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  Dinophysis et toxines DSP
 
     
Dinophysis Carte Tableau Photos Animation
DSP Carte Tableau
       
       
     

Dinophysis

  • Carte : concentration maximale par site, sur la période 1992 - 2001

  • Tableau : concentration maximale par bassin et par année

  • Photos : différentes espèces de Dinophysis

  • Animation : Dinophysis en Bretagne de 1987 à 2000

Le genre Dinophysis appartient à la classe des dinophycées (ou dinoflagellés). Il comprend de nombreuses espèces de Dinophysis, qui sont toxiques pour la plupart d'entre elles. Plusieurs de ces espèces de Dinophysis sont présentes dans les eaux du littoral français, principalement les complexes D. acuminata et D. sacculus, D. caudata, D. rotundata, et parfois D. acuta, D. tripos, D. fortii, etc. La reconnaissance des différentes espèces n'étant pas toujours aisée, les résultats du REPHY sont souvent globalisés sous le genre Dinophysis.

Les cellules de Dinophysis sont de taille petite ou moyenne, entre 30 et 100 µm.

Dinophysis fait partie du phytoplancton à faible taux de développement : les coquillages peuvent devenir toxiques même s'il est présent en très faible quantité dans l'eau. Les concentrations maximales de Dinophysis sont généralement comprises entre 1000 et 10 000 cellules par litre, très rarement supérieures à 100 000. 

Les développements de Dinophysis sont fréquents sur le littoral français, en particulier en Bretagne sud, mais aussi en Normandie, dans l'ouest Méditerranée et en Corse. Son apparition dans les eaux côtières est généralement observée au printemps ou en été en Manche et en Atlantique, et à des saisons variables, y compris l'hiver, en Méditerranée.

Dinophysis est une espèce qui ne se cultive pas en laboratoire : son cycle biologique, ainsi que ses conditions optimales de développement sont ainsi mal connus. Cependant, certaines conditions hydrologiques, telles que la stratification des masses d'eaux en couches de température et de salinité différentes, sont connues pour favoriser le développement de Dinophysis : c'est le cas sur les côtes de Bretagne sud, où cette configuration est régulièrement observée au printemps. Les côtes proches de l'estuaire de la Seine, où l'on observe tous les ans les plus fortes concentrations du littoral français apparaissent aussi comme une zone d'accumulation préférentielle de Dinophysis : ceci est expliqué en grande partie par la configuration du site, le régime des vents, les courants de marée résiduels, ainsi que par les excellentes conditions de croissance fournies par le panache de dilution de la Seine (stratification, richesse nutritive).

La responsabilité de Dinophysis dans certaines intoxications diarrhéiques sur le littoral atlantique a été mise en évidence en 1983, mais il est très probable que Dinophysis soit présent depuis longtemps dans certaines zones côtières françaises.


DSP

  • Carte : coquillages touchés par site, sur la période 1992 - 2001

  • Tableau : coquillages touchés par bassin et par année

Les toxines DSP regroupent différents composés se répartissant en plusieurs familles : les dinophysistoxines (DTXs) dont la principale est l'acide okadaïque (AO), les pecténotoxines (PTXs), les yessotoxines (YTXs) et les azaspiracides (AZAs). La plupart de ces toxines ont une activité diarrhéique : elles peuvent provoquer chez le consommateur de coquillages contaminés, une intoxication dont les effets apparaissent dans un délai de deux à douze heures après ingestion. L'intoxication diarrhéique par phycotoxines se manifeste beaucoup plus rapidement qu'une intoxication d'origine bactérienne, virale ou parasitaire. Les principaux symptômes sont des diarrhées, des douleurs abdominales, parfois des nausées et des vomissements. Les toxines DSP étant stables à la chaleur, la cuisson des coquillages ne diminue pas leur toxicité.

La méthode de détection et le seuil de sécurité sanitaire utilisés sont ceux qui sont décrits dans les textes réglementaires européens : 24 heures pour un test biologique sur souris. Les coquillages sont dangereux pour la consommation, quand le dépassement de ce seuil est effectif.

La relation entre concentration dans l'eau de Dinophysis et niveau de toxicité DSP dans les coquillages varie de façon importante selon la zone géographique. Dans certains sites, de très faibles concentrations (de l'ordre d'une centaine de cellules de Dinophysis par litre) conduisent à des toxicités fortes, alors que dans d'autres sites, des concentrations de quelques milliers de cellules par litre sont nécessaires pour atteindre ces mêmes niveaux de toxicité. Une des raisons peut être le mélange, différent d'une région à l'autre, des espèces de Dinophysis.

De plus, la toxicité varie selon l'espèce de coquillage : certains coquillages se contaminent plus que d'autres, avec des vitesses de contamination et de décontamination différentes selon l'espèce de coquillage. Lors des épisodes de toxicité DSP, les moules sont les coquillages qui sont généralement les plus toxiques et qui se contaminent le plus vite. Mais divers autres coquillages sont concernés, comme les palourdes, les coques, les donaces et les amandes de mer. Les quelques résultats de toxicité enregistrés sur les huîtres en 1994 dans plusieurs zones n'ont pas été retrouvés ultérieurement : la toxicité potentielle des toxines DSP vis à vis des huîtres reste à confirmer. Quant aux coquilles Saint-Jacques, elles ne se trouvent pas dans les zones côtières touchées par les épisodes DSP, et ne sont pas, pour le moment, surveillées dans le cadre du REPHY.

Quelques zones sont affectées de façon récurrente par des épisodes toxiques DSP :

  • en Normandie, le nord de l'estuaire de la Seine

  • en Bretagne, une grande partie des côtes ouest et sud

  • en Pays de la Loire, le littoral vendéen

  • en Languedoc-Roussillon, l'étang de Salses-Leucate

  • en Corse, les étangs de Diana et Urbino

Ces épisodes toxiques sont observés principalement entre juillet et octobre en Manche, entre mai et septembre en Atlantique, à toutes les saisons en Méditerranée.

       
     

Mise à jour : 22/01/2008 Copyright : Ifremerr