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Très peu
d'études ont abordé l'aspect bactériologique et encore
moins viral des dragages. Cependant, les ports et les estuaires
reçoivent des eaux usées d'origine urbaine et agricole. Ces
rejets contiennent un grand nombre de bactéries et de virus dont
certains, d'origine fécale, sont pathogènes pour l'homme et
peuvent entraîner des pathologies à l'occasion de baignades ou de
consommation de coquillages. L'évaluation de l'impact microbiologique du
dragage passe tout d'abord par la connaissance de la charge bactérienne
et virale du sédiment et des mécanismes qui régissent
l'activité et la survie des bactéries dans cet
écosystème.
Les sédiments lorsqu'ils sont constitués par des particules
très fines contiennent un grand nombre de bactéries, car ils
offrent une grande surface de colonisation importante par rapport à leur
masse. C'est ainsi que 90,5 % de coliformes fécaux peuvent être
fixés sur des particules de petite taille (0,45 à 5 µm). Les
microorganismes suivants, pathogènes pour l'homme, peuvent être
retrouvés dans les sédiments : Salmonella, Escherichia
coli, streptocoques fécaux, Clostridium perfringens, Clostridium
botulinum de type E, Vibrio vulnificus, Vibrio cholerae, Vibrio
parahaemolyticus, Aeromonas spp
Les stations d'épuration
rejettent également en grande quantité des virus (hépatite
A, virus responsables de gastro-entérites, entérovirus) qui se
fixent majoritairement sur les particules fines.
Le dragage provoque une remise en suspension des sédiments et des
microorganismes qui leur sont associés. Ces phénomènes de
contamination de l'eau par le sédiments ont déjà
été observés lors de marées, de conditions
météorologiques particulières et de passages de bateaux.
Le devenir de la charge microbienne dans l'eau est, comme pour les autres
polluants, est fonction de la dilution, de la dispersion et de la
sédimentation des particules fines. Par ailleurs les bactéries
vont subir l'agression du milieu marin qui conduit à une atteinte
cellulaire. Les facteurs pouvant affecter la survie des bactéries
d'origine entérique en mer ont fait l'objet de nombreuses études
in situ ou en laboratoire. Les principaux facteurs de stress sont : la
lumière solaire (la lumière visible ou les UV proches), la
salinité, la teneur en éléments nutritifs, la
température, la prédation et la compétition de flore. Sous
l'effet de ces différents stress, les bactéries évoluent
dans l'eau côtière, comme dans le sédiment, vers des formes
viables non cultivables. Quant aux virus, leur comportement à
l'échelle des travaux de dragage sera comparable à celui des
particules inertes adhérentes au sédiment.
Lors des rejets des matériaux dragués, l'action de la
lumière sera atténuée par la turbidité, du fait de
la formation d'un nuage de matières en suspension pendant les
opérations de rejet. En conséquence leur temps de survie
pourraient être prolongé. Ainsi, avant de conclure que les
dragages ne constituent pas une menace pour les zones conchylicoles ou de
baignade, des études microbiologiques sont nécessaires.
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