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Voyage en mer de Chine, au musée portuaire de Dunkerque, du 18 juin au 31 octobre 2004

21/06/2004

Le musée portuaire de Dunkerque (http://www.museeportuaire.com/sommaire_multi.html) accueille, à l'occasion de cette année de la Chine, une exposition sur les " Voyages en mer de Chine", du 18 juin au 31 octobre 2004. Organisée en collaboration avec le musée Guimet, le musée national de la Marine et le musée maritime d'Anvers, l'exposition invite à découvrir l'histoire de la marine chinoise qui fut du X e au milieu du XV e siècle la plus puissante marine du monde. A partir du milieu du XVI e siècle, la mer de Chine devint le théâtre d'âpres luttes entre puissances européennes qui rivalisaient pour obtenir la maîtrise du commerce de la soie, du thé et des porcelaines. Objets fabriqués sur commande, souvenirs rapportés par les marins au long cours, carnets de croquis, aquarelles et maquettes de navires constituent de précieux témoignages sur l'attrait qu'éprouvaient les Européens pour l'Empire du Milieu.

La Chine et la mer

Jusqu'au X e siècle, les Chinois se sont peu aventurés sur les océans lointains. L'histoire rapporte une expédition sous les Han (IIe siècle av. J.-C.) vers l'Inde, une à l'époque des Trois Royaumes (156-580) vers le Cambodge, la Thaïlande, Bornéo et Ceylan. Pendant cette période, un moine se rend par la mer à Ceylan pour copier les Saintes Ecritures bouddhiques : c'est le début du succès du bouddhisme en Chine. Sous les Tang (618-917), le golfe Persique est atteint.

L'arrivée de la dynastie des Song (960) marque le début d'une ère d'invention en Chine : la bielle, la tige de piston, la chaîne sans fin ... Parallèlement, la marine devient la première au monde. Les jonques de haute mer avec gouvernail d'étambot, compartiments étanches, quatre ponts et jusqu'à 6 mâts et 12 voiles pouvant transporter jusqu'à 1 000 hommes, forment de véritables escadres, complétées par des galéasses sur les principaux fleuves. Cette marine va servir pendant les siècles suivants à l'expansion maritime de la Chine ou à des tentatives. Ce fut le cas pendant la dynastie des Yuan (1276-1368 ; à l'époque de Marco Polo) qui tentèrent de grandes expéditions militaires contre la Birmanie, le Champa, Java et le Japon, mais elles se soldèrent généralement par des échecs.

L'expansion maritime de la Chine sera manifeste pendant le règne du deuxième empereur Ming, Yongle (de 1403 à 1424) qui est célèbre pour avoir fait reconstruire la grande muraille après avoir repoussé les Mongols au nord, avoir fait transférer la capitale de Nankin à Pékin, et s'être appuyé, pour mener ses ambitions, sur les eunuques qui prendront un pouvoir grandissant. C'est l'un d'eux, l'eunuque Zeng-He, qui dirigea les deux principales expéditions maritimes chinoises (sur 7) dans l'océan indien, passant par l'Indonésie, l'Afrique orientale et le golfe persique avec ses 320 jonques et ses 28 000 hommes. La Chine était alors la première puissance maritime mondiale. Son hégémonie allait de la mer Jaune à Zanzibar.

Le successeur de Yongle, jugeant probablement que le péril venait du nord par le continent (l'actuelle Asie musulmane de l'ex union soviétique) et non de la mer, interdit la construction de jonques de plus de 2 mâts et les expéditions. Cet interdit, puis peu après la réhabilitation du grand canal entre Nankin et Pékin pour éviter le pillage par les pirates japonais en mer de Chine, mettent fin à la politique maritime de la Chine qui va devenir jusqu'à la fin du XX e siècle un pays exclusivement terrien. Cet état n'a pu que s'aggraver au XIX e siècle, lorsque la Chine fut contrainte par la force de soumettre aux puissances occidentales son commerce et de leur laisser l'utilisation de ses grands ports. Mao Tse-Toung qui s'est appuyé sur la population paysanne ne semble pas s'intéresser à la mer. L'ouverture vers la mer suggère peut-être une ouverture libéraliste. Ce n'est vraiment qu'après la mort de Mao en 1976, et en liaison avec l'ouverture vers l'occident que la Chine se lance dans une politique maritime ambitieuse. Depuis cette date, elle a mis les bouchées doubles, pour redevenir une grande puissance maritime, sur les plans économique, diplomatique et militaire.

20040621Boussole525 Photo Michel Houdart
Boussole chinoise du IIe siècle av. J.-C (époque Han). Ces premières boussoles étaient appelées Si Nan (le gouverneur du sud), car la cuillère qui sera remplacée plus tard par une aiguille pivotant sur son axe, pointe vers le sud. Le Shen Kuo, compas marin, flottant dans un récipient d'eau pour atténuer les mouvements du navire, sera mis au point pendant la dynastie des Song. Les 24 graduations du Si Nan ou du Shen Kuo sont toujours utilisées de nos jours sur les compas des navires de pêche chinois. Elles sont composées des huit trigrammes (combinaisons de trois lignes soit discontinues, les lignes Yin, soit continues, les lignes Yang), de signes astronomiques et de caractères des 12 directions géographiques. La boussole sera introduite en Europe, via le monde arabe, vers le XIIe siècle.xml

 

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