ou diarrhéiques) avant 2010

Synoptique toxines - DSP Zoom page

Toxines lipophiles (incluant les toxines DSP ou diarrhéiques) depuis 2010

Synoptique toxines - PSP Zoom page

Toxines paralysantes (PSP)

Synoptique toxines - ASP Zoom page

Toxines amnésiantes (ASP)

Le phytoplancton dominant sur le littoral français Zoom page

Le phytoplancton dominant sur le littoral français

 

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