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Glossaire

biomarqueurs ou bioindicateurs

Biomarqueurs ou bioindicateurs de pollution aquatique : notions générales

Bioindicateur : c’est un indicateur biologique qui répond à un besoin. Quel besoin ?

  • Besoin : surveillance biologique de la qualité des ressources vivantes commerciales côtières, vis-à-vis des diverses pollutions.
  • Pourquoi : surveillance de la santé publique chez l’homme, consommateur final dans la chaîne alimentaire.

Grosso modo, on peut sélectionner une espèce indicatrice selon les critères suivants :

  1. Beaucoup d'organismes sont d'une importance immédiate pour l'homme en tant qu'espèce comestible et commerciale, et par conséquent, la surveillance de la concentration en polluants dans leurs corps peut prévenir des dangers pour la santé.
  2. Les organismes (marins) concentrent beaucoup les polluants : ils sont donc utiles pour prévoir et pour détecter la distribution spatiale et temporelle de ces polluants.

Les organismes sont ainsi choisis dans les programmes de surveillance d'après leur importance envers l'homme, la commodité de l'échantillonnage, l'« importance » écologique et la diversité biochimique, physiologique et comportementale. Les sites choisis sont représentatifs des différents habitats sur nos côtes, chacun différent de l'autre en structure et fonctionnement de l'écosysteme.

En résumé, les propriétés d’un bioindicateur (ou espèce indicatrice), doivent être les suivantes :

  1. Une espèce indicatrice doit être représentative du milieu où elle vit; mais en même temps, on doit pouvoir comparer plusieurs endroits de la côte avec la même espèce indicatrice.
  2. Une espèce indicatrice doit montrer des variations quantitatives et qualitatives représentatives des changements du milieu où elle vit.
  3. Une espèce indicatrice doit être représentative des espèces commercialisées pour le consommateur final : elle doit donc être une espèce commerciale.

Voici quelques Indicateurs biologiques les plus connus, et employés chez les vertébrés, et/ou invertébrés :

  • Chez les Vertébrés, ce sont essentiellement les Poissons (le plus souvent, poisson benthique, plus ou moins sédentaire, vivant sur le fond de la mer : poisson plat, du type « limande » ou « flet », représentatif des pollutions entraînées au fond de la mer par les matières en suspension qui sédimentent, et le plancton mort qui ‘coule’).
  • Chez les Invertébrés, on choisira de préférence la Moule, parce qu’elle a une répartition universelle, ce qui n’est pas le cas de l’Huître, ni de la Coquille Saint-Jacques. Notons néanmoins que ces deux dernières espèces sont plus sensibles que la Moule, et peuvent localement être utilisées dans des études sur des bassins conchylicoles (Marennes-Oléron, ou la Baie de Saint-Brieuc). On s’abstiendra d’utiliser la Coque, car elle est « trop » résistante à diverses pollutions 1 , et de ce fait, non spécifique, même si elle est comme l’huître, consommée crue, et par conséquent plus dangereuse que la moule sur le plan épidémiologique 2 . De nombreux « bioessais » sont effectués sur des larves de mollusques bivalves, ou d’ embryons d’oursins, spécialement dans le cas de déversement en mer de substances dangereuses. La réponse de ces organismes vis-à-vis de la pollution peut-être assimilée au « test-souris » en biologie terrestre.
  • Dans le règne végétal, on trouvera certaines algues ( Laminaires, ou Fucus), et chez les Phanérogames, la Posidonie (mais des limitations de distribution restreignent l’usage de ces indicateurs biologiques).
  • Au point de vue microbiologique, on distinguera ainsi les coliformes fécaux, les streptocoques et les salmonelles comme indices de contamination urbaine; on les nomme également, et pour les mêmes raisons « germes tests » 3 .
  1. On notera que la Coque vit de préférence dans les sables des plages, à proximité des émissaires - ou égouts se déversant en mer -, où elle peut trouver un flux de particules nutritives.
  2. On signalera épisodiquement dans quelques travaux sur les Vers des sables l’emploi de ces Animaux comme bio-indicateurs (Annelides, de type Arenicole, ou Sabelle), mais des limitations de distribution restreignent l’usage de ces indicateurs biologiques.
  3. Toutefois, les modalités de détection des micro-organismes dans l’eau de mer sont différentes de celles qui sont employées dans l’eau douce. En effet, des phénomènes de mutation spontanée d’une fraction souvent importante du flux de bactéries entrant dans le milieu marin, sous l’effet du stress dû à la salinité et à la différence de pression osmotique, peuvent induire à la conclusion trompeuse de l’absence de germes tests - aucune réponse sur milieux sélectifs - alors que de fait, une culture sur milieu non sélectif peut permettre de dénoncer la présence effective de ces micro-organismes avec toute la pathogénicité qui leur est associée. Dans ces conditions, le fameux « pouvoir auto-épurateur du milieu marin » ne correspond plus qu’à des détections erronées, mais qui a conduit de nombreuses communes à rejeter leurs déchets en mer. (ν)

 

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