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Pollutions Accidentelles / Prestige

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Questions / réponses

1 Combien de temps faut-il au Nautile pour descendre à la profondeur de l'épave ?

  • 1h30 (jusqu'à 3500 mètres)
  • Au total, une journée de plongée compte environ 8 heures. Il reste environ 5 heures sur le fond, il largue 600 kg de lest (grenaille) pour s'alléger puis met environ 1 heure à remonter sous l'effet de la pression d'Archimède.

2 Le nombre de fuites ne risque-t-il pas d'augmenter après les interventions du Nautile du fait de la corrosion ? Combien de temps les colmatages vont-ils tenir ?

  • Compte tenu des conditions physiques rencontrées, comme les courants, les installations devraient tenir quelques mois, voire quelques années. Les inspections finales permettront de le préciser en prenant en compte les facteurs géotechniques, structurels, métallurgiques et chimiques.

3 Le Nautile pourrait-il participer aux travaux effectués ultérieurement sur l'épave ?

  • En principe, ce n'est pas prévu. La mission confiée à l'Ifremer a été dans un premier temps l'observation et les mesures et dans un deuxième temps le colmatage d'un maximum possible des fuites identifiées. L'expertise de l'Ifremer et de Genavir restera à la disposition de la Commission scientifique espagnole.

4 A quelles conditions météorologiques le Nautile peut-il plonger ?

  • La force du vent, la hauteur des vagues liées au vent, l'amplitude et la direction de la houle (ou des houles parfois) constituent un ensemble de paramètres appréciés par le capitaine de l'Atalante responsable de la manoeuvre de mise à la mer et de remise à bord du Nautile. Outre les équipes de pont mobilisées pour ces manoeuvres il est nécessaire de faire travailler autour du Nautile des plongeurs et une embarcation pneumatique. Typiquement un vent supérieur à 25 noeuds, et des creux supérieurs à 2m 50 constituent une limite normale pour ces manoeuvres délicates.
  • Ceci explique le suivi très attentif des prévisions météo et de l'évolution du temps pendant que le nautile est encore en plongée.

5 Combien de plongées le Nautile a-t-il effectué sur l'épave ?

  • 10 plongées avec le robot Robin jusqu'au 15 décembre en mission de reconnaissance et d'observation sur l'épave,
  • 26 plongées à la date du 14 février en mission de colmatage.

6 Cette expérience du Nautile ouvre-t-elle de nouvelles perspectives d'utilisation ?

  • Le type d'intervention effectué est original techniquement mais sur le fond, il n'est pas si différent des opérations pour le travail scientifique, en général mené sur des structures inconnues a priori et nécessitant une grande capacité d'adaptation sur le terrain. La mission scientifique restera la mission prioritaire du Nautile. L'intervention sur le Prestige montre l'importance pour l'Europe de disposer d'un moyen d'intervention comme le Nautile et de développer des compétences en technologies marines.

7 Au cours des plongées suivant les réparations, le Nautile a-t-il effectué des contrôles des travaux effectués ?

  • Chaque nouvelle plongée prévoit la vérification de l'étanchéité des opérations effectuées lors des plongées précédentes.

8 Quelles sont les conditions à remplir pour être pilote du Nautile ?

  • Le certificat d'aptitude au pilotage est délivré conformément aux règles prévues par un décret spécifique : aptitude médicale, compétence technique, entraînement et connaissance approfondie du submersible. En moyenne les pilotes totalisent plus de 100 plongées dans la fonction de "navigateur" avant de pouvoir être proposés à la qualification de "pilote chef de bord".

9 A quelle profondeur l'obscurité est-elle totale dans l'environnement du Nautile ?

  • Par temps très lumineux, soleil au zénith, mer claire, on perçoit la lumière du jour à travers les hublots jusqu'à 100 mètres environ.

10 Quelle est l'autonomie du Nautile en plongée ?

  • Les plus longues plongées parmi les 1500 effectuées jusqu'à ce jour ont duré jusqu'à 14 ou 15 heures, à titre tout à fait exceptionnel. Si l'on ajoute aux vérifications (check list) d'avant et après plongée (1h30 au total), la manoeuvre de mise à la mer et de récupération (environ 45mn au total), la montée et la descente (environ 2h30 au total pour 3500m de fond) et si l'on veut limiter à 10h la durée du travail pour l'équipage du Nautile, la durée de travail au fond est en moyenne de 4h15. En situation de survie (attente météo au fond par exemple), l'autonomie est au minimum de 5 jours.

11 Comment le Nautile fait-il pour rester à proximité de l'épave ?

  • Il n'y a pas de courant sensible dans la zone où gît l'épave (ce n'est pas toujours le cas au fond de la mer, bien au contraire) et comme le Nautile est doté d'une propulsion autonome qui lui permet de se déplacer dans les 3 dimensions, il n'y a aucun problème dès lors que la pesée a été parfaitement ajustée (le poids apparent dans l'eau est alors très faible). Il est plus facile de travailler en se posant sur le fond (poids supérieur à poussée par modification de la pesée, ou moteurs verticaux "à descendre"), mais ce n'est pas toujours possible.

12 Comment le Nautile a-t-il pu descendre les pièces utilisées pour le colmatage ?

  • Il s'aide de la poussée d'Archimède. Plutôt que de surcharger le panier à échantillons du submersible, l'équipage de l'Atalante peut envoyer au fond de grosses pièces suspendues à des sortes de flotteurs sous-marins. Ces pièces dont le poids apparent est ainsi très faible dans l'eau sont ensuite positionnées de façon très précise par le Nautile. La flottabilité additionnelle est ensuite larguée.

13 Qui des espagnols ou des français ont développé les systèmes de colmatage des orifices ?

  • En fonction des capacités d'interventions du Nautile (télé-opération), et de la configuration des orifices, la réflexion est faite en concertation entre les participants espagnols (membres ou représentants de la Commission) et les ingénieurs de Genavir, pour la mise au point de matériaux et techniques adaptées au cas par cas et de façon originale. Le chantier espagnol Izar réalise une partie des pièces.

14 Quels systèmes ont été mis au point pour colmater les orifices ?

  • Les fuites produites par des fissures irrégulières sont colmatées avec des sacs de grenaille que l'on dépose en couches successives. Un tapis lesté de grenaille d'acier a été confectionné pour colmater plusieurs fissures situées dans la même zone. Les fuites produites par des orifices à plat pont sont colmatées au moyen de tapes en acier, un dispositif de verrouillage permet de les fixer et d'étancher la fuite. Dans certains cas, des sacs de barite ont été posés en complément ou en substitution de la grenaille.
  • Les fuites produites par des orifices équipés de dispositifs de fermetures restés ouverts ou fuyants sont étanchées en repositionnant les capots, en manoeuvrant les dispositifs de fermeture à chaque fois que possible ou en lestant les capots avec des cloches en acier quand le Nautile ne peut pas verrouiller.
  • La fuite produite par la cheminée de ventilation de l'avant est en cours de colmatage avec un ou plusieurs sacs qui coifferont la cheminée et seront serrés sur le conduit cylindrique.
  • Les fuites produites à travers des orifices cylindriques sont colmatées avec des sacs de grenaille qui forment un bouchon, et une tape en acier.
  • La plaque en aluminium déposée en début de mission sur la fuite n°3 a été remplacée par une tape en acier.

15 Dans quel état se trouve l'épave ?

  • Les deux parties de l'épave sont séparées. La partie avant repose à plat sur le fond, la partie arrière est posée sur une pente naturelle d'environ 30 %.
  • Ces structures ont été déformées par l'impact sur le fond. Des parties du bordé du navire ont été perdues lors du naufrage.

16 Quel est "l'équipement" du Nautile ?

  • A la suite de son grand carénage terminé au printemps 2002, le sous-marin et ses équipements ont été modernisés. Des batteries lui fournissent l'énergie électrique nécessaire à la propulsion, à l'éclairage et à l'alimentation des équipements scientifiques. Il est relié au navire support par un téléphone acoustique. Deux centrales hydrauliques permettent le fonctionnement des deux bras manipulateurs. Le Nautile utilise sept puissants projecteurs, quatre caméras, des sondeurs et un sonar panoramique. Il comporte 3 hublots de 12 cm de diamètre, un par membre d'équipage (pilote, navigateur, observateur). Il peut mettre en oeuvre le Robin qui est un petit robot relié à lui par un câble.

17 Est-ce que le Nautile se pollue au contact du Prestige ?

  • En effet, dès que l'on touche le fioul du Prestige (l'épave en est assez généralement recouverte!) celui-ci colle sur l'extérieur du Nautile. Un nettoyage est effectué à l'issue de chaque plongée selon un protocole très détaillé en matière d'équipements de protection des personnels notamment.

 

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