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  Alexandrium et toxines PSP
 
     
Alexandrium Carte Tableau Photos Alexandrium : détails
PSP Carte Tableau  
       
       
 

 

Alexandrium

  • Carte : concentration maximale par site, sur la période 1992 - 2001

  • Tableau : concentration maximale par bassin et par année

  • Photos : différentes espèces d'Alexandrium

  • Détails : organisation des plaques d'Alexandrium minutum

Le genre Alexandrium appartient à la classe des dinophycées (ou dinoflagellés). Plusieurs espèces d'Alexandrium sont observées dans les eaux côtières françaises dont les espèces toxiques A. minutum et A. tamarense / catenella. D'autres espèces sont cependant présentes, par exemple A. affine, A. andersoni, A. hiranoi, A. insuetum, A. margalefi, A. pseudogonyaulax et A. ostenfeldii. A l'exception d'A. ostenfeldii, la plupart de ces espèces ne sont pas connues pour être toxiques. La reconnaissance des différentes espèces n'étant pas toujours aisée, les résultats du REPHY sont souvent globalisés sous le genre Alexandrium. Les donnés de la carte et du tableau peuvent donc correspondre à des espèces non toxiques.

Les cellules d'Alexandrium minutum sont de forme arrondie et de petite taille, entre 17 et 29 µm.

Alexandrium peut proliférer à des concentrations très importantes (plusieurs millions ou même centaines de millions de cellules par litre), formant alors des eaux rouges. Les cellules d'Alexandrium peuvent se transformer en kystes, qui sont des formes de résistance leur permettant de passer l'hiver en s'enfouissant dans le sédiment. Au printemps, les kystes retrouvent les conditions adéquates pour redonner des cellules mobiles : c'est le début d'une efflorescence.


Cycle biologique d'Alexandrium minutum (d'après Wyatt et Jenkinson)

Plusieurs zones sont actuellement régulièrement touchées par des développements d'espèces toxiques d'Alexandrium. Dans les zones de Bretagne nord et en rade de Toulon (Provence-Côte d'Azur) il s'agit d'Alexandrium minutum, mais les populations des deux régions ne se ressemblent pas tout à fait et appartiennent probablement à des souches différentes. Dans l'étang de Thau (Languedoc-Roussillon), il s'agit d'Alexandrium tamarense / catenella. Les développements de ces espèces sont observées en fin de printemps et en été en Bretagne, et principalement l'hiver en Méditerranée.

Alexandrium minutum est observé également épisodiquement, le plus souvent en faible quantité, sur une grande partie du littoral atlantique. Des blooms importants de cette espèce, mais sans conséquences en terme de toxicité, ont aussi été observés en 1999 dans l'étang d'Urbino en Corse, et en Bretagne sud en 2001.

Des espèces non toxiques d'Alexandrium peuvent aussi proliférer, par exemple Alexandrium hiranoi dans l'étang de Berre-Vaine (Méditerranée) en 1996.

Alexandrium se cultive bien en laboratoire, ce qui permet de l'étudier de façon contrôlée. C'est une espèce exclusivement marine, mais elle supporte une certaine dessalure. Alexandrium minutum se développe au printemps et en été dans des baies semi-fermées et des estuaires : la distribution de cette espèce est connue pour être souvent liée à l'enrichissement des eaux en éléments nutritifs dans des zones côtières "sensibles", recevant des eaux douces continentales. En baie de Morlaix, par exemple, les efflorescences se produisent généralement après un maximum de débit des cours d'eau et un excès d'ensoleillement.

Il est possible que les espèces toxiques d'Alexandrium aient été introduites dans les eaux françaises assez récemment, puisque qu'elles ne semblent pas avoir été décrites avant les années 1980.


PSP

  • Carte : toxicité maximale par site et par coquillage, sur la période 1992 - 2001

  • Tableau : toxicité maximale par bassin, par coquillage et par année

Les toxines PSP forment une famille d'une vingtaine de molécules chimiquement proches, dont la toxine de base est la saxitoxine (STX). Parmi les dérivés de la STX, il y a les gonyautoxines (GTXs) et la néosaxitoxine. Ces toxines ont une action paralysante et elles provoquent chez le consommateur de coquillages contaminés, une intoxication dont les effets apparaissent en moins de trente minutes. En cas d'intoxication faible ou modérée, les symptômes sont des fourmillements aux extrémités, des engourdissements autour des lèvres, des vertiges et des nausées, un pouls rapide, une incoordination motrice. Si l'intoxication est forte, la paralysie et les troubles respiratoires qui s'ensuivent peuvent être mortels. Les toxines PSP étant stables à la chaleur, la cuisson des coquillages ne diminue pas leur toxicité.

La méthode de détection et le seuil de sécurité sanitaire utilisés sont ceux qui sont décrits dans les textes réglementaires européens : 80 µg d'équivalent-saxitoxine par 100 g de chair de coquillage, pour un test biologique sur souris. Les coquillages sont dangereux pour la consommation, quand le dépassement du seuil de sécurité sanitaire est effectif. En dessous de ce seuil, la présence de toxines en faible quantité, par exemple lors de la décontamination des coquillages, est sans risque pour le consommateur.

La relation entre concentration dans l'eau d'Alexandrium et niveau de toxicité PSP dans les coquillages est variable selon l'espèce en cause, mais aussi selon la zone géographique. Ceci pourrait s'expliquer par l'existence de souches différentes d'une même espèce, dont l'une serait plus toxique que l'autre. Par exemple, les coquillages des secteurs bretons ne deviennent toxiques que si A. minutum est présent en quantité assez élevée, généralement plus de 10 000 cellules par litre, alors qu'à Toulon, la présence de toxines dans les coquillages a pu être observée avec des concentrations bien inférieures d'A. minutum. Pour ce qui concerne l'étang de Thau, les coquillages peuvent devenir toxiques avec des concentrations assez faibles d'A. tamarense / catenella, de l'ordre de quelques milliers de cellules par litre.

De plus, la toxicité varie selon l'espèce de coquillage : certains coquillages se contaminent plus que d'autres, avec des vitesses de contamination et de décontamination différentes selon l'espèce de coquillage. Lors des épisodes de toxicité PSP enregistrés ces dix dernières années, plusieurs coquillages ont été contaminés : moules, huîtres, palourdes, coques. Les niveaux de toxicité sont variables d'un coquillage à l'autre pendant un même épisode toxique, mais il n'est pas sûr que ce soient toujours les moules qui soient les plus toxiques. Les résultats de toxicité enregistrés à Marennes - Oléron et dans le bassin d'Arcachon en 1993 n'ont pas été retrouvés ultérieurement, mais une vigilance particulière est apportée à la surveillance du bassin d'Arcachon, pour lequel des traces (très faibles et non dangereuses) de toxines PSP ont pu être trouvées dans les coquillages. Quant aux coquilles Saint-Jacques, elles ne se trouvent pas dans les zones côtières touchées par les épisodes PSP, et ne sont pas, pour le moment, surveillées dans le cadre du REPHY.


Les zones qui sont affectées de façon récurrente par des épisodes toxiques PSP sont :

  • en Bretagne, la Rance, la baie de Morlaix et les Abers

  • en Languedoc-Roussillon, l'étang de Thau

La rade de Toulon (Provence-Côte d'Azur) n'a connu qu'un épisode en 2000, qui ne s'est pas renouvelé jusqu'à maintenant.

Ces épisodes toxiques sont observés à des saisons différentes en Atlantique et en Méditerranée : entre juin et septembre en Bretagne, entre octobre et décembre dans l'étang de Thau, l'unique épisode de Toulon ayant également eu lieu en hiver.

 

 

 

 

 

 

 

Mise à jour : 22/01/2008 Copyright : Ifremer