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Introduction

Bilan de la mission de contrôle de l'état de l'épave du Prestige par le Nautile (6 juin 2003)

Mise à l eau du Nautile Zoom fenetre Mise à l'eau du Nautile à partir du navire support Nadir - © Ifremer
Controle des obturations de la fuite F3 Zoom fenetre Contrôle des obturations de la fuite F3 sur la partie avant du Prestige : les cloches en acier déposées en février sont restées parfaitement étanches - © Ifremer

À la demande des autorités espagnoles, le Nautile de l'Ifremer et son navire support Nadir a effectué du 25 mai au 4 juin 2003 une mission de contrôle de l'état de l'épave du Prestige.

Le Nautile a plongé sur les parties avant et arrière de l'épave pour faire une observation globale et détaillée de l'ensemble de ses structures.

L'étanchéité des obturateurs mis en place lors de la première mission (10 décembre au 14 février) a été vérifiée et confirmée. Aucune dégradation nouvelle ni fuite supplémentaire n'ont été observées.

L'Ifremer, après analyse des observations et mesures réalisées lors de ces plongées a constaté une réduction significative des fuites résiduelles sur l'ensemble de l'épave, aujourd'hui estimées à 700 kg par jour.

Le Nautile reprendra son programme de campagnes scientifiques au cours de l'été. Sa première mission, pluridisciplinaire et internationale, le conduira en Méditerranée orientale entre l’Égypte et la Crête, pour une étude des suintements froids profonds.

 

Synthèse de la première mission Nautile sur le Prestige (2 décembre - 14 février)

Controle des obturations de la fuite F8 Zoom fenetre Contrôle des obturations de la fuite F8 sur la partie avant du Prestige : obturation par cloche parfaitement étanche - © Ifremer
Controle des obturations de la fuite F4 Zoom fenetre Contrôle des obturations de la fuite F4 sur la partie avant du Prestige : les cloches en acier déposées en février sont restées parfaitement étanches - © Ifremer

À la suite du naufrage du Prestige, l'Ifremer a proposé aux autorités espagnoles d'intervenir avec le sous-marin Nautile et le navire océanographique L'Atalante pour effectuer des observations sur l'épave.

Rappelons que l'Ifremer a dans ses missions le développement et la mise en oeuvre des moyens navals et sous-marins pour la recherche océanographique française et internationale. Le développement des moyens sous-marins de l'Ifremer, capables d'intervenir jusqu'à 6000 m, s'inscrit depuis longtemps dans la stratégie de l'Institut (avec notamment Cyana, Nautile, Sar, Victor...). La mise en oeuvre de ces moyens est confiée au Groupement d'Intérêt Economique Genavir.

Les moyens de l'Ifremer, prioritairement utilisés pour la recherche océanographique, ont été occasionnellement déployés pour des missions d'intérêt public ou des prestations industrielles et commerciales. Ils font partie des rares systèmes d'intervention très profonde existant dans le monde.

Le Nautile, en service depuis 1985, a fait l'objet en 2001-2002 d'un grand carénage au cours duquel de nouveaux équipements ont été mis en service. Ces équipements ont aussi contribué à la réussite des opérations sur le Prestige.

1 - La première phase s'est déroulée du 2 au 15 décembre

Controle des obturations de la fuite F9 Zoom fenetre Contrôle des obturations de la fuite F9 sur la partie avant du Prestige : obturation par tape parfaitement étanche - © Ifremer

Elle s'est déroulée en deux parties. Les objectifs de la première partie de la mission étaient :

  • la localisation de l'épave,
  • l'observation de l'environnement autour de l'épave,
  • la localisation des points de fuite de fioul,
  • et une estimation du débit par les experts désignés par les autorités espagnoles (Sasemar).

Les objectifs de la deuxième partie de la mission ont été fixés par la Commission scientifique espagnole (CCA) créée le 9 décembre :

  • caractérisation de la géométrie des orifices et fissures des cuves de l'épave en préalable à des études de faisabilité de leur obturation,
  • essai provisoire d'obturation sur une des fuites repérées,
  • mesure de la température du fioul et de ses déplacements verticaux au niveau de quelques fuites afin de mieux apprécier les débits de fuite.

La partie avant a immédiatement été trouvée par 3830 mètres de fond grâce aux sondeurs de L' Atalante et au sonar du Nautile.

La partie arrière, éloignée d'environ 3,5 kilomètres de l'avant et située sur une pente dans un relief accidenté a été localisée par la suite par 3565 mètres de fond.

Le Robin, petit robot téléopéré piloté par l'équipage du Nautile a été utilisé pour des observations rapprochées de l'épave et à l'intérieur de l'épave. Equipé de projecteurs et caméras, il est relié au Nautile par un câble de 60 mètres et complète les observations dans des zones inaccessibles au Nautile, notamment pour des raisons de sécurité (pont, zones encombrées d'objets comme les élingues, compartiments de ballastage, intérieur des cuves...).

Au cours de la première phase, 10 plongées ont été effectuées, totalisant environ 40 heures de travail sur le fond.

À la fin de cette mission, une des fuites a été obturée expérimentalement de façon satisfaisante. Les experts, sur la base des données collectées par le Nautile, avant les opérations de colmatage, estimaient le débit des 14 fuites alors répertoriées à environ 125 tonnes/jour.

2 - La deuxième phase s'est déroulée du 19 décembre au 14 février.

Les observations réalisées pendant la 1ère mission ont amené l'Ifremer à proposer aux autorités espagnoles de réaliser avec le Nautile des opérations de colmatage des orifices afin de réduire les fuites au maximum des possibilités d'intervention. Cette proposition a été retenue par la Commission scientifique (CCA) après examen des différentes offres d'assistance technique qu'elle avait reçues.

L'Ifremer estimait le travail, pour les 14 fuites initialement identifiées, à environ 15 plongées techniques suivies de quelques plongées de contrôle, espérant ramener le débit des fuites de 125 tonnes par jour à environ une dizaine de tonnes.

Le couple "équipage-engin" s'est révélé efficace et fiable. En revanche, les aléas météorologiques ont interrompu les opérations pendant près de 2 semaines en décembre et janvier.

Ces opérations complexes ont consisté à :

  • relever les dimensions précises des orifices afin de préparer ou faire préparer par Genavir ou des chantiers extérieurs les équipements nécessaires pour les obturer,
  • sécuriser les espaces dans lesquels le Nautile a dû manoeuvrer pour effectuer les travaux. En effet, si le petit robot Robin a pu réaliser des observations rapprochées dans ces zones, il était nécessaire que le Nautile puisse intervenir lui-même pour effectuer les travaux. Pour sécuriser ces zones, le Nautile a dû par exemple lester les aussières flottantes entre deux eaux de façon à les appliquer sur le fond ou sur le pont,
  • neutraliser les fuites par des traitements adaptés aux types d'orifices, constituant des innovations technologiques.

Plusieurs dispositifs ont été utilisés, notamment des plaques d'acier avec un dispositif de maintien par serrage par le Nautile, des bâches lestées... Le Nautile avec ses bras manipulateurs a pu aussi refermer les panneaux d'accès aux réservoirs, évitant le recours aux grosses cloches en acier qui avaient été envisagé. Il a pu également refermer des vannes de distribution sur les cuves.

Ces interventions ont permis l'obturation totale de la majorité des fuites et réduit les autres à des suintements résiduels (voir bilan ci-dessus). Chacune de ces obturations a été contrôlée à plusieurs reprises à quelques jours d'intervalle.

Au total 26 plongées ont été réalisées pendant cette 2ème phase totalisant plus de 100 heures de travail sur le fond pour les 20 fuites finalement répertoriées.

Compte tenu des faibles courants à cette profondeur, de la diminution de la fluidité du fioul avec son refroidissement progressif, de la pression à l'équilibre entre les cuves et leur environnement et de la lenteur de la corrosion, ces dispositifs devraient être efficaces durant plusieurs mois, voire plusieurs années dans l'attente d'un traitement industriel définitif de l'épave.

Par ailleurs, le Nautile a effectué un certain nombre de relevés complémentaires qui seront utiles dans le cadre des opérations de neutralisation ultérieure.

Le programme scientifique du Nautile, et par conséquent de l'ensemble de la flotte de l'Ifremer, a été largement aménagé par rapport à son planning initial. La Direction de l'Ifremer, les responsables des programmes et l'ensemble des scientifiques, ont effectivement considéré que l'intérêt public de cette tâche l'emportait sur toute autre considération.

A la fin des opérations, L' Atalante a fait une escale technique en Espagne avant de rejoindre le Centre de l'Ifremer à Toulon. Le Nautile également a fait l'objet d'inspection et de nettoyage suivant un protocole précis avant de reprendre son programme de missions scientifiques et technologiques.

Le Nautile, sous-marin de 19,5 tonnes et 8 mètres de long pouvant emporter trois personnes (deux pilotes et un observateur), peut descendre jusqu'à 6.000 mètres. Conçu pour l’observation et l’intervention, il est équipé de caméras, de bras manipulateurs pour recueillir des échantillons et effectuer des mesures à l’aide de sondes. Les plongées du Nautile sont effectuées lorsque les conditions océano-métérologiques ne dépassent pas une mer de force 4 et/ou des vents de 25 nœuds. Depuis sa mise en service en 1984, il a effectué près de 1 500 plongées dans tous les océans. Si des opérations telles que celles sur l'épave du Titanic (par 3.800 mètres de fond), l’expertise du vaisseau La Lune ou la récupération de l’épave d’un DC9 italien avaient été particulièrement médiatisées, le Nautile est essentiellement utilisé pour des missions scientifiques en géologie (par exemple l’étude des zones de forte sismicité au large de la Turquie ou du Japon, étude des dorsales océaniques …) ou en biologie pour l’étude des sources hydrothermales. 
Le Nautile est un sous-marin léger dans l’eau, avec une charge utile de 100 kg. Il n’est pas destiné, ni équipé, pour effectuer des manipulations de type industriel. 
L'Ifremer a une bonne expérience des interventions sous-marines par grande profondeur mais n'a pas les moyens industriels pour réaliser des travaux sous-marins lourds, ni vocation à le faire. Des sociétés ayant cette expérience, notamment dans les travaux d'exploitation de pétrole marin profond ont cette capacité et des supports navals adaptés (capacités de charge, positionnement dynamique au point fixe, etc.). Les sociétés françaises d'ingénierie offshore sont d'ailleurs parmi les plus renommées dans le monde dans ce domaine et sont à même de proposer et réaliser différentes options de neutralisation définitive de l'épave du Prestige. 

Prestige - Nautile (situation de l'épave 01) Zoom page

Naufrage du pétrolier Prestige : la mission du Nautile

 

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